La Swompe
Le marécage de la culture
Le marécage de la culture
13/07/10
Si je pouvais avoir youtube comme réveille-matin, cette toune serait celle qui me réveillerait tous les jours.
Après avoir ouvert les yeux doucement, j’irais me verser un petit verre de jus d’orange, et je sauterais dans la douche en chantonnant.
Tous les jours fileraient comme un petit samedi matin tranquille quand on a été sage la veille. Quand la journée commence et qu’on sait qu’on a plein de temps pour faire tout ce qu’on veut, et que nos petits yeux pas encore réveillés font que la vie a l’air désaturée et un peu en super-8, avec des effets de bokeh.
Pendant 3 petites minutes, je ferais des plans de brunch et je me dirais qu’il n’y a pas de Kiwis à la télé aujourd’hui.
Et après j’irais travailler, un peu triste de devoir arrêter de rêver à un petit monde où les filles sont sweet et country, mais avec quand même, quelque part dans la démarche, un petit quelque chose du cowboy qui s’en va voir sa bien-aimée.
Jolie Jumper, en show le 25 juillet au Quai des Brumes, pour le 5 à 7.
UPDATE: C’est possible! Merci, Alarmtube.
Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
13/07/10
Ça commence par ce tweet de Normand L’amour.
C’est gratuit veux-tu L’ouverture du coeur divin. Demandes-le moi par message prive, je peut te l’ouvrir a distance par l’esprit saint ect.
Je suis intrigué. Le coeur divin, moi, j’aimerais ça que ce soit ouvert. Un peu comme tout le monde, non?
Je lui réponds, en message privé (comme toute la conversation qui suit, d’ailleurs).
É: Tu peux faire ça? Ouvrir le coeur divin?
N: Je peux le faire en le demandant par le pere et Jesus son fils et l’esprit Saint mais la personne doit etre consentante de le vouloir
Je ne comprends pas trop ce qui se passe, par contre.
É: Est-ce que c’est comme une bénédiction? Ou c’est plus que ça?
… et Normand est (légèrement) pas tout à fait clair.
N: Le monde nouveau s’en vient le monde nouveau sans l’ouverture de l’ame ce n’est pas le monde Nouveau Je suis un instrument du Seigneur
Je pèse mes options.
D’un côté, moi, l’église… mais d’un autre côté moi j’aime ben Feeling Nouveau pis je me dis qu’un Monde Nouveau au complet ça doit être pas mal awesome.
É: C’est mieux de pas prendre de chance et d’être prêt pour le monde nouveau, je pense. Ça a du bon sens?
Une chose est claire, y’a pas de pression, en tous cas.
N: En tout ca tu es libre de toi si tu veux te le faire ouvrir tu n’as qu’a me le demander Normand L’Amour
Je plonge, mais je me questionne sur la mécanique de la chose. Après tout, tsé, j’ai été baptisé et confirmé, j’ai fait ma communion, je comprends ces choses-là… mais me faire ouvrir le coeur divin, ça m’est jamais arrivé, à ce que je sache.
É: Oui Normand vas-y. Est-ce qu’il faut que je fasse quelque chose en attendant? Faut-tu que tu m’appelles?
Turns out que c’est pas mal clé-en-main comme truc. Après même pas 2 minutes, je reçois:
N: Ton coeur est ouvert a ton divin je demande a Jesus de Nazareth de t’envoyer de l’amour de coeur a coeur maintenant tu peux aimer l’univers
É: Merci Normand. Je te tiendrai au courant des développements. C’est un grand service que tu rends.
Et c’est comme ça que je peux maintenant aimer l’univers.
Je me sens déjà plus léger, ce matin.
Watch out.
Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
9/07/10
C’était la présentation de The Sorcerer’s Apprentice hier soir.

Je suis pas mal certain que j'aurais le droit de parler de cette version-là, mais je prendrai pas de chances pareil.
Je n’ai pas le droit d’en parler. C’est sous embargo. Je vous en parlerai, si vous voulez, dès le 14 juillet.
(Je ne sais pas de quoi les gens de Disney ont peur, mais bon, si ils veulent pas que j’en parle, j’en parlerai pas, hein.)
Cela dit, j’ai le droit de dire que la salle était pleine, que la file était longue, que les gens que j’ai vu dehors après le film avaient l’air d’avoir eu ben du fun et que l’ambiance dans le cinéma était plutôt folle.
Y’avait encore une énorme file qui attendait pour le prochain film.
La programmation est assez impressionnante cette année, je n’essaierai même pas de vous en parler, parce que je n’y connais franchement pas grand chose alors je vais y aller par instinct pour les projections qui “ont l’air lol”. On verra ce que ça donnera.
