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Billets par Éric Samson

Du malaise posthume

sept10
2011
3 Commentaires Par Éric Samson

Les oeuvres posthumes sont toujours un peu malaisantes.

Comme ça.

Que ce soit des greatest hits de bands qui sont dissous (ou dont un des membres est mort) ou des manuscrits incomplets d’auteurs qui ont passé la plume à gauche, il y a toujours l’ombre du mercantilisme, cette odeur suspecte du label/gérant/agent/éditeur qui veut faire une tite piastre sur un artiste qui l’a laissé trop tôt, alors qu’il lui restait encore quatre ou cinq blockbusters au contrat.

Quand on sait par exemple tout le travail d’édition qu’il peut y avoir derrière un roman de David Foster Wallace, lorsqu’on publie Pale King en tant qu’oeuvre inachevée… c’est difficile.

Car d’un côté, les fans en demandent toujours plus, et s’ils apprennent qu’une infime parcelle d’oeuvre de leur auteur favori reste dans les voûtes d’un éditeur, ils vont descendre sur celui-ci avec des torches et des fourches en exigeant une publication rapide et complète. De l’autre, il y a évidemment la figure de l’éditeur véreux qui veut presser le citron jusqu’à ce qu’il ne reste plus que quelques pépins. Ah, et si on faisait de l’huile avec?

Rendre hommage à un défunt peut aussi être difficile: nombreux sont ceux qui ont accueilli l’Oscar posthume rendu à Heath Ledger pour son (génial) Joker dans Dark Knight comme un exemple de prix-pitié, que Ledger n’aurait jamais gagné de son vivant pour un tel rôle. Connaissant les goûts de l’Académie pour les films de super-héros, l’objection est certes valide.

C’est un peu pour ça que j’accueillais avec méfiance le lancement d’un site web sur Nelly Arcan, près de deux ans après son suicide.

J’avais peur qu’on ne fasse que presser le citron. Ou qu’on rende un hommage guimauveux à une auteure que l’on aurait eu trop tendance à considérer comme une vulgaire putain folle de son vivant.

Mais avec des textes inédits comme La Honte (à lire, très fort) offerts gratuitement en pdf, avec des résumés fort étoffés de ses romans (longues citations à l’appui), avec des analyses qui frôlent l’exégèse, on voit bien qu’il s’agit ici d’un véritable site qui rend un hommage à la fois senti et réfléchi à Nelly Arcan (et où on ne voit même pas poindre l’ombre d’un bouton Paypal).

Pas de mercantilisme, pas même nulle part la vague odeur d’un citron.

Un site comme on rêverait qu’il en aie pour tous les auteurs, vivants ou non.

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature - Libellé David Foster Wallace, gratis, internet, lien, littérature, Livres, troublant

Synesthésie, et je ne parle pas de Malajube

sept09
2011
2 Commentaires Par Éric Samson

Le blogue n’est pas très beau, ça saute aux yeux.

Mais en ces jours où la bouffe règne, où le manger est roi et maître de tout ce qui s’écrit et, surtout, de tout ce qui se vend, où tout le monde et son cousin se part un blogue de recettes, de critiques de resto et de trucs qui ont rapport de près ou de loin à ce qu’on met dans sa yeule, y’a Mistral et son pote qui ont parti un blogue où notre besoin primaire favori, lui qui est tout en bas de la pyramide de Maslow, est traité avec un peu plus de flair littéraire.

Le concept est simple: des auteurs, connus (Dickner, Vigneault, Catellier) ou moins, offrent une recette qui décape.

Là où ça devient intéressant, c’est que le style se doit de prévaloir sur le snack. On demande donc un minimum de recherche dans l’écriture, un sens du punch, une poésie de la recette qui transcende le livret Ikea ajoutez-le-beurre-malaxez-douze-minutes et qui fait que même si on a le cuistot intérieur à peu près au niveau d’un chimpanzé épileptique (ou qu’on n’a aucune envie de faire soi-même sa pâte à pizza), les textes se lisent avec bonheur.

Ça s’appelle Synesthésie, et bon, ça existe depuis 2007, mais je ne l’avais pas vu avant et j’te gage que toi non plus.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature, snack - Libellé bonnes choses dans yeule, internet, littérature, miam du bacon, volaille

Party, party, party: Francos, jour 8 (1ere partie)

juin17
2011
2 Commentaires Par Éric Samson

Arrivé à 17h et quelques, trop tard pour pogner Chinatown mais assez tôt pour attraper Ariel, dont le son Caféinesque (ciboire que je travaille fort pour ne pas dire pop-rock) laissait présager une bonne soirée.

20h, les Canailles embarquent sur la scène avec un gros M jaune avec des bulles en arrière, et le party commence. C’était peut-être le fait que j’me suis retrouvé avec comme 12 amis éparpillés un peu partout au show, peut-être aussi l’odeur de saucisse grillée (tout-boeuf ou épicée, nul ne le sait) portée par le vent, mais j’ai eu tout de suite la tête à la fête.

Yii-ha.

Yii-ha.

Canailles se sont faits, aux Francouvertes, une réputation de band de party et je dois dire que là où Caloon Saloon ont échoué, Canailles ont réussi. La foule a levé, y’ont même eu une gang qui se sont mis à danser en avant de la scène.

Faut savoir que le pub M est généralement TRÈS assis.

Des tounes sur le maskin’ tape, des tounes sur manger du bois, des tounes sur les dépanneurs qui sont jamais ouverts, tous les prétextes sont bons pour se faire aller l’bahut et faire des HAA HAA HAAAA sur du banjo.

Sérieusement, si c’était pas que je m’en allais voir Radio Radio et Hocus Pocus (pour lesquels je suis en retard d’ailleurs), je reviendrais les voir à 23h.

La suite demain. Genre.

(Ah, by the way, j’en reviens comme pas de la quantité de gens qui sont là pour Adamus. Y’a 2 ans il faisait des shows au Quai des brumes pis c’était pas sold out. Là, y’a genre 10 000 personnes. Voyons don.)

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé francos

« Des boules pis un solo de drum »: Francos, jour 7

juin17
2011
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Je passe rapidement sur l’émission d’hier, parce que vous pouvez l’écouter comme vous le voulez.

Sachez qu’Hocus Pocus sont surprenants en formule acoustique (et vraiment sympathiques), que Cécile Hercule est fort séduisante, que Chantal Archambault est vraiment gentille et tolérante (comme quand on a un pépin technique de 30 minutes qui nous empêche de diffuser en remote), et que La Femme, well, hein. Des kids de 18 ans qui ont un band depuis à peine un an et demi, difficile de leur en vouloir si il faut trimer un peu plus quand on fait une entrevue que quand c’est Akhénaton. Mettons.

Mais en live, La Femme, ça le fait. J’espère qu’on les reverra dans un show peut-être mieux rodé, sur une scène peut-être plus appropriée, aussi. Mais leur surf-rock (ou est-ce du post-punk?) reste fort efficace.

Hier, Jean Barbe publiait une chronique où il fait l’élogue du féminisme dit de deuxième vague, celui après les suffragettes, celui de Simone et de l’égalité des sexes, celui qui, selon une certaine lecture de la société contemporaine, part en couille, ces temps-ci.

Et pourtant jamais on n’a vendu autant de fards à paupières et de régimes amaigrissants. On offre des seins refaits aux jeunes filles pour leur 16 ans.

Les pubs sont encore pleines de pitounes alanguies. Et trouver chaussure à son pied (au propre comme au figuré) est encore la priorité de la majorité des femmes en Occident.

Ça fait que moi, hier soir, j’suis allé voir un film de porn.

C’était Érotique PQ, à l’Astral. Ce groupe de talentueux gens de Québec (vous ne lirez pas souvent ces 4 mots ensemble sur ce blogue, profitez-en) prend des trames sonores de films softcore québécois des années ’70 et les repique, pour les jouer en direct et full-band devant un public au départ un peu confus mais qui se laisse très rapidement gagner par cette merveilleuse énergie.

Il y a quelque chose d’un guilty pleasure, comme l’odeur du popcorn qu’on se fait cuire à 3h du matin pour écouter « juste un autre épisode » de Lost, ou comme le petit sourire que’on se fait en arrivant à un show d’un groupe inconnu au Il Motore en écoutant Lady Gaga dans son iPhone, ou comme arriver dans un bar avec un newfie, un noir et une religieuse.

Le funk porncore, c’est trop souvent une joke en soi. Bow-wow-chika-bow, tsé. C’est pas super noble. Probablement parce que trop souvent c’est over-the-top, fromagé, que ça pue le sous-sol en préfini à Lachenaie en 1973. Mais quand plus d’une demi-douzaine de musiciens qui savent ce qu’ils font décident d’en faire un show, bâtard que ça sonne. Impossible de ne pas se laisser contaminer. Tout le monde hoche la tête, sourit, et pas juste parce qu’il y a des totons sur l’écran en arrière.

Parce que oui, Érotique PQ se produit avec projections: des extraits des films dont sont issues les fameuses pièces accompagnent le show et lui donne le petit boost de cachet camp qui manquait.

Le temps est bon

Le temps est bon

Mais pourquoi je vous ai parlé de Jean Barbe tantôt? Ben, parce les films dont on projette les extraits mettent peut-être en scène plus de moustaches que ce qu’on voudrait normalement voir, mais que les femmes y sont vraies. Avec des vrais seins (pas toujours égaux), avec des vrais bronzages, avec des vrais cheveux, des vraies lèvres et des vrais sourires. Et ça, ça fait du bien au moral aussi.

