Le Marais - Chronique parisienne : des Québécois sur de la moquette ou le bonheur dans un monte-charge
14 04 2007
La FNAC St-Lazare ( énooorme boîte à culture française en tout genre, sorte de cousine d’Archambault) a entrepris depuis le 21 mars, en collaboration avec la Délégation Générale du Québec, de faire comprendre – enfin !– que la culture de chez vous ne se limite pas à Céline Dion, Garou, Linda Lemay et le pancake au sirop d’érable. Et que depuis la venue du général De Gaulle, l’eau a coulé sous les ponts, déversant un tantinet de limon sur les rives franco-québécoises.
S’il plaît aux Parisiens de divaguer dans les travées moquetées de la FNAC, ils y trouveront un Parcours Québec jalonné d’un spectre de livres, films et disques divers, allant des auteurs les plus classiques (Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Claude Léveillée…) à des « artistes clefs comme Robert Charlebois, Diane Dufresne, Beau Dommage et bien d’autres encore » selon le magasin… Cheap me direz-vous ?
Mais l’évènement prend une toute autre ampleur quand on apprend qu’une poignée de mini-concerts va agrémenter le printemps jusqu’au début mai ! Si Chloé Sainte-Marie et Yann Perreau se sont déjà produits fin mars, la FNAC se fait des gorges chaudes d’accueillir le « dandy » Pierre Lapointe le 14 avril.
Mais foutre-Dieu, pourquoi ne fait-elle que si peu de remous pour le concert du 2 mai donné par Karkwa ?? Initié lors de mon passage estival à Montréal, j’avoue en avoir quelques vapeurs. Mercredi 2 mai, 17h30, on reparlera, car j’en serai.
Il m’étonnerait fort que mes tremblements s’immobilisent…
A noter également que les groupes québécois semblent presque revenir à la mode chez les disquaires parisiens par les temps qui galopent. Quoique : à la mode est une bien trop pompeuse formule. Il ne faudrait pas présumer du désir des Français d’accorder un tantinet d’intérêt à ce qui se fait, s’écoute et se produit au Québec, n’exagérons pas…Car, oui, les swompeurs que vous êtes apprécierons ce tic qui apparaît bien français de considérer la musique québécoise comme un sous-art folklorique. Si, avec un peu de chance, le groupe a eu la bonne idée d’éructer ses paroles dans la langue de Molière - entre nous, c’est également la langue de Loana - vous aurez peut-être l’insigne honneur de retrouver l’album dans le rayon « Humour » ou « Peuples du monde ». Trêve d’attitude anti-patriotique, il paraît qu’on nous surveille.
Tout ça pour dire que j’ai retrouvé à Gibert Musique avec une immense moue de surprise, tel un Américain à qui on apprendrait que Kofi Annan n’est pas le nouveau café de chez Starbuck’s, la pochette du tout clinquant nouvel album de Galaxie 500 ! En tête de gondole, épaule contre épaule avec le fantômatique The Weirdness des Stooges et frôlant l’épiderme délicat de CocoRosie. On n’est pas à une contradiction près, mais l’évènement vaut la peine d’être signalé. Que Neon Bible soit encensé, rien de surprenant : Arcade Fire émoustille les critiques en leur apprenant que les Anglais ne sont pas les seuls à faire de la bonne pop. Mais Galaxie ! De là à ce que les Marmottes Aplaties emballent Notre-Dame avec la pochette de leur futur-ex album ou que la presse française (à genoux, le nez dans la marde) reconnaisse que Jean Leloup compte certainement parmi les tout premiers poètes francophones de la dernière décennie, il n’y a qu’un pas…
Je finis par une spéciale cassdédi à Eric. Peut-être ton fanatisme t’a-t-il déjà poussé vers des sites prouvant l’envers des shows scéniques d’Arcade Fire ; peut-être mon intervention te semblera périmée et digne d’un néophyte sans valeur. Cependant dans le doute je ne m’abstiens pas. Parce qu’il existe encore des personnes qui se servent de leurs tympans autrement que pour y fourrer leur stylo 4 couleurs, la Blogothèque a créé le concept des concerts à emporter. Des vidéastes qui s’acharnent à ce que la musique se réapproprie les coins les plus propres à son expression la plus pure multiplient les shots nocturnes et intimistes afin de montrer les groupes quasiment nus. Des musiciens qui jouent, simplement, avec de vrais instruments et de vraies voix. Je ne m’en vais pas vous raconter la session que les potes de Win Butler ont improvisé avant leur concert du 20 mars à l’Olympia, le site le fait mieux ici (merci à Benauite pour la découverte). Mais je ne révèle qu’une chose : pour être intimiste, ce fut intimiste…
Un autre billet de qualité signé Marais Nostrum.







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