Ce soir, par contre, je prends un break de festival, j’ai passé la journée dans les rénos et j’ai un barbèque qui m’attend. Et du Riesling.
Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
7/07/10
Y’a déjà un mois que la so-called “Saison des festivals” bat son plein à Mourial.
Y’a eu les Francos (et le show de Malajube qui va rester dans ma tête pour ever), le Jazz (où je me suis rendu compte que Beast c’est pas mauvais en show du tout), et le Fringe (où on a tous vu qu’entre un show de Xavier Caféine et une pièce expérimentale jouée dans un décor maison, y’en a toujours un des deux qui gagne, et c’est pas mal tout le temps les Francofolies, paresse intellectuelle sois maudite).
Et maintenant y’a Fantasia et Juste pour Rire.
Dans le coin droit: Une grosse machine. Juste pour Rire, avec Gilbert Rozon, domine le “marché” de l’humour au Québec. Avec des commandites de Videotron et ses propres salles de spectacle ainsi que son écurie d’artistes gérés par l’entreprise Rozon elle-même, autant le volet anglo que franco sont en mesure d’offrir des shows en salle de qualité, pour qui aime l’humour, et un volet extérieur, hum, ouin.
C’est pas mal ça le problème avec Juste pour Rire, versus les autres festivals d’été: le volet extérieur un peu, euh, déficient. Parce qu’à part une parade des jumeaux (c’est quoi le rapport avec l’humour?) et la grosse mascotte gonflée Victor qui nous fait vivre Un Grand Moment D’Émotion à chaque année… il se passe pas grand chose dehors, gratiss. Y’a tout le temps des affaires de grosses têtes et des événements assez cools (partys de bulle, etc etc) mais rien vraiment d’humoristique. Je vois que cette année, on a ajouté une section “L’humour en relève”, alors qui sait, on peut espérer… mais comparativement aux grands événements sur les grosses scènes comme aux Francos et au Jazz… on se demande ce qu’il y a à voir tant que ça. (Évidemment, je sais pas trop comment JpR pourrait créer des événements à aussi grande échelle que les shows extérieurs des festivals Spectra.)
À noter: y’a des festivals qui n’offrent que peu ou pas de volet extérieur et c’est très bien ainsi. Mais dans la vie, faut comparer. Et si on est pour bloquer la Catherine, faut bien qu’on me dise pourquoi, hein.
Dans le coin gauche: Un festival de films de genre, quasiment une entreprise familiale, quand on compare à la Rozon Machine: FanTasia.
Y’a pas beaucoup de cinéma de genre dans les “grands festivals de cinéma” à Montréal (FFM, FNC et compagnie); la niche de FanTasia est donc vierge, à part eux; ça leur permet d’attirer des gros noms et des gros, gros films – on n’a qu’à penser à la première nord-américaine d’Inglorious Basterds l’an passé.
Un festival qui a pour but de satisfaire les fans de films de genre, mais aussi de les faire connaître: c’est pourquoi les prix sont modiques et les projections extérieures, toujours très intéressantes. Des primeurs, des visites de stars, des événements grandioses comme, cette année, la présentation à la Place des Arts du grand Metropolis en version restaurée, avec orchestre live et tout le bataclan. Y’a des films de partout dans le monde (Asie, Europe de l’Est, Bollywood, …) et une excellente sélection de courts-métrages, québécois or otherwise.
En gros, FanTasia y va pour l’épique.
(Et ne bloque pas de rue.)
Pourquoi je vous dis ça? Parce que cette année, je suis accrédité pour les deux. Je vais donc passer mon temps entre des shows de comiques et des films d’horreur serbes. Quasiment tous les soirs jusqu’au 28. Ça promet, hein.
J’vais donc vous en parler le plus possible, avec photos et tout.
Si vous voulez suivre ça en direct, z’avez qu’à me suivre sur Twitter. Sinon, restez à l’affût ici.
Ça va être un criss de party.
Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
7/07/10
Samedi soir, je déambulais (ouais, pas une farce) avec mon lover sur Roy Est, à quelques pas du Salon. On marchait sans but, autre celui de peut-être aller boire un verre au Else’s (pas de farce non plus, c’est la vie avec un lover de McGill). Tous les passants allaient à contre-sens, comme des mouches attirées par la lumière, c’était amusant à voir. Proche du coin De Bullion et Roy, on voit-tu pas deux gars, musclés, gel, pecs pis toute, faire des lignes de pourde sur un aileron de Subaru blanche de course. Du Beidbeger Brossard-style. À la vue de cette scène, notre plaisir complice est immense, oh oh oh, ha ha ha, n’est-il pas ridicule de sniffer des lignes sur un coin de rue, diantre, quel manque de classe, quelle voiture risible oh oh, ha ha. Nous poursuivrons notre chemin l’air heureux et satisfait.