Au-delà d’être un gimmick, au-delà d’être un hommage aux pionniers du cinéma « porno » québécois, au-delà même de la nostalgie de « l’authenticité » d’antan, au-delà de Le temps est bon, le ciel est bleu, au-delà du groupe qui vend des strings plutôt que des t-shirts, de tout ça, il y a des musiciens qui savent exactement ce qu’ils font et qui le font fort bien.

J’ai dû partir avant la fin, question de dernier métro et de fatigue accumulée, mais il n’y a aucun doute que si j’étais à Québec, j’engagerais Érotique PQ comme house band à tous mes partys.

Un show, si vous me pardonnez l’expression, jouissif.

(Et, oui, y’a eu quelques solos de drum.)

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé francos

Ferland, juste Ferland: Francos, Jour 6

juin15
2011
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Salle Wilfrid-Pelletier.

Parterre.

Un grand rideau rouge, un micro, un spot.

Le micro est un peu bas.

Les lumières s’éteignent, le rideau bouge.

Ferland sort, le micro lui arrive au nombril.

Des techs apparaissent, un avec une chaise, l’autre avec une guitare.

Ce n’était pas pour pêcher la truite
Marie-Claire Marie Lo
Ce n’était pas pour pêcher la truite qu’elle s’étendit sur mon radeau

C’est pas sur Jaune, ça.

Non, ça c’est l’intro.

Le rideau se lève. Choristes, cordes, cuivres, piano. Et ça part.

Depuis 1971, y’a des tounes qui ont pas super bien vieilli. D’autres sont encore et toujours merveilleuses. Quand on aime ses chansons, Ferland a toujours vingt ans.

Quelques petits ratés, quand même.

Mais quand le Chat du café des artistes a commencé, j’ai oublié tous les petits pépins. J’ai même oublié la chorale d’enfants en arrière, oublié que ça en prenait une, c’est dans le quota des Francofolies, au moins une chorale d’enfants par année.

Deuxième partie plus guimauveuse, par nécessité, les greatest hits de Ferland sont pas ses plus edgy. Mais T’es belle, christ, c’est quand même une super toune d’amour, y’en a pas mille des plus honnêtes que ça.

Un rappel: réciter un poème. Ensuite, inviter Éric Lapointe sur scène pour Qu’est-ce que ça peut ben faire, ce qui est tout de même une grave insulte à cette chanson. Prendre la rébellion forte mais intérieure de Ferland et l’habiller de cuir et d’huile à moteur comme Lapointe l’a fait devrait être inadmissible, mais bon, Jean-Pierre aime ça, pis il a le droit.

Évidemment, ça finit avec C’est beau, c’est beau. La chorale d’enfants est revenue, la boucle est bouclée, Rock Détente est content, ils vont pouvoir diffuser des versions live exclusives autant qu’ils le veulent.

Moi, c’est le Ferland du Chat que j’aime. Celui qui dit que quand on ne rit plus, c’est qu’on ne vit plus.

Et qui sacre son camp de la scène en bulldozer, à la fin de la toune.

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé francos

Ensoleillé Duval: Francos jour 5

juin14
2011
1 Commentaire Par Éric Samson

Comme je vous l’ai dit hier, c’était l’anniversaire de Maman Samson aujourd’hui. Vous me connaissez, je suis un bon fils, alors plutôt que de venir downtown me lancer dans Annie Blanchard (finaliste à Star Académie 2005, n’est-ce pas) ou dépenser $123 pour voir People Project sur un bateau, j’me suis gâté au Scores de Dorval.

Tsé. Évangéline, ou un bar à salade. Le choix est assez facile.

Mais je suis quand même revenu à temps pour Sunny Duval, qui était en tip top forme ce soir pour son passage aux Francos. Faut croire que ses douze shows à Tadoussac (j’exagère à peine, je pense qu’il a passé plus de temps sur stage que ses amplis, c’pour dire) ne l’ont pas trop épuisé.

Dès la deuxième toune, les hanches se trémoussaient et les pieds tapochaient le sol devant la scène Loto-Québec (qui, contrairement au Pub Urbain Molson M, n’a pas un gigantesque Loto-Bingo ou Yves Corbeil en background). L’orchestre des Cuisses Noires était composé de membres de Caloon Saloon qui ont même joué une de leurs tounes, Laisse-moi donc rentrer, qui a levé pas mal plus qu’hier…  peut-être juste que c’est l’endroit, alors, qui n’était pas approprié. Je leur donnerai une autre chance.

Un cover de Marcel Martel qui m’a rendu profondément heureux, le plus grand blues (Tu m’appelles même pus quand t’es chaude, tsé, on connaît le feeling, pis c’est jamais, jamais, jamais glorieux) qui a d’ailleurs été attribué par un des twitteurs des Francos à Gerry Boulet dont c’était l’hommage quelques mètres plus loin, voyez plutôt:

#GerryToujoursVivant #OhqueOui RT @ericsamson: "Tu m'appelles même pus quand t'es chaude". Quelle toune, quel blues. #francos
14 June, 2011 8:43 pm via TweetDeckReplyRetweetFavorite
@FrancoFoliesMtl
FrancoFolies de Mtl

Mais bon, hein, tout le monde fait des erreurs. Je veux juste jamais voir Jonas ou Éric Lapointe faire un cover de cette toune-là, sinon ça va aller mal.

Voilà. Maintenant que j’ai écrit tout ça, je vais aller faire un tour au Cheval.

Pas parce que j’aime pas Orange Orange, dont c’est le DJ set au Shag ce soir, mais parce qu’ils ont annoncé qu’ils feraient jouer leurs nouvelles tounes, et qu’un DJ set n’est jamais, jamais un bon endroit pour faire jouer ses propres pièces.

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé francos

Déception, surprise et émerveillement: Francos, jour 4

juin14
2011
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Je ne sais pas pourquoi je pense toujours à Anne Laguë quand je pense à Caloon Saloon. Peut-être qu’elle m’en a parlé souvent, peut-être qu’elle en a parlé souvent sur son blogue, je ne pourrais pas dire exactement. Mais je sais que quand je pense Caloon, je pense Laguë.

Et j’ai en tête qu’elle me dit que c’est un gros band de party, Canailles-style, qui génère de l’euphorie et du bonheur et de la joie de vivre. Et donc, arrivé au Pub Molson M (avec un gros M contenant du liquide jaune pétillant en background, j’dois admettre que je trouve ça un peu intense, comme si la scène Vidéotron avait un gros terminal Illico en arrière), je n’ai pu faire autrement que d’être déçu. Pas que les tounes étaient mauvaises, ni que les membres du band manquaient d’énergie. En plus, y’avait du kazoo et de la planche à laver, deux des instruments les plus négligés ever, qui me rendent automatiquement heureux. Mais là, je sais pas, on dirait que ça tombait à plat. Ou pas nécessairement à plat, mais que ça ne levait pas comme je m’attendais, disons. Alors j’ai été un peu déçu, oui. Je voulais de la fête, et j’ai eu un show correct.

Anne, justement, m’avait invité à la rejoindre à la Taverne Jarry pour watcher la game. Je ne voulais pas manquer Caloon, vu que je ne les avais jamais vus (et que je devais me rattraper pour 2 jours de Francos manqués presque totalement), alors j’ai dit que j’irais maybe (Watson) la rejoindre après Caloon, mais avant Malajube.

Finalement, en bonne compagnie, je me suis laissé traîner jusqu’à Été 67, qui était mon plan A au départ, jusqu’à ce qu’Anne m’invite à la taverne. J’y suis allé un peu à reculons, un peu pour passer plus de temps avec mes potes, mais finalement, j’ai été rien de moins que séduit.

C’est un peu une esthétique chez moi que d’aller voir des shows sans connaître les bands. Je ne fais pas nécessairement exprès, ce n’est pas de la paresse, mais depuis que j’ai vu Pink Floyd sans rien y connaître en 1994, on dirait que j’assume que ça peut créer des belles choses.

Bref: ne sachant rien de rien sur ce à quoi je devais m’attendre, je me suis pris au jeu de ce groupe typiquement européen (il suffisait de voir le look du guitariste pour s’en convaincre) et j’ai passé une heure carrément sous leur emprise. C’est pas qu’ils avaient un charisme hors-norme, ça non. C’est pas non plus qu’ils sont terriblement bons musiciens, on a vu techniquement mieux. Mais, je ne sais pas, quelque chose passait, un courant, une idée, oui, une émotion, voilà.

Par exemple, quand ils ont commencé leur chanson Crime passionnel, qui détaille un meurtre comme vous pouvez l’imaginer, lectorat perspicace que j’aime, et qu’ils ont demandé à la foule de taper des mains, j’ai failli dire que ça avait pas beaucoup de classe (ce qui, objectivement, n’est pas trop dans le champ, admettez), mais je me suis retenu, parce que la toune m’a fait vibrer. Vraiment.

Bon, je garde certaines réserves envers un band qui utilise (sans vergogne!) une flûte traversière, je pensais que c’était illégal depuis environ 1986, mais hein, y’a pire. Comme Ale Dee, que j’ai vu en partant de Lila Dit Ça l’autre jour, et qui avait 4 danseuses avec des t-shirts bédaine avec des numéros écrits dessus (clairement au sharpie cheap, mais se voulant rappeler des numéros de jerseys sportifs) et un guitariste à la Kevin Rudolf, bienvenue au Beach Club. Une petite flûte traversière, bon, c’est pas glorieux, on peut dire qu’on préférerait qu’elle ne soit pas là, mais c’est toujours moins pire qu’un guitariste avec une casquette-tuque pis des poupounes en t-shirts homemade style Canadiens dans un show de rap.

