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Billets dans la catégorie choqué

Lettre aux médias : le mépris des revues culturelles

avr27
2010
Laisser un commentaire Par Poulin

Suite à la décision du gouvernement Harper de couper le financement des magazines vendus à moins de 5 000 exemplaires, Patrick Poirier, rédacteur en chef de la revue Spirale, a fait parvenir cette lettre aux médias :

Comme la plupart des revues et magazines culturels du Québec, nous apprenions au cours du printemps 2007 que le ministère du Patrimoine canadien entendait restructurer des programmes fédéraux destinés à l’« industrie » des périodiques. Les enjeux annoncés étaient importants : sous le couvert de leur fusion en un nouveau programme, il s’agissait bel et bien, dans les faits, de mettre un terme au « Programme d’aide aux publications », qui accordait aux périodiques une aide financière, via Postes Canada, pour les coûts de leurs envois postaux, et de saborder l’important Fonds du Canada pour les magazines (FCM), dont plusieurs revues bénéficiaient par l’entremise du programme d’« Aide aux magazines artistiques et littéraires ». Là où ce programme particulier du FCM appuyait « le maintien et le développement des magazines qui participent à la reconnaissance des arts et de la littérature au Canada », là où l’on voulait faire en sorte « que les lecteurs canadiens disposent de choix canadiens de qualité sur le marché national des magazines », le tout nouveau Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) s’évertue depuis sa récente inauguration à offrir « une aide financière aux industries canadiennes des magazines et des journaux non quotidiens », pour autant que ceux-ci parviennent à vendre ou à « distribuer sur demande » plus de 5 000 exemplaires par année, palier de ventes que la grande majorité des revues culturelles membres de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP) n’atteint pas. Pour les magazines culturels francophones du Québec, ce critère est particulièrement odieux, puisqu’ils sont évidemment les premiers touchés, compte tenu de la taille du lectorat francophone à l’échelle canadienne.

En somme, par ce qui nous apparaît comme une décision idéologique des plus douteuses, le ministère du Patrimoine canadien menace aujourd’hui l’existence même de certaines revues spécialisées soucieuses d’offrir un contenu culturel de qualité, pour mieux appuyer les périodiques dont les principes de rentabilité et de marketing assurent un niveau de ventes que l’on peut en effet qualifier d’« industriel ». « Think big! »

Car c’est bien ce que propose aujourd’hui le FCP : la rentabilité, la croissance, l’enflure industrielle. Pour les revues et magazines à « faible et moyen tirage », on propose maintenant le volet « Innovation commerciale », conditionnel à la présentation de plans d’affaires ou de marketing et visiblement destiné à permettre, à ceux et celles qui n’y parviennent pas encore, d’atteindre le seuil de respectabilité de 5 000 exemplaires vendus par année. Les autres seront sans doute invités à prendre le virage Internet : on les y encourage déjà, notamment en finançant des initiatives en ce sens, comme si se trouvait là le nouveau Saint des Saints. Dans les faits, le ministère du Patrimoine canadien remet en cause l’édition de revues et magazines qui ne rapportent pas avec autant d’efficacité que les périodiques de supermarché. Cette opération ressemble étrangement à la manœuvre par laquelle ce ministère a cessé de financer l’édition sur support physique de la musique actuelle et du jazz, il y a quelques mois à peine.

À nos yeux, il va de soi que le nécessaire soutien aux périodiques culturels aurait dû prioritairement aller vers ceux et celles parmi les revues et magazines qui, en se mettant au service de la culture vivante, en prenant le risque d’une parole critique exigeante, contribuent à l’élaboration et à la constitution du patrimoine à venir. Faut-il comprendre qu’au regard de l’actuel gouvernement, la seule culture canadienne digne de son appui soit celle qui répond de manière quantifiable et sonnante aux préférences des lecteurs canadiens, à sa capacité de rejoindre le lectorat, à son potentiel au box-office ? Est-ce là le rôle des revues culturelles ? Leur valeur ou leur « fortune » doit-elle désormais se mesurer suivant des critères financiers ou corporatifs ? Faut-il comprendre, aujourd’hui, que le ministère du Patrimoine canadien ne veut plus encourager le contenu culturel si ce n’est même l’existence de périodiques propices à l’émulation de la pensée critique et de la création ? Il faut souligner combien est violent ce déni de la culture, que l’on ramène encore une fois à un échange de biens et de services, et répéter qu’une telle vision implique un mépris de la connaissance et de l’expérience riche et variée de la vie, dont toute notion de culture est indissociable depuis toujours. Les revues et magazines signataires de cette lettre, comme plusieurs autres au Québec et au Canada, font leurs des mandats qui les placent à distance de l’idéologie de l’instantané et de l’immédiat. Va-t-on maintenant subventionner uniquement l’écriture fonctionnaliste, qui ne sert souvent qu’à ajouter quelques descriptions à des images spectaculaires ? Aujourd’hui, nous ne demandons pas simplement que le ministère du Patrimoine canadien révise sa position, mais plutôt qu’il corrige le tir de sa logique perverse, laquelle, depuis plusieurs années, met dans le même sac les magazines du tout- venant médiatique et des revues à vocation critique qui requièrent du lecteur son attention soutenue, c’est-à-dire le temps de les lire.