-AYE TOÉ, QUESSÉ QUE T’AS CONTRE LES SUBARUS BLANCHES? UN AILERON C’EST FAIT POUR ÇA STI. QUOI TON PROBLÈME?
-OUAN C’EST CHILL LES SUBARUS.
-FUCK YOU.
……..
Je reste muette.
-Marie, faut vraiment que ça aille sur le blog, ça.
Un autre billet de qualité signé Marie-Helene Goulet.
4/06/10
Il fait beau et l’appel du vino dans le parc se fait bien plus insistant que celui de la lecture exhaustive de votre Google Reader et d’elbo.ws. C’est normal. Heureusement, les swompeux, preux chevaliers de l’interweb et de la bande FM, tâchent de se faire un devoir d’avoir moins de vie que vous et vous offrent un condensé des plus récentes nouveautés musicales, dans une démarche des plus iPod-friendly. Voici donc ce qui a retenu notre attention lors des derniers jours.
Kanye West – Power (album Good Ass Job, prévu pour cet été)
M.I.A. – Haters (album MAYA, sortie le 29 juin)
Arcade Fire – The Suburbs (album The Suburbs,sortie le 3 août)
Un autre billet de qualité signé Poulin.2/06/10
Steve Proulx, dans sa plus récente chronique dans le Voir, tente de faire un état des lieux de la scène culturelle québécoise (et canadienne). En ressort plutôt un désolant consommé de niaiseries.
Puisque certaines personnes sur Twitter propagent l’article en disant que “ce n’est pas faux”, je me vois dans l’obligation d’y répondre ici, en plus de 140 caractères.
Parce que ce papier-là, il est vraiment con.
Pour commencer, il sort un chiffre (de nulle part) qui dit que chaque ménage canadien devrait acheter 50 romans pour faire vivre tous les écrivains canadiens. “Lire comme un rédacteur en chef de magazine littéraire”, qu’il appelle ça. Je serais curieux de savoir combien de livres un rédacteur en chef de magazine littéraire peut passer par année, mais si c’est juste 50, ça donne pas un gros magazine. Passons.
“En matière d’affaires à lire, à voir, à écouter, à apprécier, juste ce que contient cette édition de Voir a de quoi occuper vos soirées jusqu’à la fin de l’année, sinon plus. Et la semaine prochaine, on en rajoutera par-dessus la pile.”
Ben oui, toi. Y’en a, des choses à faire, à Montréal, hein. Non mais y’en a tu.
C’est drôle, mais j’aime ça, moi, avoir le choix de faire une chose ou une autre – d’aller voir un show de danse, une pièce de théâtre ou un spectacle de cirque. T’aimes pas le choix, Steve? T’as le droit de rester chez vous, aussi.
“J’ai pris l’habitude d’inscrire les livres que j’aimerais lire et les films que j’aimerais voir sur une liste. En fin de compte, elle ressemble surtout à un répertoire de ce que j’ai raté.”
Ridicule. J’ai, moi aussi, fait une liste. C’était une liste de toutes les voitures que j’aimerais acheter. À date, j’en ai pas acheté une crisse. En fin de compte, elle ressemble surtout à une liste de chars que j’aurai jamais. (Conclusion: arrêtons de produire des chars jusqu’à ce que je me sois rattrapé.)
Se plaindre qu’il y a trop d’événements culturels à Montréal et qu’il y a trop de livres à lire, c’est carrément obscène.
Obscène vis-à-vis le gars à Natashquan qui voit passer un show aux trois ans. Osbscène vis-à-vis les petites salles de théâtre de Montréal qui desservent une clientèle réduite et avertie certes, mais passionnée.
À lire Steve, on devrait fermer le Mainline ou La Chapelle pour lui éviter d’avoir manqué des bonnes pièces de théâtre. J’en reviens pas.
(À noter: il ne dit pas qu’il aimerait “épurer” en augmentant la qualité moyenne des événements. Ce sont les livres qu’il aurait aimé lire et les shows qu’il aurait aimé voir, qu’il regrette.
L’autre fois au resto, mon amie a pris une assiette qui avait l’air tellement bonne, mais j’avais commandé autre chose. Si j’avais été Steve Proulx, j’aurais demandé qu’on raye cette assiette-là du menu, parce que je ne l’ai pas prise et que je ne pourrai pas retourner au resto avant un bout…
Ce n’est pas tabou de dire que “l’offre culturelle dépasse largement la demande réelle”, c’est simplement une triple idiotie. On ne produit pas un roman pour répondre à une demande, tout comme on ne produit pas une peinture, une pièce de théâtre ou un show de danse pour répondre à une demande. L’artiste crée pour lui-même.