Mais, à date, Été 67 reste le band qui m’aura le plus surpris des Francos. Sur album, je n’ai absolument aucune idée de ce que ça donne (Oliviande semble peu convaincu), mais ceux qui les verront en première partie de Catherine Ringer ce soir seront gâtés, garanti.

Parenthèse namedrop, j’étais en train de jaser avec un des programmateurs du festival quand une demoiselle est venue lui demander s’il avait dix piastres, parce que la fille en question avait juste un vieux 10 à moitié déchiré, et que « ça se fait pas, donner ça à Catherine Ringer pour son per diem ». J’ai donc, gentleman que je suis, sorti deux cinq de ma poche, et en échange pour un dix tout décrépit, permis à madame Mitsouko de profiter de sa soirée, j’imagine, en tous cas, Catherine Ringer a mon dix piastres. Voilà.

Après ça, c’était l’heure de se préparer pour Malajube, le show le moins secret du festival.

Vous le savez, je suis un sucker pour les shows de Malajube, je pense que je les ai tous vus depuis au moins les cinq dernières années. En tous cas, tous ceux qui avaient lieu à Montréal.

Le show du lancement de la Caverne était quelque chose. Le show secret de la fête de Dare To Care était moyen. C’est inégal, Malajube, en show. Ça dépend.

Hier soir, boys and girls, si vous étiez ailleurs qu’à l’Astral, vous avez manqué un hostie de bon concert de rock. Leur meilleur depuis longtemps. Les gars étaient en forme, la setlist était parfaite, la musique était tout simplement prête à entrer par les oreilles, assaillir le cerveau et faire de toi sa bitch.

Tu vois à travers moi

Tu vois à travers moi

Littéralement, un show parfait.

J’en reviens pas encore. Les jams ont duré juste assez longtemps, la folie s’est pas étiré à en devenir plate ou dérangeante, les hits n’ont pas pris le dessus sur l’oeuvre, la profonde, inhérente beauté de Malajube s’est déployée en tous sens pour faire de ce concert une expérience mémorable en tous points.

À la fin, j’exagère pas:

Je. Suis. Sans. Mot.
13 June, 2011 11:36 pm via Twitter for AndroidReplyRetweetFavorite
@ericsamson
Eric Samson

C’était de même.

On a fini par se ramasser au Shag, où c’était la soirée Dare To Care, avec Alex Ortiz de We Are Wolves (que j’ai manqué), Jimmy Hunt et Team Panache aux platines. Une soirée où la musique a résonné plus que d’habitude, peut-être parce que j’étais dans ce mood-là aussi, mais en tous cas.

Une ben belle veillée.

Aujourd’hui c’est la fête à Maman Samson, alors je risque d’arriver pas mal flush pour Sunny Duval, et ce sera mon seul show. On verra.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé francos

Post-Rigodon, poutine et un presque-finger: Francos jours 1 (suite et fin), 2 et pas 3

juin13
2011
1 Commentaire Par Éric Samson

Mea culpa, je n’ai pas été un très bon festivalier ce weekend. (Ni un très bon blogueur, comme vous voyez.)

Je résume, tout de même, parce que c’est ce que j’ai dit que j’allais faire. Et que je suis un homme de parole, moi.

Alaclair Ensemble, le « post-rigodon du Bas-Canada ». Une joyeuse bande qui ownent la scène, comme fou. Je pense que pour avoir plus de fun sur une scène gratuite dans un festival, ça prend une dérogation spéciale.

C’est vraiment ça que j’en retiens. Bon, il était un peu tard, j’ai rencontré trop de gens au show pour vraiment porter attention à tout ce qui se passait devant moi. Il me reste des flashes: commencer avec le Ô Canada version Alaclair, Maybe Watson qui fait Peau de Serpent (avec ce qui restera toujours une des lignes les plus romantiques de l’histoire du rap, « Y’a beaucoup de femmes dans ma vie mais y’a juste une place sur mon bike » non mais avouez, mesdemoiselles, que votre coeur fond comme une motte de beurre dans une poêle), entendre quelqu’un qui dit « on dirait une parodie de Loco Locass » et trouver ça un peu harsh, vraiment.

(Je pense que ça tient à la technique que j’appelle, même si elle a certainement un autre nom que je ne connais pas, « le rap Beastie BOYS« , soit finir sa phrase avec un mot que tout le monde dit enSEMBLE, et c’est comme ça que ça fait du PUNCH. J’ai déjà passé une semaine à parler comme ça avec Anne Laguë, c’est fort divertissant, vous essaierez pour voir. En tous cas, c’est plus drôle que de parler en Omnikrom c’est à dire en changeant d’intonation toutes les syllabes, faire ça dans la vraie vie, ça finit par gosser les gens, je vous en passe un papier.)

Aussi, c’était visiblement le 10 juin 2011, journée internationale des reprises. Après en avoir entendu quelques unes qui étaient, disons, moyennes (Orange Orange et J’ai vu de Niagara, et la susmentionnée Tandem par Marie-Mai et Lulu Hughes), ça a fait du bien de voir un cover qui en valait la peine. Et ton coeur d’enfant n’a pas le choix de sauter un peu quand un crou de 8 jeunes gensses ressortent leur sharp à l’os pour te faire la chanson-thème de Watatatow. Tsé, complètement débile.

Le mythe fondateur de l’appréciation du rap au Québec pour la génération 25-32.

Ou j’y connais rien. Possible également.

Bref, du ben gros plaisir joual-style et un album gratis que tu devrais avoir dans ton mp3 lecteur pour les jours où tu veux swagger avec la vie.

Direction le Montreal Pool Room pour refaire le plein de carbs avec possibilement la 2e meilleure poutine en ville, et c’est le Shag qui nous attend avec le DJ set de Seba. Du Claude François en masse, et la seule fois (je pense, ever, dans l’Histoire avec un h majuscule) où on danse sur du Britney Spears aux Francos. La foule commence à être un peu too much, c’est pas mal tassé. Je vais aux toilettes sans penser que l’autre bord de la porte c’est Loco Locass qui n’a pas encore fini, j’arrive à temps pour Libérez-nous des libéraux, aka la chanson à message qui a le moins fonctionné ever, et je prends quand même ce cliché où une silhouette de main a une force symbolique quelque chose qu’on croirait être un finger mais qui n’en est pas un, finalement.

Libérez-nous du doigt

Libérez-nous du doigt

Et se rendre compte que malgré ce que j’ai overheard plus tôt, c’est pas mal plus Loco Locass qui font une parodie d’Alaclair, ces temps-ci. Le petit speech anti-Charest au début de la toune, je sais pas combien de fois ils ont dû le dire, sérieux, mais il serait peut-être temps de passer à autre chose. Et quand je dis « autre chose », je ne veux certainement pas parler d’une toune contre le suicide avec des violons dark et un clip dans un gymnase avec des hoodies.

Anyways. Après ça je suis rentré, parce qu’il faisait chaud, humide et tassé dans le petit Shag.

Le lendemain, j’ai dû choker presque tout pour cause de party de fête d’une amie, mais j’ai quand même eu la présence d’esprit d’aller voir Lila Dit Ça, et j’ai trouvé ça ben ben swell. J’arrive toujours pas à saisir exactement ce qui fait que j’les aime ben, eux autres, parce qu’objectivement c’est pas tant spécial, faut se le dire. C’est du montreal-indie comme beaucoup d’autres en font, mais je sais pas, ils ont un petit quelque chose que j’apprécie, alors on se pose pas trop de questions et on se laisse embarquer. (Mention spéciale au chanteur pour son look Noel Gallagher circa 1998.)

Par contre, jour 3, j’ai rien vu de rien rien. Resté emmitoufflé dans les couvertes à regarder le Grand Prix qui a duré quatre heures (et qui a donné la meilleure course de la saison, Amir Khadir be damned). Pris l’excuse de la météo pour me déculpabiliser, mais la vérité vraie c’est qu’à part Géraldine, y’avait pas grand chose qui m’intéressait, alors j’ai décidé d’être économe de l’Opus et de ne pas bouger.

Ce soir, par contre, je me rattrape: Caloon Saloon, Été 67, et la « surprise » (j’ai envie de mettre des plus gros guillemets que ça, tout le monde le savait, franchement) de Malajube à l’Astral. Peut-être un tour au Shag après pour la soirée Dare To Care, j’ai bien hâte de voir ce que Carl-Éric Hudon va nous sortir de sa caisse de vinyles.

Je vous tweete ça live, aussi, hein. Si vous n’en pouvez plus d’attendre mes oh-so-pertinents comptes-rendus, c’est par ici pour le en-direct.

Une petite annonce en finissant: CISM est toujours en direct du site des Francos entre 16h et 19h, alors si vous voulez voir des gens faire de la bonne radio en direct, c’est le moment. En tous cas, la Swompe va être là jeudi, avec des entrevues et des prestations et nos gueules de gagnants.

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé francos

Francos jour 1 partie 1

juin10
2011
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Bon, c’est pas tout, la fine analyse, hein. Des fois, il se passe des affaires, faque on en parle.

Jour 1 des Francofolies aujourd’hui.