Ont signé (par ordre alphabétique):

  • 24 Images
  • L’Annuaire théâtrale
  • Art Le Sabord
  • Biscuit chinois
  • Cahiers de l’idiotie
  • CiNéMAS
  • Circuit, musiques contemporaines
  • Contre-Jour
  • Ciel Variable
  • ETC
  • Espace
  • Estuaire
  • Études littéraires
  • Exit
  • Esse, art + opinions
  • Inter, art actuel
  • Intermédialité
  • Jet d’encre
  • JEU
  • Liberté
  • Nuit blanche
  • Ovni magazine
  • Protée
  • Relations
  • Spirale
  • Tangence
  • XYZ. La revue de la nouvelle
Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans éditorial, La Swompe - Libellé culture, financement, Harper, magazines, médias

Laïcité: trop c’comme pas assez

avr02
2010
2 Commentaires Par Éric Samson

Je me suis rappelé l’existence de ce billet, écrit en 2007, où j’avais étudié l’offre télévisuelle biblique pour Pâques. J’ai donc décidé de refaire l’exercice pour cette année.

Déception totale.

Jésus et un clapboard

Aucun des grands réseaux francophones ne présente ne serait-ce qu’un seul film de Jésus, en ce weekend pascal.

Commençons par le réseau qui nous a donné Mario Dumont et Jean-Luc Mongrain: à V, demain, on a Willy Wonka (l’original) suivi de Million Dollar Baby. Les fans de péplum seront un peu servis par Alexander à 20h, avec « l’excellent » Colin Ferrel et le « délicieux » « Val Kilmer ». Dimanche de Pâques, on continue la thématique coma diabétique avec la présentation de Charlie et la chocolaterie, le remake timburtonien du grandement supérieur (au moins en quantité de nains) Willy Wonka que vous aurez pu voir la veille. Un autre péplum en soirée avec The Last Legion, qui se passe au Ve siècle, immédiatement suivie d’une comédie épaisse sur le golf, Four Some. On finit la journée avec un film de détective qui combat un démon. Voyons.

TVA astheure. Samedi, Nacho Libre en après-midi, et Gladiateur en soirée. À 21h30, un film de croisades par Ridley Scott, Kingdom of Heaven. Que du coté 4 dans le télé-horaire, genre. Minuit et demie, on se tape Rock’n nonne et on prie Jésus en chantant des tounes idiotes dans une école défavorisée. Dimanche, on a au moins la joie de voir l’original Ben Hur, à 8h du matin. À 15h45, c’est Back to the future 3, lui avec les chapeaux de coboyes. On n’est pas impressionnés.

Jésus magané

Jésus non plus n'est pas impressionné

Radio-Canada, notre diffuseur national, offrait l’Office du Vendredi Saint à 10h ce matin. Demain, Samedi de Pâques, on a droit à la sélection canadienne pan-pacifique de natation, dès 15h. À 20h, L’Âge des ténèbres nous fait regretter une crucifixion visuelle. Voilà tout ce qu’on offre aux francophones pan-canadiens pour souligner la veille de la résurrection de notre sauveur. Et la journée même de Pâques n’est guère reluisante: imaginez-vous donc qu’à part un Jour du seigneur tout à fait normal (ainsi qu’un Tout le monde en parle « spécial tourné en France »), notre Société d’État a décidé de ne rien mettre au programme pour Pâques, sauf un terrible blasphème. En effet: quelqu’un a pris l’excellente idée de clore la journée où un homme est revenu du royaume des morts pour notre salut éternel pour programmer La dernière tentation du Christ à 23h.

À croire (encore une fois) que personne n’est mort pour nos péchés.

J’en perds mon latin.

Si vous voulez voir un film de Jésus mais que vous savez pas lequel, Bible Films Blog a fait un top des meilleures apparitions de Jésus sur celluloïd of all time, ou (si vous êtes davantage dans un mood judéochrétien que purement jésusophile, une liste des 10 meilleurs films sur la Bible qui sont sortis depuis 2000.

J’en ai vu aucun.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans cinéma - Libellé cinéma, contrition, manque de respect, Radio-Canada, Samson

Lire pour oublier la faillite

mar16
2009
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L'esti de Paulo Coelho

Bref complément à mon topo de jeudi dernier, lui-même très directement inspiré d’un article de Samuel Mercier: alors que le Figaro soupçonnait que les récentes coupures dans le monde de l’édition français étaient davantage dues à de la gestion de cabochon (i.e. donner 200 000 euros d’avance à Angot pour qu’elle écrive un flop) que la conséquence directe de la crise économique, les derniers chiffres tendent à confirmer l’hypothèse. Les ventes de livres en France ont effectivement augmenté de 5% en janvier, puis de 7% en février. 

