Ta bouche contre la mienne.
Ta langue qui frotte mon palais.
D’la salive comme y s’en peut pus.
Ça fait déjà quelques fois que je le mentionne, Le French, le vrai, le bon, la qualité dans ta yeule. On aime ça, on adore ça, on en mange beaucoup beaucoup. Frencher a une vocation utilitaire lorsqu’on est adepte de sorties festives. La soirée s’annonce un tantinet ennuyeuse? Trouve quelqu’un à frencher! Le d.j suce? Frenche! T’as pas d’argent pour te payer la grosse Tremblay? Frenche en esti! C’est pas peu dire, le french fait partie intégrante de la vie nocturne. On ne peut passer à côté, tout comme on ne peut s’en passer. Le french à ses propres codes et conventions, ses légendes.
Frencher, c’est aussi important que l’endroit où tu sors, avec qui tu sors, ou la paire de talons hauts que tu chausseras.
D’aussi loin que je me souvienne, il y a des spécialistes (sexologues, psymachins, animateurs à Canal Vie) qui hurlent à la disparition de la tendresse chez les jeunes, tout en racontant avec émoi la perte de repères qui s’en suit. On déplore l’obsession du coït étudiant, la fin de l’amour, blablabla. Des choses comme ça, bien tristes.
Ces gens n’ont manifestement pas passé des heures à frencher sur le coin d’un bar, en essayant de se souvenir du nom de la personne enlacée, en lui promettant mer et monde et un numéro de téléphone. J’ai souvent passé des soirées à frencher des gens que je ne reverrai plus jamais (ils repartaient vers l’ailleurs le lendemain matin), tout simplement pour le plaisir de le faire. J’ai des amies qui frenchent en série, garçons, filles et portes de toilettes. On frenche pour obtenir de l’attention, ou pour détourner l’attention, c’est un prétexte ou un échappatoire. On frenche des bouteilles, on frenche les agrumes qui ornent les bords de cocktails. Un party étudiant est pas complet tant qu’il y a pas de frenchs qui se donnent, et on en est à organiser des soirées thématiques sur le french (les Frenche ou meurs, 15e édition BIENTÔT), comme quoi je ne suis pas la seule à y croire. Bref, y’a rien de mieux pour faire connaissance que le fond d’une petite ruelle, ta langue dans la bouche de quelqu’un d’autre.
Quoi de plus tendre?
Quoi de plus désintéréssé?
Un geste d’amour pur et beau pour son prochain.
Je ne vous parle pas de ces préliminaires qui commencent au bar pour se poursuivre dans le bus de nuit et qui finissent dans le lit d’un inconnu. QUE NENNI. Ça, c’est un monde à part, qui peut dériver depuis celui dont je vous parle, quand y’a trop de gin tonics en jeu. C’est pas mon domaine, un effet collatéral du nightlife. Rien à voir avec le point que j’essaie vraiment fort de traiter ici.
Tout ce que je veux dans le fond, c’est que vous vous frenchiez les uns les autres. Un message d’amour pour le printemps et l’été qui arrive
Je suis le Jésus des bouches en perdition, des âmes qui frenchent pas assez.
Frenchez, mes beaux bébés.
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Un autre billet de qualité signé Marie-Helene Goulet.