(Marjo et ses hommes, hier, ça compte pas.)

Premièrement, je dois féliciter la STM qui m’a permis de partir de Villeray et d’arriver au centre-ville en à peine une heure, après vingt minutes d’attente de la 55 et un métro (I gave up) qui arrête quatre minutes à chaque station. Great stuff, guys. À cause de vous, j’ai manqué Mixmania.

Salle de presse, vin blanc. Rencontrer Oliviande et Vincenot, le directeur de la programmation de CISM qui bronze en habitant en gérant la prog live de la station sur le site du festival.

Se rendre au show de Gabbo. Entendre des trucs fou, comme « Moi j’parle plus d’un Mowgli qui construit une ville avec son sperme mutant » et « tu pourrais vendre d’la glace au pôle Nord, moi j’pourrais vendre d’la glace à d’la glace« . Voir l’Étiquette derrière les platines et qui donne du PFK au monde dans la première rangée pendant Billy Mitchell qui mange un Double Down et qui laisse le baril spinner à 33-et-un-tiers tours par minute sur sa table tournante. Gabbo qui droppe Backstage, on espère voir Jean Bart arriver sur scène, mais non, Jesuis gère ça tout seul comme un chef.

Quelques tounes de son solo plus tard (dont une chanson de « rap chrétien québécois » que Gabbo introduit en notant que « personne a pardonné à Zaché comme Jésus, mais si Jésus peut le faire, tout le monde peut le faire! » ce qui est somme toute formidable), les notes de Brille Brille commencent. Ceux qui me connaissent savent que, avec Achète-moi, c’est ma chanson préférée d’Omnikrom. Et hop, ça défonce, évidemment…. et voilà que Jean Bart arrive sur scène. Folie. Même NSD se peuvent pus.

NSD sur Brille Brille

Maître J et Jeune Chilly Chill se laissent aller

 

Jean Bart reste pour quelques tounes, incluant un Prends une photo avec moi version Matos, et hop, on finit le show avec l’homonyme Je suis Gabbo et ses lignes grandioses comme « J’arrive sur scène debout sur un bison / Pis ce bison-là est debout sur un autre bison ».

Fou. Finalement, en live, ça a pas mal plus de bon sens qu’en mp3, pour vrai.

Retour dans la salle de presse au moment où Marie-Mai embarque sur scène. Je réussis quand même à l’entendre faire un duo avec Lulu Hughes en reprise de Tandem de Vanessa Paradis et je prie bébé Jésus pour que plus jamais quelque chose comme ça ne se reproduise. J’ai aussi pris une belle photo de Marie-Mai et du truck à tacos Grubman.

Direction: Alaclair Ensemble et Séba en DJ set au Shag.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé francos

Le livre comme tel

avr23
2011
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Aujourd’hui, l’UNESCO nous invite à célébrer la « journée mondiale du livre et du droit d’auteur ». Le sombre idiot qui a eu l’idée de fêter en même temps un objet d’art et un concept économique désuet devrait être fusillé, sans attendre.

Le copyright est agonisant, et c’est une bonne chose. Je ne reprendrai pas ici le débat sur le piratage, je l’ai déjà fait ailleurs, de toute manière, et si quelqu’un me sort encore « comment les artistes vont faire pour vivre s’ils ne sont pas payés pour leur contenu » et « le piratage c’est du vol », je pense que je me défenestre. Allez lire ce qu’en dit Francis Ford Coppola, mais de grâce ne portez pas attention à l’analyse idiote de l’auteure de l’article, qui commet encore une fois les mêmes erreurs élémentaires de ne pas faire la différence entre « faire payer le consommateur » et « faire vivre les artistes ».

Excusez si je me choque, mais j’en ai marre.

Quand les studios de cinéma se sont rendus compte que les gens pouvaient de plus en plus facilement reproduire l’expérience « aller voir un film » chez eux, gratuitement, il y en a qui ont paniqué et qui se sont mis à poursuivre les gens qui téléchargeaient des films sur BitTorrent, et il y en a d’autres qui ont décidé de rendre l’expérience irreproductible. Ça nous a donné une trâllée de films en 3D, par exemple, dont quelques uns valaient la peine (et d’autres, non.) Pour voir un film en 3D, il fallait obligatoirement aller au cinéma: aucun moyen de faire ça à la maison. Au lieu de tordre le bras et de dire « méchant téléchargeur », on a trouvé un moyen d’ajouter de la valeur au cinéma, et les gens ont répondu en masse.

En musique, c’est à peu près la même chose; certains ont compris qu’il vallait mieux donner sa musique enregistrée, pour attirer des gens aux concerts (une expérience irreproductible, donc incopiable et impossible à pirater, à moins de falsifier des billets de show).

La littérature, malheureusement, peine à se trouver une déclinaison unique et distinctive; ce n’est pas un art performatif (sauf dans le cas des conteurs ou du théâtre, mais on sait déjà que les seuls gens qui achètent des textes de théâtre sont les étudiants et les dramaturges, à peu d’exceptions), il est donc difficile de justifier « donner le contenu » pour vendre autre chose.

L’arrivée des livres électroniques pose donc un nouveau problème; il est difficile de reproduire un livre « classique » au complet: numériser chacune des pages, bla bla, ça n’avance personne. Et photocopier un livre, ça va finir par coûter plus cher que l’acheter.

Mais un livre numérique, ça, c’est pas mal moins ardu.

Les grandes maisons d’édition ont compris ça tout de travers: par exemple, lorsque l’on tente « d’emprunter » un ebook à la BAnQ, il se peut que le PDF ait déjà été emprunté par quelqu’un, auquel cas on devra attendre qu’il ait fini de le lire. C’est évidemment d’un ridicule profond: alors que justement la numérisation des oeuvres permet d’en effectuer des copies infinies à un coût tellement minime qu’on peut le considérer comme inexistant, on simule la seule caractéristique désagréable d’un livre-papier (quand tu le prêtes, tu ne l’as plus à toi) en faisant semblant qu’on n’a qu’un seul PDF et qu’une fois qu’il est « emprunté », il n’est plus disponible. On crée artificiellement de la rareté, on cadenasse le contenu, on prive le lecteur potentiel, sans justification aucune. Fin de la parenthèse.

Quoi faire, donc, devant cette apparente brèche dans le système de l’industrie éditoriale? Admettre la défaite?

Non. Simplement, réaliser qu’il y a de la valeur dans l’objet-livre. Intrinsèquement.

C’est un peu ce que font les Éditions du Seuil, avec leur campagne pour promouvoir leurs nouveaux livres de poche.

Vous voyez comment, derrière une simple parodie des pubs de iPad, se cache une mise en valeur du livre en soi, du livre comme objet qui n’a pas besoin d’upgrade, qui remplit mieux sa mission qu’un quelconque autre bidule.

Le codex comme irremplaçable.

Et drêt là, quand les éditeurs croient avoir déjà trouvé une solution… c’est alors qu’interviennent les auteurs.

Parce que c’est bien beau, tout ça, cette belle idée éditoriale de mettre en vedette le livre imprimé et relié comme étant imperfectible et donc irremplaçable, mais il reste que le créateur va toujours chercher à jouer avec son shit pour rendre les choses un peu plus compliquées et donner de la job aux gens comme moi qui ont étudié spécifiquement pour être capables de les comprendre et de replacer leurs lubies créatrices dans un espèce de grand schéma fondateur de quelque chose.

Le premier véritable exemple que j’ai eu d’un livre qui se considérait lui-même comme livre et qui agissait en conséquence, c’est House of Leaves de Mark Z Danielewsky. Si vous vous ramassez dans une librairie anglophone quelconque, les chances sont bonnes que vous tombiez sur House. C’est un peu devenu un roman-culte.

Voilà un livre qui assume pleinement sa forme, qui crée par sa propre lecture une angoisse profonde chez le lecteur, le caractère ergodique faisant de la lecture elle-même une opération créatrice.

Je vous insère ici, gracieuseté de Greg Hickman sur Flickr, quelques images qui vous donneront une idée de l’expérience que peut être la lecture de House of Leaves.

Close-up of Detail of House of Leaveset

Pages 140-141 of House of Leaves
et
Pages 204-205 of House of Leaves
et
Pages 432-433 of House of Leaves
et encore
Pages 464-465 of House of Leaves

Un autre livre-roman qui m’a foutu la peur du saint feu de Dieu, c’est Tree of Codes de Jonathan Safran Foer. J’imagine que la proximité des titres entre Tree of Codes et House of Leaves n’est pas fortuite.

Foer a décidé de prendre son livre préféré, Crocodile Streets de Bruno Schulz, un recueil de nouvelles hongrois plutôt obscur, et a écrit son histoire à l’intérieur même de ce livre.

Comment on fait pour écrire une histoire dans un autre livre? C’est simple: on coupe les bouts qui ne nous intéressent pas.

Le résultat est saisissant.

La première vision qu'on a de Tree of Codes

La première vision qu'on a de Tree of Codes

Eh oui.

Il a découpé dans son livre favori, pour enlever tout ce qui ne faisait pas partie de son histoire.

Vue de près

Vue de près

Il a découpé. Chaque page. Pour ne garder que ce qui faisait, d’un recueil de plusieurs nouveles disparates, une histoire simple, concrète, directe: le récit de la dernière journée d’une vie.

Une vie pleine de trous, une vie comme toutes les nôtres: avec des longs pans où il ne se passe rien. Sauf que chez Foer, là, ben… on le voit. Le texte a plus que des blancs: il a des trous, littéralement.