Un poète se demande-t-il si le monde a besoin d’un nouveau recueil de poésie? Fuck all. Il l’écrit, tout simplement. Un éditeur choisit (ou non) de l’éditer et le fait imprimer selon ce qu’il pense en vendre, certes – mais la *production* de l’oeuvre elle-même, elle, est carrément en dehors des lois économiques.
Voilà pourquoi la prémisse même du texte (celle selon laquelle on devrait “peut-être” réduire l’offre culturelle) est impensable.
Parce qu’on ne peut pas empêcher les gens de créer.
À savoir si on veut les aider financièrement à le faire dans l’aisance relative que procurerait un salaire “décent” qu’on offrirait à tous les artistes? Ce serait un choix de société comme un autre, pas nécessairement le bon (parce qu’on peut très bien créer tout en travaillant dans une job “alimentaire”), mais un choix.
Parce que riche ou pauvre, payé pour ou non, les artistes vont continuer à faire de l’art, et la culture va continuer à exister. N’en déplaise à Steve.
Update: Bon, c’est ça que ça donne quand je veux torcher un article pendant qu’il est encore frais dans ma tête, avant d’aller interviewer Krista Muir (pour l’émission de demain).
J’en saute des bouts. Et on me le reproche, ce qui est une excellente chose.
Merci d’ailleurs à Simon Jodoin qui y est allé de commentaires fort éclairants, ainsi qu’à la personne qui tweete pour Pixelia.
Les critiques vont en général dans le sens suivant: Proulx ne parle pas de la création des oeuvres, mais bien de leur production (et s’ensuit quelque chose comme “on a pas un assez gros marché pour faire vivre tout ce monde-là”).
J’ai rien contre.
Mais je maintiens que la gestion de l’offre est impossible, en art. Si Steve aime écrire, mais qu’il n’y a plus de média pour le publier (ce que je ne souhaite pas, tout de même), est-ce que Steve va carrément arrêter d’écrire? Quelque chose me dit que non. (On n’est pas artiste comme on est soudeur, Steve, ou machiniste pour Bombardier – si t’écris de 9 à 5 – et uniquement de 9 à 5 – je veux bien manger mon chapeau. Ben, j’veux dire, en acheter un, et le manger après.)
Je mettrais ma main au feu que, privé du Voir, Steve continuerait à écrire, peut-être sur un blogue, ou ailleurs. Il ne serait peut-être pas payé, mais il continuerait à avoir des idées de chroniques et à les sortir. Peut-être pas à chaque semaine. Peut-être à chaque jour; qui sait.
Je ne connais personne qui est sculpteur uniquement sur commande. Même chose pour un peintre, ou un écrivain (ou en ce cas, c’est un rédacteur). L’impulsion créatrice existe chez les artistes, que la rémunération suive ou pas.
Maintenant: ben oui, on a de la misère à faire vivre nos auteurs. Guillaume Vigneault qui était waiter à la Distillerie, me semble, et toutes ces histoires-là. Comme quand mon pote Guillaume venait de partir sa maison d’édition avec deux collègues et qu’il travaillait encore au Couche-Tard.
Je ne comprends tout simplement pas comment Steve conçoit de “diminuer l’offre culturelle”, autrement qu’en demandant aux gens de se taire. D’abandonner toute démarche artistique, parce qu’ils ne pourront pas en vivre. À moins qu’il ne proposait tout simplement que les pièces de théâtres qui jouent devant des salles aux trois-quarts vides, diminuent leur nombre de représentations de 75% pour ne jouer que devant des salles pleines?
Peut-être qu’il veut juste que le monde arrête de s’attendre à faire leur salaire avec leurs films, leurs livres, leurs shows. Peut-être qu’il est juste tanné d’entendre chialer. Si c’est ça, yapator.
(Mais si c’est ça, soit j’ai crissement mal lu, ou soit il l’a crissement mal dit.)
C’est plus clair?
Update 2: Steve Proulx déclare en commentaire sur le blogue de Renart L’éveillé que le chiffre de 50 romans par année est tiré de l’étude du Pr. Colbert, des HEC. J’ai donc rayé la mention comme quoi il sortait son chiffre “de nulle part”. Merci de la précision.
Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
27/05/10
Pendant ce temps, dans le sérieux monde du livre :
Nicolas Dickner parle de Lost.
Les revues culturelles sont menacées.
