
Puisque c’est, comme chacun le dit, la mode du retour des vieux bands (d’ailleurs eux-mêmes sur le retour), v’là-t-y pas qu’une bombe vient surprendre tout le monde pour fêter le printemps : les Stooges sont de retour.
Bon, bien entendu, Dave Alexander, bassiste d’origine, s’est sauvé depuis belle lurette vers le paradis des rockers décédés (là où le bowling avec Freddie Mercury et Jerry Garcia est gratuit les jeudi), mais le vieux trio que forme Iggy Pop avec les frères Asheton (Ron et Scott, pour les intimes) est revenu pour rocker encore un peu : The Weirdness, sorti la semaine dernière, en est le produit. Évidemment, ne cherchez pas le son dirty qui caractérise leur premier album ou Fun House, vous serez déçus, et ne cherchez pas non plus du feedback à outrance, car tout ça semble terminé.
Ceci ne signifie pas que The Weirdness est un mauvais album, mais disons qu’on les préfèrera toujours jeunes, iconoclastes et sur le bord de l’overdose constamment… ce qui n’est manifestement plus le cas. Par contre, il suffit d’écouter «Trollin’» et «The Weirdness» pour comprendre que là où les musiciens ne se trouvent plus, Iggy Pop demeure fidèle à lui-même, puisque sa voix n’a rien perdu, et on le voit déjà se garrocher partout sur n’importe quelle scène aux dimensions appropriées. Et, naturellement, les grosses guitares demeurent, toujours aussi présentes. Comme dans l’temps, dirait grand-papa.
Ainsi, ça n’est pas les American Songbooks de Rod Stewart, et encore moins les élucubration pop d’un Carlos Santana en panne d’inspiration. Oh que non (et on en remercie le père, le fils et le saint-esprit). C’est, plutôt, un album plaisant, mais qui manque de guitare trop électrique et, surtout, qui souffre de ne pas avoir un son aussi salement garage qu’on aurait pu souhaiter.
Ta Mère recommande donc, en bout de ligne, de passer par les premiers albums avant d’en arriver là, question de comprendre pourquoi les punks et les new-wavers les plus extrêmes ont pu les citer en exemple et, encore plus, pourquoi John Cale (The Velvet Underground) a déjà voulu les produire… le rock est bel et bien là, mais l’attitude légendaire des Stooges est disparue dans le royaume des légendes du rock.
Ainsi, l’album est bon, mais le groupe sonnait beaucoup mieux du temps des consoles analogues et des mix simplistes… à suivre. Aucun spectacle n’est annoncé au Canada encore, mais en cas d’une tournée qui passerait dans le secteur, allez-y, Iggy n’a rien perdu de ses allures d’animal de scène malgré son âge.
Dieu bénisse Iggy et feue son héroïne.
The Stooges - Trollin’.mp3
Un autre billet de qualité signé Ta Mère.
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