Les trous

Les trous

Voici un livre qui n’est rien sans papier, qui n’est rien de plus qu’une nouvelle overpriced de moins de 50 pages, si on la transcrit sur iPad.

Voici quelque chose qui justifie l’imprimé.

Voici, peut-être, quelque chose comme un des avenirs du livre.

Et ça, y’a pas besoin de droit d’auteur pour le « protéger » .

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature - Libellé éditorial, choqué, culture, fuck you, gratis, internet, littérature, Livres, méta, on veut ton bien, Tragédie

N’écrivez pas de livres

mar21
2011
16 Commentaires Par Éric Samson

Je ne cacherai pas que c’est Patrick Dion qui m’a mis le feu au culturel, tantôt.

Sur BangBang, il y a deux semaines, il étalait ses « revenus d’auteur ». Aujourd’hui, il en rajoute sur son blogue personnel (donc, celui pour lequel il n’est pas payé) avec son billet « Foutu (sic) littérature » .

Il y a un mois, la blogueuse écolo Cécile Gladel, auteure d’un livre publié aux Intouchables, L’écolo écono, montrait « fièrement » une photo de son chèque de droits d’auteurs pour l’année 2009-2010.  Elle avait reçu $48 et quelques, pour un livre paru deux ans auparavant.

Dion, lui, a reçu mille-quatre-cent-quelques piastres, en un an.

Les deux prennent ostensiblement, pour leur billet, la posture de vouloir « éduquer le public ». Le titre du billet de Gladel était « Vous pensiez que les auteurs étaient riches? » et Dion va carrément dans le mépris du public en disant des choses comme « la vision du bon peuple est biaisée » (le bon peuple? vraiment?) et autres trucs du genre.

Bon.

On va arrêter de niaiser.

(Crédit photo: Stephan Geyer sur Flickr)

(Crédit photo: Stephan Geyer sur Flickr)

Tout le monde le sait, que faire de l’art, au Québec, c’est pas payant. La campagne anti-piratage de l’ADISQ de 2004, avec Stefie Shock, Dumas et les autres, commençait déjà à répandre la Bonne Nouvelle au Bon Peuple. Quand on a vu Gil Courtemanche faire un tollé pour un prix de $10 000, cet automne, et qu’on a déploré que « plusieurs des autres auteurs en lice ne pouvaient pas se permettre de laisser passer un tel montant », c’était déjà sous-entendu. Philippe Renault de Rue Frontenac a fait un super topo sur les side-lines des artistes d’ici et André Péloquin avait déjà parlé du phénomène en 2008.

Tout le monde le sait, que les artistes ne roulent pas sur l’or. L’état de la littérature au Québec est déjà bien connu, alors on m’excusera de ne pas considérer comme éducatif de montrer ses chèques de paye au grand jour, pour « dénoncer une situation » qui est connue de tous.

Surtout si, comme Dion, on s’en sert pour dénoncer le projet de loi C-32 qui prévoit une réforme des droits d’auteur. Personnellement, mon avis est que C-32 ne fait que créer mille problèmes en institutionnalisant des aberrations de l’ère pré-numérique et qu’on est mûrs pour repenser en profondeur le concept même de droit d’auteur.

Je suis bien d’accord avec Dion quand il déplore le peu de place qu’on laisse à la littérature dans la sphère médiatique québécoise. C’est un autre débat, que je me prévois bien entreprendre ici un jour.

Mais quand on nous sort des phrases comme

j’ai été rémunéré 2,44$ de l’heure pour écrire ce bouquin, soit quatre fois moins que le salaire minimum (pd:bb)

Mais tant d’efforts pour si peu de résultats? Est-ce que tout ça valait la peine? (pd.ca)

Quand on compte les heures de recherche, les heures pour écrire, les heures de promotion (on n’est pas payée quand on fait des entrevues lors de la sortie d’un livre), les heures dans les salon du livre ( pas payée non plus), il ne faut pas faire le calcul du taux horaire sinon on déprime. (cg)

c’est là que je décroche.

Vous savez combien ça nous paye, par année, animer à CISM? 0$. Oui, bon peuple, tout ce travail, tout cet effort, pour rien. Attendez, je formule différemment. On n’est pas payés quand on fait de la lecture pour critiquer des livres qu’on achète souvent nous-mêmes, on n’est pas payés quand on fait de la promo pour l’émission, on n’est pas payés quand on va voir des films, des pièces de théâtre ou des shows, on n’est pas payés pour écrire nos topos, on n’est pas payés pour faire la recherche musicale de l’émission, on n’est pas payés pour animer, on n’est pas payés pour faire la mise en ondes. Il ne faut pas faire le calcul du nombre d’heures qu’on passe annuellement sur un show comme La Swompe, sinon on se trouve vraiment cons. Surtout si on regarde son compte en banque après.

Vous me répondrez que je le savais, en arrivant à CISM, que je ferais pas une cenne. Ben, exactement. Et toi, Patrick, et toi, Cécile, et toi aussi, auteur X, viens pas me dire que tu pensais payer ton hypothèque avec ton livre?

À part quelques chanceux, les auteurs n’ont jamais vécu de leur plume. Baudelaire ne vivait pas de sa poésie, Rimbaud est devenu marchand d’armes, Balzac est mort pauvre comme Job, James Joyce avait un couple de mécènes qui l’hébergeaient et le nourrisaient pendant qu’il écrivait Finnegan’s Wake à Paris. Tout ceci n’est pas nouveau.

J’ai parlé un peu de la situation d’auteur avec mon ami Gautier Langevin, président de Promo 9e Art, un OSBL qui fait la promotion de la bande dessinée au Québec.

On parle toujours de chiffre de ventes, mais on oublie tous les à-côté qui viennent avec: per diem, crédits d’impôts, subventions, ventes de droits, prêts publics, conférence, entrevues etc. Y’a moyen de bien vivre, mais il faut que tu sois à tes affaires. Comme n’importe quel travailleur autonome.  Évidemment, plus d’aide du gouvernement ne pourrait pas faire de mal, mais de là à dire qu’on crève de faim en tant qu’auteur, il y a tout un fossé.

Ne croyez pas que le roman graphique est un genre plus commercial que le roman tout-court, au Québec. Pourtant, plusieurs bédéistes vivent de leur art. Comment? Ils font de l’illustration freelance, ils s’arrangent. Ils travaillent dur, mais ils y arrivent.

Tout comme Patrick Dion qui travaille aussi à Vlog et un peu partout, tout comme Cécile Gladel qui travaille à RueMasson.com et fait du freelance.

Et pareil pour des gens comme Mathieu Beauséjour, qui a transformé son émission à CISM en contrats de DJ à la Rockette, à l’Esco et ailleurs. Et là je ne parle même pas d’MC Gilles, qui est quasiment partout.

Je m’en veux un peu de revenir sur ça, encore, parce que c’est un exemple tellement souvent utilisé qu’on en vient à ne même plus y penser, mais Misteur Valaire font $2,61 par album (et même moins; ce chiffre est le montant payé par le consommateur, avant d’avoir payé le gérant etc) et réussissent quand même à plutôt bien gagner leur vie. Comment? Comme le disait Pierre B Gourde à Péloquin l’été passé, « Il suffit d’utiliser une stratégie efficace » . Évidemment, si MV sortait son album et attendait le chèque, on verrait probablement Luis au Couche-Tard assez vite.

C’est pareil pour les auteurs. Pourquoi pensez-vous que les auteurs font des conférences, des tables rondes, des colloques? Quand on entend Stanley Péan (qui a été président de l’UNEQ, l’Union des écrivaines et écrivains québécois de 2004 à 2010) à son émisison radio d’Espace Musique, est-ce qu’on doit penser qu’il ne serait pas là si ses livres se vendaient davantage? Peut-être est-ce le cas, peut-être pas. Je n’en sais rien. Mais je me doute bien qu’il ne serait probablement pas là s’il n’était pas un auteur avec un nom au moins un peu connu. (Si je me fie aux autres animateurs d’Espace Musique, on va souvent chercher des « personnalités »; cela dit, je ne doute pas qu’ils soient tout de même compétents dans leur créneau.)

Finalement, est-ce qu’écrire un roman, au Québec, c’est payant?

La réponse, c’est « ça dépend ce que tu fais avec, après ».

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature - Libellé choqué, cism, colère, crise économique, culture, financement, littérature, Livres, on veut ton bien

20 ans de CISM

mar17
2011
3 Commentaires Par Éric Samson

(Si vous vouliez un titre contenant un jeu de mots avec marge, comme « Mange de la marge » ou « La marge à suivre », ben, désolé.)

Lundi, c’était le 20e anniversaire de l’arrivée de CISM sur la bande FM. Pour l’occasion, les gens de la station avaient organisé une bien belle expo photos avec des images du passé et tout.

Ils avaient aussi invité Navet Confit, Carl-Éric Hudon et Lydia Champagne pour nous faire un show unique qui reprenait des pièces marquantes des 20 dernières années à CISM. Et laissez-moi vous dire qu’entendre Carl-Éric chanter Les Vautours ( « tête de mort, tête de mort avec du feu » ) ou Hawaïenne, c’est une expérience assez mémorable. Navet et son Jus de citron aussi.

20 ans de CISM 89.3 FM from UNIVERSITV.TV on Vimeo.

Et les expériences mémorables, c’est ce qui fait que je reste, encore et toujours, à CISM.