Des scientifiques inventent un détecteur de sarcasme.
Gizmodo visite les presses (électroniques) de l’Enfer (et ce n’est pas du William Blake).
Stanford et Harvard construisent des bibliothèques sans livres.
On essaye de lire Robert Walser (même si c’est écrit trop petit).
Les voleurs de livres ont des goûts sophistiqués.
Un autre billet de qualité signé Samuel Mercier.
25/05/10
J’avais dit que je sortirai plus les vendredis, c’était faux. J’avais tort. Je vous mentais.

Marie a peur et son lover fait une face de tough guy un peu. C'est comme ça qu'on affronte une malédiction. Comme ça et avec beaucoup de rhum. (Crédit photo Léa Lacruz )
Récapitulons:
Mercredi matin, je suis au travail. Une fenêtre de fbchat s’ouvre, une amie me demande si je veux sortir vendredi soir. Ça fait longtemps qu’on s’est pas bougées ensemble, et puis, oh, avec l’école VRAIMENT FINIE et la cheville désenflée, pourquoi pas?! Elle me propose une soirée avec un DJ qu’on aime bien, au Salon.
LE SALON
LE SALON OFFICIEL
OSTI
Faut ici ouvrir une parenthèse:
Je sais pas si c’est juste moi, mais il semble que le Salon Off agisse comme un genre de catalyseur traumatique. Les chances de croiser ton ex? 1000%. Les chances de pogner un feu sauvage? 1000% x infini. Du drama au carré, quoi. Toute la vie s’y tient, toute la vie veut s’y faire voir. Et plus il y a de gens dans un endroit clos , plus il y a de probabilités que ça dégénère. Ajoutez la bière cheap à ce lot et vous avez la recette pour de folles soirées (et 50% de mes tagged pictures)
Pour ma part, je n’ai jamais connu une soirée qui se déroula à peu près normalement au Salon. La morale fout le camp rapidement, c’est normal. On peut dealer avec. Mais j’aime quand même pas me réveiller avec des vagues souvenirs de frenchs dégueux avec un français aux mains baladeuses dans une cour d’école. Ni de me prendre pour une bisexuelle follasse. Ni de pitcher mon gin tonic sur un présumé dude de bombe.tv.
Sauf que je n’ai pas beaucoup de volonté. Je refuse très mal.
48-quelques heures plus tard, je suis chez moi, en train d’enfiler les mojitos avec mon lover et mon duo de meilleures amies. Malheur pour moi, je bois vite et je suis déjà pactée avant de partir. Whatever, la soirée coûtera pas cher. On titube vers le salon, on y entre vers 11:30, je ne sais trop. As always, ma copine et moi sommes les premières à partir le dancefloor, en notre qualité commune d’ex filles-qui-trippent-sur-l’électro-featuring-Justice-du-lamé-argent-pis-toute. Une autre copine nous rejoint, on danse, on prend des belles photos surexposées, on accroche les gens, la belle vie.
Il y a un truc que nous n’avions pas toutefois prévu, et qui expliquait tant de choses. Nous n’avons pu 16 ans, nous nous sommes tous levés très tôt ce matin-là (vendredi = jour de semaine) et nous avons commencé à boire tôt. Résultat? Une heure plus tard, on se pouvait plus de tenir debout, le dodo dans les yeux.
Fallait partir.
Le drama intervint donc.
Mon lover marche à côté de moi, sur Roy et DISPARAÎT. Je me retourne, le cherche des yeux pour le retrouver dans les bras d’un arabe musclé, virvoltant avec lui comme une femme aux mille jupons. Ça crie, ça se donne des tappes dans le dos. MAXIME! FOUAD! MAXIME! FOUAD! MAXIMEEE! FOUAAAD! MAXXX….
WHAT THE FUCK, pensai-je. J’eus le temps de penser à quelques scénarios de rupture et de passions homosexuelles cachées pour comprendre que ce dude était un ami d’enfance, lointain bro du 416.
M’enfin, c’est bon. Ok. No bad romance. Notre marche continue.
Pendant ce temps, mon amie et son amoureux ont eu le temps de s’engueuler sur le chemin entre le Salon et le Lafleur du carré St-Louis (où nous étions déjà attablés, en fait). Elle fugua plus bas sur St-Denis, son copain à ses trousses et nous abandonnant au combat avec un ami d’ami australien, l’air piteux avec ses deux cheeses et son français inexistant. PAS GRAVE, repensai-je, ELLE EST DÉJÀ TOUTE ÉMOTIVE PARCE QU’ELLE VIENT DE SAVOIR (ouep, direct en sortant du Salon) QUE LA MÈRE DE SON CHUM MEXICAIN LUI PAYAIT UN BILLET D’AVION POUR MEXICO QUI PART DANS UNE SEMAINE, ÉTAIT DÉJÀ EN TRAIN DE BRAILLER ANYWAY.
