Déception, surprise et émerveillement: Francos, jour 4

Je ne sais pas pourquoi je pense toujours à Anne Laguë quand je pense à Caloon Saloon. Peut-être qu’elle m’en a parlé souvent, peut-être qu’elle en a parlé souvent sur son blogue, je ne pourrais pas dire exactement. Mais je sais que quand je pense Caloon, je pense Laguë.

Et j’ai en tête qu’elle me dit que c’est un gros band de party, Canailles-style, qui génère de l’euphorie et du bonheur et de la joie de vivre. Et donc, arrivé au Pub Molson M (avec un gros M contenant du liquide jaune pétillant en background, j’dois admettre que je trouve ça un peu intense, comme si la scène Vidéotron avait un gros terminal Illico en arrière), je n’ai pu faire autrement que d’être déçu. Pas que les tounes étaient mauvaises, ni que les membres du band manquaient d’énergie. En plus, y’avait du kazoo et de la planche à laver, deux des instruments les plus négligés ever, qui me rendent automatiquement heureux. Mais là, je sais pas, on dirait que ça tombait à plat. Ou pas nécessairement à plat, mais que ça ne levait pas comme je m’attendais, disons. Alors j’ai été un peu déçu, oui. Je voulais de la fête, et j’ai eu un show correct.

Anne, justement, m’avait invité à la rejoindre à la Taverne Jarry pour watcher la game. Je ne voulais pas manquer Caloon, vu que je ne les avais jamais vus (et que je devais me rattraper pour 2 jours de Francos manqués presque totalement), alors j’ai dit que j’irais maybe (Watson) la rejoindre après Caloon, mais avant Malajube.

Finalement, en bonne compagnie, je me suis laissé traîner jusqu’à Été 67, qui était mon plan A au départ, jusqu’à ce qu’Anne m’invite à la taverne. J’y suis allé un peu à reculons, un peu pour passer plus de temps avec mes potes, mais finalement, j’ai été rien de moins que séduit.

C’est un peu une esthétique chez moi que d’aller voir des shows sans connaître les bands. Je ne fais pas nécessairement exprès, ce n’est pas de la paresse, mais depuis que j’ai vu Pink Floyd sans rien y connaître en 1994, on dirait que j’assume que ça peut créer des belles choses.

Bref: ne sachant rien de rien sur ce à quoi je devais m’attendre, je me suis pris au jeu de ce groupe typiquement européen (il suffisait de voir le look du guitariste pour s’en convaincre) et j’ai passé une heure carrément sous leur emprise. C’est pas qu’ils avaient un charisme hors-norme, ça non. C’est pas non plus qu’ils sont terriblement bons musiciens, on a vu techniquement mieux. Mais, je ne sais pas, quelque chose passait, un courant, une idée, oui, une émotion, voilà.

Par exemple, quand ils ont commencé leur chanson Crime passionnel, qui détaille un meurtre comme vous pouvez l’imaginer, lectorat perspicace que j’aime, et qu’ils ont demandé à la foule de taper des mains, j’ai failli dire que ça avait pas beaucoup de classe (ce qui, objectivement, n’est pas trop dans le champ, admettez), mais je me suis retenu, parce que la toune m’a fait vibrer. Vraiment.

Bon, je garde certaines réserves envers un band qui utilise (sans vergogne!) une flûte traversière, je pensais que c’était illégal depuis environ 1986, mais hein, y’a pire. Comme Ale Dee, que j’ai vu en partant de Lila Dit Ça l’autre jour, et qui avait 4 danseuses avec des t-shirts bédaine avec des numéros écrits dessus (clairement au sharpie cheap, mais se voulant rappeler des numéros de jerseys sportifs) et un guitariste à la Kevin Rudolf, bienvenue au Beach Club. Une petite flûte traversière, bon, c’est pas glorieux, on peut dire qu’on préférerait qu’elle ne soit pas là, mais c’est toujours moins pire qu’un guitariste avec une casquette-tuque pis des poupounes en t-shirts homemade style Canadiens dans un show de rap.

Mais, à date, Été 67 reste le band qui m’aura le plus surpris des Francos. Sur album, je n’ai absolument aucune idée de ce que ça donne (Oliviande semble peu convaincu), mais ceux qui les verront en première partie de Catherine Ringer ce soir seront gâtés, garanti.

Parenthèse namedrop, j’étais en train de jaser avec un des programmateurs du festival quand une demoiselle est venue lui demander s’il avait dix piastres, parce que la fille en question avait juste un vieux 10 à moitié déchiré, et que « ça se fait pas, donner ça à Catherine Ringer pour son per diem ». J’ai donc, gentleman que je suis, sorti deux cinq de ma poche, et en échange pour un dix tout décrépit, permis à madame Mitsouko de profiter de sa soirée, j’imagine, en tous cas, Catherine Ringer a mon dix piastres. Voilà.

Après ça, c’était l’heure de se préparer pour Malajube, le show le moins secret du festival.

Vous le savez, je suis un sucker pour les shows de Malajube, je pense que je les ai tous vus depuis au moins les cinq dernières années. En tous cas, tous ceux qui avaient lieu à Montréal.

Le show du lancement de la Caverne était quelque chose. Le show secret de la fête de Dare To Care était moyen. C’est inégal, Malajube, en show. Ça dépend.

Hier soir, boys and girls, si vous étiez ailleurs qu’à l’Astral, vous avez manqué un hostie de bon concert de rock. Leur meilleur depuis longtemps. Les gars étaient en forme, la setlist était parfaite, la musique était tout simplement prête à entrer par les oreilles, assaillir le cerveau et faire de toi sa bitch.

Tu vois à travers moi

Tu vois à travers moi

Littéralement, un show parfait.

J’en reviens pas encore. Les jams ont duré juste assez longtemps, la folie s’est pas étiré à en devenir plate ou dérangeante, les hits n’ont pas pris le dessus sur l’oeuvre, la profonde, inhérente beauté de Malajube s’est déployée en tous sens pour faire de ce concert une expérience mémorable en tous points.

À la fin, j’exagère pas:

C’était de même.

On a fini par se ramasser au Shag, où c’était la soirée Dare To Care, avec Alex Ortiz de We Are Wolves (que j’ai manqué), Jimmy Hunt et Team Panache aux platines. Une soirée où la musique a résonné plus que d’habitude, peut-être parce que j’étais dans ce mood-là aussi, mais en tous cas.

Une ben belle veillée.

Aujourd’hui c’est la fête à Maman Samson, alors je risque d’arriver pas mal flush pour Sunny Duval, et ce sera mon seul show. On verra.