On n’a qu’à penser à l’autre événement du début du 20e,  le show de Hudon/Placard. En parlant avec Martin Roussy, on a convenu que ce concert-là s’est ramassé tout de suite dans notre top-10 des shows de tous les temps; Relaxe était carrément magique, Hudon qui interprète pour la première fois Douce canaille, tu me manques et Nous étions jeunes en public, la toujours merveilleuse Lanternes chinoises ou l’émouvante Western-country… sans compter les chansons solo-unplugged en rappel (respectivement Ta tête sur mon épaule et Raccourci)… formidable.

Je me souviens encore de mon animation à la « session live » de Karkwa, un peu avant le lancement du Volume du vent. Comment ne pas se sentir incroyablement privilégié de voir un des groupes à l’époque les plus importants de la scène émergente qui te fait un show juste pour toi. Je garderai aussi toujours en mémoire mes entrevues avec Girl Talk (Osheaga 2009) et avec Tao Lin (lancement de Richard Yates). Pour moi, c’étaient de très, très grands moments.

On a beaucoup parlé des talents qui sont sortis de CISM, un peu comme on parle des artistes que CISM a lancés et qui sont devenus mainstream, comme si la carrière des Anne-Marie Withenshaw, Patrice Roy, Marie Plourde et autres était symétrique, ou parallèle, à celle des Trois Accords, de Karkwa ou de Malajube. Cassivi a même parlé des « maladresses des animateurs ». Mais on a peu parlé des grands, grands talents radiophoniues qui sont là, maintenant, et dont l’écoute rigoureuse est, pour moi, essentielle. Je suis honoré de les compter parmi mes collègues, et de pouvoir les considérer comme des amis. Anne Laguë, Claudia Boutin, Mélissa Maya Falkenberg, MC Gilles, Martin Roussy, entre autres, sont selon moi des incontournables majeurs. Il y en a une bonne centaine d’autres, bons animateurs, sur le 89,3. Je ne pourrais pas tous les nommer.

Mais c’est ça, pour moi, CISM. Des moments et des gens inoubliables.

Et d’en faire partie est un privilège incroyable.

(Je suis d’ailleurs tombé sur cet article de 2008 de Party Ben, le fondateur de la scène mashups de San Francisco. Je ne l’avais jamais vu, mais il semble avoir bien aimé la défunte Sur le pouce de Catherine Valois.)

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans cism - Libellé cism, crissement sweet, La Swompe, médias, méta, musique, musique que t'aime, soirée de fête, souvenirs

Po-mo à gogo

mar07
2011
1 Commentaire Par Éric Samson

Je suis encore essoufflé de mon billet-marathon d’hier, alors je serai bref.

Je parlais il y a quelques jours de la disparition éventuelle du concept de « littérature » dans un monde où on est rendus à encourager les jeunes à lire leurs instructions sur une boîte de soupe en leur disant que ça fait d’eux des lecteurs.

Pourquoi penser?

Tiré de Pourquoi penser?, de Samuel Mercier

 

Évidemment, tout ça pue le postmodernisme à plein nez; tout se vaut, il n’y a plus de haute et de basse culture, etc etc.

J’ai même eu en commentaire (en privé) une amie qui me disait que

D’après moi, la littérature est peut-être morte quelque part entre American Psycho et The Real World.

Justement, j’ai noté ces jours-ci quelques trucs qui tendent à faire plaisir à l’amateur de postmodernisme en moi.

Premièrement, notre Père à tous, Bret Easton Ellis, a publié dans le Playboy de janvier un magnifique article sur Jersey Shore. Heureusement, parce que plus personne ne lit Playboy, Random House ont mis l’article sur le web, et heureusement, parce qu’il y a des gens qui travaillent, ils l’ont mis sur leur propre site plutôt que sur playboy.com…

Ce n’est pas le premier à écrire des articles « savants » sur Jersey Shore: Gawker analysent la série depuis avant même la diffusion du premier épisode du plus grand guilty-pleasure au monde… mais Ellis le fait avec le flair qui lui est propre, et n’en déplaise au souvent brillant Brian Moylan de Gawker… dude, t’es pas un Ellis.

À noter: Ellis a aussi publié ce tweet qui me fait trépigner d’anticipation:

I'm in the middle of writing about Charlie Sheen for next week's The Daily Beast: 3000 words and I'm not using the term #tigerblood once...
5 March, 2011 4:57 am via webReplyRetweetFavorite
@BretEastonEllis
Bret Easton Ellis

 

Par ailleurs, et j’aurais bien de la difficulté à vous expliquer pourquoi (il est mort en 2008), il semble récemment y avoir une vague d’intérêt pour David Foster Wallace, et surtout pour ses essais sur des sujets typiquement non-littéraires. J’en ai vu pas mal passer sur Facebook depuis, mettons, deux semaines. Juste hier soir, par exemple, quelqu’un a envoyé ça sur son wall: le discours prononcé par DFW au Kenyon College en Ohio. De la pure magie, même s’il passe plus de temps à parler d’aller à l’épicerie qu’autre chose.

Ces deux grands auteurs génèrent du sens, découvrent de la profondeur dans quelque chose qui, ostensiblement, n’en a pas. C’est là l’essence de leur génie.

Inversement, j’ai cliqué (justement, dans un billet must-read de Moylan sur Gawker) sur un lien qui m’a amené à cette folle histoire d’un groupe pop japonais, Kishidan, dont les membres sont apparus sur MTV-Japan habillés, au fond, en bande de SS.

Kishida à MTV

Ouain. (photo: The Guardian)

Bon, oui c’est de mauvais goût, évidemment, ça se fait pas, bon, on va pas s’ostiner là-dessus: se déguiser en nazi, c’est mal.

Mais là où je veux en venir, c’est que dans la controverse post-entrevue, le porte-parole de Sony (leur label) a déclaré que le costume des gars de Kishidan

was not meant to carry any ideological meaning whatsoever.

Ce qui me saisit dans tout ça, c’est que ces pop-stars vont totalement dans la direction opposée à celle des deux auteurs dont je viens de parler: ils prennent l’événement qui a probablement eu le plus grand impact sur le XXe siècle et le purgent complètement de toute signification.

Quand Jersey Shore devient la prémisse d’un des plus grands auteurs américains contemporains et que le nazisme devient un choix esthétique « sans portée idéologique aucune », je pense qu’on est rendu à quelque chose qui ressemble à la fin de quelque chose.

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans éditorial - Libellé culture, David Foster Wallace, dégénéré, littérature, Livres, médias, pomo

Une fois pour toutes: L’épopée Sheen

mar06
2011
7 Commentaires Par Éric Samson

Ça fait une bonne dizaine de fois que je me fais demander ce qui se passe avec Charlie Sheen.

C’est un peu surprenant, en effet, pour quelqu’un qui n’est pas au courant, de voir que tout d’un coup Sheen a perdu sa job et fait des entrevues débiles à la télé où il parle de « Vatican Assassin Warlocks ».

Dans des cas comme ça, j’essaie de trouver un site où on recoupe toutes les infos et on les présente en format timeline ou autre. Mais voilà, dans ce cas-ci, rien. C’est vraiment surprenant, mais il n’y a aucun endroit où on retrouve toutes les informations sur le sujet.

La Swompe vole donc à la rescousse. Voici:

What The Fuck Happened to Charlie Sheen.

Pas (trop) de jugement, pas d’éditorial, pas de réflexion; juste l’historique, au mieux de mes recherches des 48 dernières heures, du breakdown le plus médiatisé depuis longtemps.

On va commencer le retour dans le temps en 2010, parce que sinon ça va vraiment prendre mille ans à tout raconter.

Février 2010: Charlie entre en désintox (cocaïne, crack, alcool). La série à succès Two and a half men est compromise. Charlie en est l’acteur principal, il gagne entre 1 et 1,5 millions par épisode (la série fait vingt-quelques épisodes par année, faites le calcul). Son entrée en cure de désintox est volontaire, mais pas innocente: il venait de se faire officiellement accuser de voies de faits sur sa femme, Brooke Mueller, incident qui se serait produit le jour de Noël 2009.

Mai 2010: Sorti de cure, Sheen signe un contrat pour les deux prochaines années de Men, faisant de lui l’acteur le mieux payé de l’histoire de la télévision avec un cachet de que différentes sources situent entre 1,25M$ et 1,8M$ par épisode.

Août 2010: Sheen plaide coupable. Il doit passer 30 jours en désintox. La saison 8 de Men peut se remettre en branle.

Octobre 2010: Sheen part en vacances à New York avec sa famille (sa femme et ses deux jumeaux). Étrangement, il passe une veillée avec des porn stars et se fait arrêter pour « avoir troublé la paix », après avoir causé pour $7000 de dommages dans sa chambre d’hôtel. Apparemment qu’il avait perdu une montre. En tous cas, une des pornstars a eu assez peur qu’elle s’est embarrée dans la salle de bains. Charlie se ramasse à l’hôpital, accompagné par son ex-femme, Denise Richards, qui se trouvait au même hôtel. Par hasard, paraît-il.

Novembre 2010: Une des madames qui était dans la chambre d’hôtel avec Sheen au Plaza Hotel le poursuit pour avoir tenté de l’étrangler. Charlie déclare que ce n’est qu’une tentative d’extortion. Il en profite pour demander le divorce.