(Quand je suis saoûle, je pense clairement en caps.)
La raison de la chicane? Je l’eus appris dès le lendemain matin. Le dit chum était invité à nous rejoindre, mais prit 3 heures pour venir au Salon, en partance du coin Mont-Royal/St-Denis, ce qui crissa les blues à sa belle.
Il évita ainsi la majeure partie de la soirée. Yé pas fou le mexicain.
….
Ok, je sais que ce billet est déjà pas mal long, je passerai outre ma soirée de samedi, pour ne vous en donner qu’un petit morceau. Ces mots magiques, exactement ceux-là, sortirent de ma bouche en descendant le balcon de mon chez-moi, talons hauts aux pieds:
« Je chug du mojito dans une tasse, à la paille, sur la rue Cartier et vers l’Astral 2000. Osti qui faut que ça se ramasse sur le blogue! »
WORD
Un autre billet de qualité signé Marie-Helene Goulet.
22/05/10
Ce weekend c’est la grande, grosse, ultime finale de Lost, et la Swompe veut t’aider à vivre ce moment douloureux/excitant de manière optimale.

Cette image me rappelle vaguement quelque chose.
(Trame sonore suggérée pour lire ce post: Geronimo Jackson)
Premièrement, on ne comprend pas comment ça se fait qu’on ne peut pas aller dans un cinéma et regarder ça en huge. Si les gens ont payé $8 pour aller voir Joanie Rochette virailler sur une glace 3 minutes pendant les Olympiques, je me demande ben pourquoi on offre pas aux gens de payer un petit $10 pour passer les dernières 2h30 avec Jack, Kate et compagnie.
Parce que oui: la finale dure 2h30. C’est quand même quelque chose. Et juste avant, on nous offre deux heures de recap, pour un total de 4h30. Dès 19h, donc, à CTV ou à ABC, on verra défiler les 6 dernières années de nos vies, pour se préparer à se faire mindfucker dès 21h et ce, jusqu’à 22h30.
Mais que faire pour ne pas péter sa coche à rester devant la télé en comptant les minutes d’ici là?
Ben aujourd’hui y’a hockey en après-midi, et vous savez ce que ça veut dire.
Dimanche matin, commencez la journée avec un bon déjeuner de tartines au beurre de pinottes (extra-smooth).
Ensuite, utilisez les étiquettes fournies par CTV pour préparer le snack DHARMA que vous servirez à vos convives pour la soirée. (Vrais geeks: vous pouvez changer le nom du produit dans Illustrator, si vous avez Helvetica Neue Bold et Helvetica Neue Bold Condensed.)
Pour le lunch, une salade. Avec de la vinaigrette Ranch. Pour Hurley.
Toujours en l’honneur de Hurley, moi j’sais que je m’en vais jouer un petit 18 au Cascades Golf, parce que c’est ce qui se rapproche le plus de jouer au golf sur l’Île tout en ne risquant pas de fourrer tout ce qui bouge comme Tiger me blesser au dos et manquer l’émission à chercher un chiro.
Cela dit, si vous savez golfer, écoute, gâtez-vous et allez sur un vrai terrain. (Terrain? Court? Piste? Parc? Comment on appelle ça?)
J’ai choisi Cascades pour son décor forestier; les jungles sont rares au Québec et c’est malheureusement interdit de se bâtir un court (?) de mini-putt au Biodôme. Non seulement ça, mais pour aller à Laprairie, il faut sortir de l’île. You know. Ha, ha, ha.
Mais vous pouvez aussi rester thématiques en allant au Rigolfeur: les pranks et les surprises sont un peu plus “loufoques” (lire: “scato et enfantines”) que les rebondissements de Lost, mais considérant l’avant-dernier épisode Nikki et Paolo, il m’apparaît clair que les writers aiment ça, rire de nous autres un peu.
(Note, au passage: j’ai toujours cru qu’il était possible de savoir facilement si on était dans une ville de péquenauds ou pas en observant la présence d’un Rigolfeur, jusqu’à ce que j’apprenne qu’il y en avait un au métro Radisson. Ça brise toute ma théorie sur Gatineau, Sainte-Agathe, Boucherville et Lévis.)
Et si vous êtes vraiment pourris au mini-putt, vous pouvez aisément essayer de faire croire aux gens que vous visez le score de 108, tant qu’à être dans le thème. Je viens de vous éviter une profonde humiliation. Pas de quoi.
