Le livre de la semaine - HA!

15 03 2007

La Swompe, c’est comme un nouveau couple: y’a plein de premières fois. Or, à défaut de vous faire revivre un premier souper au resto, une première chicane ou une première toilette à déboucher, on vous offre une première chronique littéraire, à savoir le livre de la semaine. Car, à défaut de pouvoir gagner nos vies avec nos études en Lettres, on veut tout de même s’arranger pour faire profiter de notre expertise à quelqu’un…

J’ai d’abord pensé ici vous parler un peu plus d’un des romans aquiniens, histoire d’être cohérent avec cette journée de deuil. Or, je vais pousser la logique encore plus loin en vous conseillant de jeter un oeil à HA!, un essai/enquête sur le suicide de l’écrivain orchestré par le réalisateur Gordon Sheppard, autrefois ami d’Aquin.

Ce bouquin gigantesque (869 pages, en couverture rigide) rassemble une entrevue exhaustive réalisée avec la veuve de l’auteur dès le lendemain de son suicide, des parallèles avec des écrivains ayant fortement influencé Aquin ainsi que quelques bonus des plus troublants, comme un fac-similé de sa dernière lettre à sa femme ainsi que la dernière carte postale envoyée à son fils Emmanuel. On se sent inévitablement voyeur, mais on ne peut faire autrement que de continuer à dévorer tellement on prend conscience de l’importance et du génie de l’homme. C’est carrément un Beatles Anthology pour les lettreux…

Cela dit, HA! — même si Aquin était particulièrement francophone — est un livre en anglais. On peut toutefois le considérer comme le director’s cut de Signé Hubert Aquin, publié chez Bibliothèque québécoise (il ne s’agit que de l’intégrale de l’entrevue réalisée avec la veuve, Andrée Yanacopoulo). Mais ça demeure un bon prix de consolation pour les non-bilingues de ce monde.

Gordon Sheppard, HA!, McGill-Queens University Press, 2003, 869 p.
Gordon Sheppard et Andrée Yanacopoulo, Signé Hubert Aquin, Bibliothèque québécoise, 2002, 487 p.

Un autre billet de qualité signé Poulin.


30 ans de deuil

15 03 2007

Il y a 30 ans aujourd’hui, l’écrivain Hubert Aquin allait se shotgunner la face dans le boisé de l’école Villa Maria; le Québec perdait du coup l’un de ses auteurs et intellectuels les plus importants, sinon LE plus important. Il lègue derrière lui une oeuvre romanesque baroque et complexe, dans la plus pure lignée joycienne, refusant avec éclat le pittoresque et l’aplatventrisme de la littérature québécoise du moment. Il participe aussi du mouvement “décolonialiste” québécois aux côtés de Gaston Miron, de Jaques Ferron et de Pierre Vallières, pavant du coup la voie à l’entreprise souverainiste des années 60.

Sur une note plus personnelle, je tiens à souligner mon admiration la plus absolue pour l’homme et l’oeuvre, responsables de ma bifurcation vers les études littéraires (pas pire pour un gars qui n’avait auparavant lu que Martine à la plage et Un monstre dans mes céréales). Je ne peux que conseiller à tous la lecture de ses romans, qui ne vous laisseront assurément pas indifférents.

Romans, en ordre de rédaction: L’invention de la mort, Prochain épisode, Trou de mémoire, L’Antiphonaire, Neige noire.

Repose en paix, Hub.

Un autre billet de qualité signé Poulin.


Ils pètent la place le 1er mai

15 03 2007

Je sais pas si c’était sorti officiellement avant aujourd’hui, mais le Voir rapporte que le premier long jeu des envoûtants Omnikrom sera sur les tablettes le 1er mai prochain. De quoi nous donner une autre bonne réserve de catchphrases mysogines pour choquer — ou exciter, c’est selon — les demoiselles nous entourant!

Une pièce de cet opus, intitulée Backstage, est d’ailleurs disponible depuis quelques semaines sur leur Myspace.

Un autre billet de qualité signé Poulin.