Décembre 2010: Selon Radar-Online, Charlie a passé Noël à l’hôtel, à faire la fête avec cinq prostituées et beaucoup d’alcool et de drogues, plutôt que d’aller à la fête de famille organisée par son frère, Emilio Estévez. Gordon Bombay n’était pas content.

(Note: Oui, Emilio est vraiment le frère de Charlie, dont le nom de naissance est Carlos Irwin Estévez. Charlie a plutôt décidé de suivre les traces de son père, Martin Sheen, dont le nom de naissance était Ramón Gerardo Antonio Estévez.)

15 janvier 2011: Sheen passe à ça de manquer le début de sa journée de tournage (il dit « répétitions ») pour Men. Il a passé le weekend à Vegas (dans ce que TMZ qualifie de « brosse épique ») avec Bree Olson, Michelle « Bombshell » McGee et Lindsay Sinai. (À noter: on peut facilement voir la gradation du fame: une a sa page Wiki, l’autre juste a son site perso et un myspace, et la troisième n’a que son Twitter.) Finalement, il arrive à l’heure, mais les bosses de CBS sont quand même fâchés.

27 janvier 2011: Après avoir passé les deux derniers jours à fêter, Sheen est admis à l’hôpital d’urgence, vers 7h du matin, pour des douleurs abdominales sévères. Selon un ami, il riait trop fort de ce qui se passait à la télé. On présume qu’il ne regardait pas Two and a half men.

28 janvier 2011: Charlie décide de commencer une cure de désintox par lui-même, à la maison. C’est une excellente idée, évidemment. CBS annonce du même souffle que la production de Men est suspendue.

13 février 2011: Sheen essaie de retourner sur le plateau de Men mais personne ne le laisse entrer. Il est mécontent. Le 14 février, il appelle dans une émission de talk-radio pour s’expliquer et décrier le comportement du producteur-créateur de Men, Chuck Lorre. Il en profite pour donner ce conseil à tout le monde:

« Stay away from crack, unless you can manage it socially. »

Non mais, là on jase.

20 février 2011: L’ex-épouse de Charlie revient vivre avec lui, dans sa maison de LA. Notons que Sheen habite déjà avec Bree Olson, qui a laissé tomber l’industrie du porno et est donc revenue à son nom de naissance, Rachel Oberlin.

21 février 2011: Sheen est de retour au travail. Il en profite pour montrer au monde qu’il a une nouvelle blonde, sans préciser son identité. On saura plus tard qu’il s’agit de Natalie Kenly.

Mesdames et messieurs, c’est ici que ça part définitivement en couille, pour vrai.

23 février 2011: Sheen part en avion avec ses deux madames (Rachel et Natalie) pour des « vacances d’adulte » sur une île privée dans les Caraïbes. Brooke ne suit pas, tout le monde se demande évidemment pourquoi.

24 février 2011: Charlie appelle à l’émission de Alex Jones, un genre de Gilles Proulx right-wing ascendant théories-du-complot. L’entrevue dure 50 minutes. Vu que c’est quasiment impossible de trouver l’intégrale de l’entrevue, on l’a mise ici.

Partie 1:

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Partie 2:

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Les citations abondent. Voici les plus notoires.

Il commence par déclarer qu’il est 100% clean.

Here’s your first pee test, next one goes in your mouth.

Jones lui demande ce qui se passe avec ses femmes.

The goddesses? I don’t believe the term is good enough, but if you’re bound by these terrestrial descriptions, you must use the best choice available. If you think about it, I’m 0 for 3 in marriage, not an excuse, but like in baseball, the scoreboard doesn’t lie. So what we all have is a marriage of the hearts.

Il dit ensuite qu’il ne voudrait pas salir, contaminer et compromettre cet amour avec un vulgaire contrat. Brooke ne l’a pas suivi. C’est alors qu’il lance pour la première fois ce qui deviendra le mot-clé de toute cette histoire:

Goodbye Brooke, good luck in your travels, you’re going to need it. Badly. She’s not there now, and, and, we are, and I don’t know… WINNING, anyone? Rhymes with winning, anyone, yeah that would be us. Sorry man, didn’t make the rules. Oops.

Ensuite, il déclare qu’il est « des baïonnettes testées en combat ».

I am so tired of pretending like my life isn’t perfect and bitchin’ and just WINNING every second, and I’m not perfect and bitchin’. Look what I’m dealing with, man, I’m dealing with fools and trolls. I’m strafing runs in my underwear before my first cup of coffee, because I don’t have time for these clowns. They lay down with their ugly wives in front of their ugly children and just look at their loser lives and then they look at me and they’re like « I can’t process it » well NO, and you never will, stop trying. Just sit back and enjoy the show.

Il parle ensuite de ses patrons, en les appelant des « merdes » et des « homoncules ».

There’s something this side of deplorable that a certain Chaim Levine – yeah, that’s Chuck’s [Lorre] real name – mistook this rock star for his own selfish exit strategy, bro. Check it, Alex: I embarrassed him in front of his children and the world by healing at a pace that his unevolved mind cannot process. Last I checked, Chaim, I spent close to the last decade effortlessly and magically converting your tin cans into pure gold.

Sur sa situation actuelle:

I got magic, I got poetry at my fingertips. Most of the time, and this includes naps, I’m an F-18, bro, I will destroy you in the air and I will deploy my ordnance to the ground.

There’s my life, deal with it. Oh wait, can’t handle it. Losers. WINNING. Buh-bye.

Ensuite, Sheen et Jones parlent un peu d’une de leurs inside-jokes où ils disent faire partie d’une confrérie de  »Vatican Assassins » au service du pape; Charlie dit qu’ils sont en fait des Vatican Assassin Warlocks, du plus haut niveau. Hum.

Ils passent ensuite une dizaine de minutes à parler de Apocalypse Now, apparemment le film préféré de Charlie Sheen. Aucune mention des daddy issues que représente le fait que monsieur le papa de Charlie tienne la vedette dans le film.

My motto now is: you either love or you hate, and you must do so violently. I don’t live in the middle anymore. That’s where you get slaughtered, that’s where you get embarassed in front of the prom queen. If you love with violence and you hate with violence, there’s nothing that can be questioned.

Sur la notion de « laisser aller sa colère ».

They say « let go of your resentments ». No. I’m going to hang on to them, and they’re gonna fuel my attack, and they’re gonna fuel the battle cry of my deadly and secret and silent soldiers, because they’re all around you. Thought you were just messing with one dude? Sorry. WINNING.

Ensuite, il parle de son rejet complet des AA.

I closed my eyes and in a nanosecond, I cured myself. The only thing I’m addicted to right now is WINNING. This bootleg cult arrogantly referred to as Alcoholics Anonymous sports a 5% success rate. My success rate is 100%. Do the math!

Alex lui dit qu’il sonne comme Thomas Jefferson. Tsé, l’auteur principal de la déclaration d’indépendance des É-U.

I’m not Thomas Jefferson: he was a pussy! I have a disease? Bullshit, I cured it with my brain, with my mind. I’m cured, I’m done.

Bref. Ça, c’est juste la première partie. Il continue à parler de combien ça lui fait du bien d’avoir quitté les AA après 22 ans un peu, mais c’est surtout n’importe quoi. Il mentionne quand même qu’il a du tiger blood. Ça reviendra plus tard.

25 février 2011: CBS annonce officiellement l’annulation du reste de la saison de Men. Sheen est donc sans emploi. À la surprise générale, évidemment.

26 février 2011: 5h30 du matin, l’équipe de 20/20 (sur ABC) rencontre Sheen, chez lui. L’entrevue sera diffusée mardi soir. L’équipe de tournage lui a proposé de passer un test de dépistage de drogues; il en a passé deux (urine et sang), et les deux se sont révélés négatifs. C’est là que tout le monde a vraiment été surpris. D’autres extraits de l’entrevue, sur Good Morning America. Si vous voulez les citations excellentes, c’est par là.

You’d borrow my brain for like five seconds, and you’d be like « Dude, can’t handle it, unplug this bastard » because it fires in a way that is not from this particular terrestrial realm.

What does [bi-polar] mean? I’m bi-WINNING, I win here and I win there!

Quand Andrea Canning lui demande la dernière fois où il a consommé de la drogue, il répond ne pas s’en souvenir, mais il y a environ un mois, un mois et demi.

The last time I took drugs, I probably took more than anybody could survive; I was banging 7-gram rocks, and finishing them, because that’s how I roll, I have one speed, I have one gear: GO!

Comment a-t-il survécu?

Because I’m me, I’m different, I’ve got a different brain, I got a different heart, I got tiger blood.

Avait-il peur de mourir?

Dying’s for fools.

Aussi:

 

Bref. Le reportage complet est par ici, mais l’extrait de GMA vous donner une idée.

28 février 2011: Sheen, en entrevue au Today Show à NBC, demande une augmentation de salaire de 50% à CBS, disant que tant qu’il sera sous la barre des 3 millions de dollars par épisode de Men, il se considérera sous-payé. Il se rétracte quelques jours plus tard. Il déclare aussi qu’il considère ses deux « déesses » comme d’excellentes mères-substitut pour ses deux jumeaux d’environ 2 ans qu’il a eus avec son ex-épouse, Brooke Mueller. Entre temps, le publiciste de Charlie démissionne.