Après le golf, retour downtown à temps pour faire cuire ses muffins sans les brûler.
Bonne écoute. On est mieux d’avoir des réponses qui ont du bon sens, parce que sinon je vais crier.
Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
15/05/10
Ce sera un billet court, c’est un billet en dehors de mes journées de billetage, mais ce sera un billet CINGLANT et bourré de HAINE.
Vendredi soir, je déambulais (obviously) dans le centre-ville, l’estomac lourd de spare-ribs à l’ail sucré, résultat de ma late-night Beijing date et j’ai eu à confontrer beaucoup trop de situations frustrantes. Genre, WAY TOO MUCH.
J’ai pensé partager ça ici, car c’est tout à fait approprié puis parce que insulter les gens dans la rue, c’est pas si productif. Ô combien jouissif mais oui, j’avoue, pas si productif. Autant improductif qu’un guichet automatique au coin René-Lévesque et St-Urbain, avec l’affiche pis les néons pis toute, CEPENDANT NON-ACCESSIBLE À UNE PAUVRE FILLE QUI VEUT PRENDRE UN TAXI. Et c’est pas comme s’il y avait pas la petite slot où tu peux passer ta carte pour ouvrir la porte, elle était là, bien en vue avec les petites instructions. Ça c’était là aussi, NON-OPÉRATIONNEL.
Si seulement c’était arrivé une fois.
MAIS NON.
QUATRE. 4. QUATRE GUICHETS AUTOMATIQUES FAUSSEMENT OUVERTS DANS LE MÊME PÉRIMÈTRE.
Quartier des spectacles yeah right.
Donc, après ce cuisant quadruple-échec, il a bien fallu que je bouge mon cul et mes bottes de cowboy vers l’Est, nourrissant l’espoir de trouver un 20 et poser rapidement mon cul et mes bottes de cowboy sur une banquette arrière de taxi. D’ici là, fallait marcher sur Ste-Catherine, en maudissant les choses.
J’oubliais un détail.
Ste-Catherine+Vendredi soir+Travaux = NIGHTMARE FROM HELL’S OWN NIGHTMARE
Ça court partout, ça gosse après les clôtures de sécurité. Ça m’accroche, ça marche tout croche dans ses talons hauts cheaps et c’est clairement underage. La crowd des foufounes en furie, pointe de pizza à la main me hurle son insipidité en pleine face. Les gars ont des fauxhawks (encore? vraiment?) et les filles sont grosses et laides, toute la gang, pognées dans du lycra. Ça frenche accoté sur les buildings, parce que y’a pas de hood de char disponible, la rue est barrée. Au moins ça peut pas faire VROOM VROOM fort fort avec sa hyundai accent de marde.
Je me sentais comme Kurt Russel dans Escape from L.A, qui désapprouve vraiment fort avec son seul oeil valide.

Et ça c’est juste entre St-Laurent et Hôtel-de-ville.
Après ça, y’a la gang qui sort à La Mouche qui s’en mêle.
…
La morale de cette histoire est aussi quadruple, comme mes échecs;
1. J’ai un don pour l’insulte.
2. Je remercie ma mère de m’avoir gardée reclue jusqu’à 18 ans.
3. Je préfère les hobos du Village.
4. Le taxi ça coûte cher, mais ça garde isolé des autres.
Merci bonsoir.
Un autre billet de qualité signé Marie-Helene Goulet.
13/05/10
Hier, alors que le match de hockey le plus important depuis 17 ans avait lieu, j’étais au théâtre. Au moins, je m’étais arrangé pour qu’Éric Samson me texte le score de la partie pendant que j’assistais à la représentation de Douleur exquise au Quat’Sous, une pièce signée Sophie Calle.
Je n’ai jamais été un grand fan de Sophie Calle. Faut le dire, le gnagna autobiographique me laisse un peu froid et l’idée d’entendre Anne-Marie Cadieux « redi[re] la douleur de la séparation jusqu’à ce que les mots soient inutiles et les récits de plus en plus brefs » me faisait profondément chier. Bon, c’était sans compter la mise en scène de Brigitte Haentjens et le jeu vraiment solide de la Cadieux. J’avoue avoir rendu les armes quelque part au milieu et être carrément entré dans le buzz de l’actrice.
Mais je suis là pour parler de hockey. Parce que c’était ce qui me préoccupait vraiment, à ce moment là, l’issue de l’ultime match opposant le Montréal Canadiens au Pittsburgh Pingouins. Je n’avais pas eu le courage d’ouvrir le cellulaire pendant la pièce, surtout que la fille du Quat’Sous avait bien précisé au début : « même pour regarder le score de la partie ». Shit shit shit, j’ai dû me résoudre à l’ouvrir à la toute fin. 5 à 2… 3 minutes à faire. Pas le temps d’attraper la fin du match, juste le temps d’arriver avec les copains pour les célébrations.