1er mars 2011 15h43: Charlie Sheen débarque sur Twitter. Son premier tweet:

Winning..!Choose your Vice...#winning#chooseyourvicehttp://twitpic.com/455ly9
1 March, 2011 6:43 pm via TwittelatorReplyRetweetFavorite
@charliesheen
Charlie Sheen

 

1er mars 2011 19h: Mueller obtient un restraining order, empêchant Sheen d’entrer en contact avec elle et leurs jumeaux. La police vient donc chercher les enfants chez Sheen. Charlie semble plus triste que fâché.

1er mars 2011 22h. Diffusion du reportage de 20/20.

2 mars 2011: Charlie Sheen obtient 1 million de followers sur Twitter, 25h17 seulement après s’être inscrit. Record absolu. #WINNING et #tigerblood sont dans les trending topics mondiaux.

La folie s’accentue.

 

3 mars 2011: Sheen annonce via Twitter qu’il s’est entendu verbalement avec Brooke et qu’ils n’iront pas en cour.

4 mars 2011: P Diddy invente le drink Charlie Sheen.

I'm at the bar ordering a "Charlie Sheen"...Ciroc straight w/ a Coke chaser. RT to the world ppl! #WINNING! Lol.
5 March, 2011 3:54 am via ÜberSocialReplyRetweetFavorite
@iamdiddy
iamdiddy

 

En entrevue à la radio de Philadelphie, Sheen déclare, en parlant de ses perspectives d’emploi:

It feels like the hot springs of Middle Earth is finally ready to explode outward.

Apparemment, c’est bon signe.

5 mars 2011 0h20: Sheen annonce que Bree a quitté sa maison, rebaptisée Sober Valley Lodge, et qu’il accepte les nouvelles applications. Huit heures plus tard, elle est de retour.

Update: Sober Valley Lodge;Rachel has left the building..., We're sad.... Over it...Applications now being accepted!#winner
5 March, 2011 3:11 am via TwittelatorReplyRetweetFavorite
@charliesheen
Charlie Sheen

 

5 mars 2011 22h: Sheen lance une « émission » sur Ustream, Sheen’s Korner, dont le slogan est « You’re either in Sheen’s Korner, or you’re with the trolls. » En gros, c’est Charlie Sheen, son producteur, un dude qui met des bruits de pets et une de ses goddesses, qui parlent pendant à peu près une heure. 90 000 personnes étaient au rendez-vous, en direct. Sheen en a profité pour dévoiler son tatouage WINNING! sur le poignet gauche. Moins de trente minutes après la fin du show, Saturday Night Live ouvrait avec une parodie du stream en question. Ça, c’est rapide.

6 mars 2011 20h: #tigerblood est encore dans les 10 mots-clés les plus populaires sur Twitter, au monde.

7 mars 2011 17h: Warner Bros, les producteurs de Men, annoncent qu’ils mettent officiellement fin au contrat les liant avec Charlie Sheen. TMZ obtient cette citation du principal intéressé:

This is very good news. They continue to be in breach, like so many whales. It is a big day of gladness at the Sober Valley Lodge because now I can take all of the bazillions, never have to look at whatshiscock again and I never have to put on those silly shirts for as long as this warlock exists in the terrestrial dimension.

Les mises à jour continueront, tant qu’il y en aura.

Ouf.

Évidemment, si de nouvelles choses se passent avec Charlie, je vous tiendrai au courant. En attendant, vous savez à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur la saga Charlie Sheen.

Ah. Et du Tiger Blood, ben, apparemment c’est juste pour sonner cool, mais au stade de baseball où Sheen va régulièrement, c’est le nom qu’ils donnent à la sauce Sritacha. Vous savez, la sauce forte, celle avec un coq dessus. Apparemment que c’est bon sur des hot dogs.

Bref, je viens de passer à peu près les 48 dernières heures à essayer de recoller les morceaux de toute cette folle histoire. Si j’en ai oublié des bouts, envoyez-moi un mail et je mettrai à jour.

Et n’oubliez pas: il faut #gagner.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans cinéma - Libellé Alcool, Arrestations, cabotinage, colère, décadence, dégénéré, foreign shit, fuck you, intelligence, journalisme, lindsay lohan, manque de respect, médias, méta, potin, Twitter, violence, virilité

La fin de la littérature?

mar05
2011
18 Commentaires Par Éric Samson

J’avais prévu parler de la nouvelle émission littéraire de Radio-Canada qui a été pseudo-annoncée il y a quelques temps, lors du début du huitième Combat des livres.

Alphabet Miso

Est-ce que manger de la soupe aux lettres, c'est lire? (Crédit photo: revbean, Flickr)

 

Après tout, ce n’est pas tous les jours que l’on accorde une si grande importance aux livres, dans la sphère médiatique québécoise; on entend souvent les gens se plaindre qu’on ne parle pas assez de littérature, ici. (Bon, évidemment, si « on entend souvent » ça, c’est qu’on se tient avec des gens qui ont fait leur bac en lettres, comme moi. On est forcément biaisés, parce que si on a décidé de passer trois ans de notre vie à ne vivre que de livres, c’est qu’on trouve ça quand même important, et qu’on voudrait bien qu’on en parle davantage.)

Entre nous, on déplore que trop peu de gens lisent Spirale ou Lettres québécoises, on trouve ça plate que la seule émission littéraire à la télé soit au canal Vox, et quand on commence à déprimer un peu, on se dit que si les seuls livres qui se vendent sont des livres de recettes ou de sudokus, ben, c’est peut-être parce qu’au fond, la littérature, la « vraie », ça n’intéresse pratiquement personne.

Mais comme j’allais m’installer pour écrire un beau billet plein d’espoir sur le sujet parce qu’on va avoir une nouvelle émission littéraire à la radio, cet été, et que ça veut dire plein de belles choses, j’ai vu passer cette publicité du gouvernement du Québec, à la télé.

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À part le fait que c’est une mauvaise imitation d’une pub de ShamWow!, le monsieur dedans la vidéo dit quelque chose de futé: « tu peux aussi lire sur ton portable, lire des blogues, des paroles de chansons, des romans, … ». Eh oui. Pas besoin d’avoir le nez dans une Pléiade pour lire. Ça, c’est bien vrai. S’il faut désacraliser le livre pour promouvoir la lecture, j’ai rien contre; on prend peut-être un peu pour acquis que les gens qui lisent des blogues vont finir par vouloir lire des romans, mais bon. Même si ça n’arrive pas, on aura au moins encouragé les gens à lire, ce qui, paraît-il, est une bonne chose « dans l’absolu ».

(Ceci dit, ça me chicote un peu qu’on parle de lire « des boîtes de céréales, des menus au restaurant, ou les instructions sur des enveloppes de soupe » comme les conditions de base pour faire de quelqu’un un lecteur… c’est pas parce qu’on sait reconnaître les formes des nouilles dans notre soupe alphabet ou les numéros écrits sur les arrêts de bus qu’on est un lecteur. Il y a une marge entre l’analphabétisme et le statut de lecteur. Selon moi, on ne passe pas directement d’illettré à lettré.)

On n’a jamais autant lu, c’est vrai, que maintenant. On communique par le texte beaucoup plus que par la parole, et même en regardant les nouvelles à la télé on lit le texte qui défile au bas de l’écran au moins autant qu’on écoute ce que les gens nous disent.

On lit une quantité phénoménale de texte sur Twitter, sur Facebook, sur des blogues, on lit sur notre cellulaire, sur notre iPad, On lit partout.

Mais lire des livres? Notre bon ministère de l’Éducation met ça sur le même pied que les boîtes de céréales. D’ailleurs, Laurent K Blais pose chez Ton Petit Lait un constat important:

Le journal est traditionnellement le format lettré le plus démocratique d’une société. Et d’aucun est plus efficace que le Journal [de Montréal] dans la business de faire lire à des gens qui ne lisent pas autrement. Même les gens qui n’aiment pas lire ne peuvent résister à la mise en page racoleuse d’un front du Journal. Je n’ai pas d’étude pour me supporter, mais je suis convaincu que le Journal, avec peut-être comme exception les boîtes de céréales, est la seule littérature qui entre dans bien des foyers.

Blagues et stéréotypes à part, les journalistes du Journal de Montréal ont/avaient une utilité sociale d’éduquer aux mots et aux événements une partie de la population qui ne s’y intéressent que par leur plume.

Si « être un lecteur », c’est être capable de déchiffrer la section Sports du Journal de Montréal et savoir qu’on achète des Cheerios Multi-grains plutôt que des Cheerios de base, si la majorité des gens ne consomment plus leurs fictions qu’à la télé et au cinéma et réservent à leurs lectures les seules fonctions d’informer et de communiquer, la question doit se poser:

Assiste-t-on à la fin du concept de « Littérature »?

Vivrons-nous bientôt dans une société post-alphabétisée?

En même temps, une catégorie qui marche gros ces temps-ci, c’est la littérature-jeunesse: les Aurélie Laflamme, Harry Potter, Amos d’Aragon et tous les autres dont je n’ai aucune idée parce qu’à trente ans, c’est wack de lire Artemis Fowl. Peut-être, donc, que les kids vont lire plus de livres que leurs parents.

Peut-être aussi que si Didier Lucien a l’air de parler aux ados de 14 ans, dans la petite pub ci-haut, c’est que quelque part entre le Club des Baby-Sitters et l’adolescence, la littérature perd de son charme. Je ne sais pas.

Je ne peux pas dire ce qui va arriver non plus, mais une chose est certaine: je peux encore revendiquer être un lecteur qui lit autre chose que des instructions pour faire de la soupe.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature - Libellé Actualités, éditorial, culture, intelligence, littérature, Livres, médias
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