Julien : On va sur Sainte-Cath!
Moi : Quelle idée formidable!
Pourtant, une vieille dame nous avait prévenus : « Là, les jeunes, allez pas sur la Catherine… ». Non, non et non. Faut savoir écouter les oracles. So, off we go vers la Catherine. Julien me tend une bière dans le métro. Pourquoi pas… c’est la fête. Ça c’était sans compter la police du métro.
144 $ d’amende plus tard, nous voilà sur la Main avec moins le goût de fêter. Ça prend quelques minutes pour que l’ambiance commence à s’emparer de nous. Les gens s’échangent des high five et des « olay olay », ça fête bien, ça fait rire, même si l’anti-émeute regarde. Peut-être que ça ne sera pas si pire, finalement, qu’on aura du plaisir pour 144 $.
Un gars monte sur un panneau publicitaire de la ville. Les policiers viennent pour le chercher. Bières lancées sur les policiers. Et voilà. C’est la charge, les bières pleuvent sur la force constabulaire. Juste le temps de partir avant la bousculade, de reprendre le métro avec pas grand chose de plus qu’une contravention et l’image encore fraîche de la moustache molle de l’agent Santos. Amère, amère victoire.
Un autre billet de qualité signé Samuel Mercier.
13/05/10
Aujourd’hui, j’ai trente ans.
Pis j’ai trente ans en grand.
Le vrai de vrai Séba, de Gatineau, viendra nous faire des extraits du nouvel album du band, le premier post-DomHamel.
Après ça, Arvida Crew vont monter sur scène pour lancer leur rap saguenéen dans ta face. C’est garanti que tu vas capoter.
Et pour finir, Pierre Crube de Numéro# viendra faire rebondir tout le monde.
Je fête ça avec mon amie Marilyne, grande architecte de l’Autre St-Jean et excellente bookeuse de bands et DJs aux deux chez Baptiste, sans compter son travail chez C4. Elle a vingt ans depuis quelques jours. On change de décennie, c’est big.
Tous les swompeux vont être là. Même Marie-Hélène. J’ai l’impression que la soirée va figurer dans sa prochaine chronique… peut-être que toi aussi!
Ça commence à 21h et ça finit on sait pas trop quand. Chez Baptiste sur Masson.
Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
10/05/10
Un peu de feedback de ma dernière soirée…
ENCORE UNE FOIS, JE DOIS TOUT À FAIT M’EXCUSER DU MANQUE DE RIGUEUR DANS LA PARUTION DE MES BILLETS, FAUT CROIRE QUE JE SUIS PAS DOMPTABLE. IMMA WORK ON THIS.
Toutefois, quand je vous ai dit que c’était ma fin de session, c’était faux puisque je sors à peine d’une semaine intensive de cours d’été. Une semaine à faire des petites boîtes avec un prof tout droit venu d’Europe de l’Est. Was awesome.
Bon, what about la soirée de fin d’études featuring du rhum et tout et tout?
C’était drôle, amusant et bourré de monde. Des professeurs y étaient, ça jasait pas mal au son de la musique hipsto-électro-modrock. J’étais belle dans mon beau outfit de robe grayée de petites bottes western, gracieuseté de ma coloc. Les bottes étaient un peu grandes, mais pas grave, ça soulage mes ampoules douloureuses.
La soirée avance, je suis toujours belle, mais un peu tipsy.
J’ai envie…
J’ai encore envie…
J’AI TRÈS ENVIE!
Va voir aux toilettes, un line up. «FUCK ÇA» me disai-je, moi, wild child of the wilderness, je peux me soulager ailleurs, dans la nuit folle. Non mais, qui a besoin d’un bol quand la nature nous offre la gravelle, l’asphalte, la boue ou le gazon? Telle une fière aventurière, je sors dehors et me dirige directement vers un vieux cabanon pas trop loin du bar.
SOULAGEMENT
Mon homme m’attend pas trop loin, en riant. Je vais vers lui, niaise un peu, danse dans le stationnement et fais un pas et CRAC.
CRAAAAC
CRIS
LARMES
Je me retrouve encore une fois les deux jambes en l’air, le cul sur le sol, le mascara sur les joues, la cheville re-re-foulée. Depuis, c’est glace, repos, et exercices de renforcement musculaire.
C’pas du bon karma que j’avais demandé?
Un autre billet de qualité signé Marie-Helene Goulet.