Sur une note complémentaire, la « Lettre de la semaine » de La Presse pue le lieu commun complaisant et romantico-boboche du suiveux doté d’une stérile vision sacro-sainte de la littérature et qui se considère détenteur de la vérité parce qu’il a lu Les Bienveillantes (mais dont le livre de chevet, chérit entre tous les livres, est un Coelho dédicacé). « Mais alors, pourquoi autant de livres? Parce que lire rend heureux, tout simplement. Parce que s’évader sur du papier permet de tricher sur la mort et de vivre toutes les vies que l’on souhaite! »… va chier!

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans éditorial, littérature, Poulin - Libellé crise économique, fuck you, l'esti de Paulo Coelho, littérature, Poulin

Tremblez, sociétés d’État!

août12
2007
3 Commentaires Par Éric Samson

Il y a près de deux mois, nous avons lancé un ultimatum à Radio-Canada, suite au pillage éhonté de notre travail photoshoppien par l’équipe du culturel du bulletin de nouvelles autrefois hautement crédible, le Téléjournal. (Cela dit, apparemment que ce ne serait pas la première fois.)

Radio-Can

Mesdames et messieurs de la SRC, il vous reste deux semaines.

Nos informations de contact sont très simples: eric à laswompe point com, ainsi que poulin à laswompe point com.

Nous vous attendons. Nous sommes prêts à coopérer.

Ne nous forcez pas à envoyer une lettre à Stephen Harper.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans Opération Culturons Stephen, rappel, Samson - Libellé manque de respect, mise à jour, Opération Culturons Stephen, Radio-Canada, rappel, Samson

Juste pour me donner tort

août04
2007
5 Commentaires Par Éric Samson

Bon. Hier, je poste un article comme quoi la musique rend plus intelligent.

Y’a des arguments en béton, y’a même une citation de la revue Neuron, là, de l’université Stanford. Prestigieux, scientifique, tout y était. J’étais de retour, je bringais le swompy back.

Mais non, fallait bien qu’on me donne tort d’une manière ou d’une autre.

Le Sir en question

V’la-ti-pas que Sir (SIR!) Elton John fasse une sortie publique, dans laquelle il propose, tenez-vous bien, qu’on devrait fermer l’internet pour cinq ans, pour aider la musique.

Pas juste « arrêter le téléchargement de mp3″ ou rien comme ça, là. Nonon. Rien de moins que fermer l’internet.

Apparemment qu’il trouve que les gens ne « communiquent » plus (ah? les email, MSN, Facebook et tout ça, non?), et donc (donc?) qu’il ne se crée plus de musique intéressante. Eh oui, c’est de la faute à internet si, selon lui, la musique (la musique au complet, là, partout, de tous genres) sucke.

Et la meilleure solution qu’il a à proposer, le sir, c’est de tirer la plogue, mur à mur, pendant cinq ans.

Wow. Moi aussi, j’en ai, des idées comme ça: pourquoi ne pas interdire complètement l’utilisation de pianos à queue pendant cinq ans? Est-ce qu’Elton John se mettrait à écrire des chansons qui ne sonnent pas comme si on était encore en 1978?

(Il déclare aussi, en passant, que selon lui, la meilleure musique était faite dans les années 70. B-â-t-a-r-d.)

Alors, ben, je crois que je vais envoyer une lettre à la revue Neuron: si écouter de la musique rend plus intelligent, faudrait peut-être faire des études sur les gens qui portent des grosses lunettes en jouant du piano… j’ai l’impression que ça, encore plus que MTV, ça rend vraiment con.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans musique, Samson - Libellé cave, dégénéré, internet, lunettes, mp3, musique

Le retour au champ de bataille

juil14
2007
Laisser un commentaire Par Poulin

amqui.jpgAaah… home sweet home…

Si j’ai effectivement passé les deux dernières semaines à patauger joyeusement dans les pluvieux marécages de la péninsule gaspésienne et de la vallée matapédienne, de Cacouna à Rivière-au-Renard puis de l’Anse-au-Griffon à Amqui, ce n’est que pour mieux revenir, ressourcé et d’attaque. Laissez-moi maintenant quelques jours pour me remettre à date en termes d’actualité culturelle et votre fil RSS favori retrouvera sa vivacité d’antan.

Cela dit, s’il y a un sujet pour lequel j’ai déjà eu le temps de me mettre à jour, c’est bien celui de ma croisade contre Radio-Canada. À mon grand regret, ces bureaucrates sans éthique — ceux-là mêmes responsables de l’éradication de la chaîne culturelle au profit d’un esti de poste de worldbeat — n’ont toujours pas décidé d’assumer leur pillage et de rétablir la situation en répondant à ma demande, pourtant bien anodine. En guise de consolation, Patrick Dion nous offre un peu d’exposure en nous consacrant un billet sur le très visité Branchez-Vous; mais cette lecture ne fit que nous consterner d’autant plus.

Car, comme si le rapt commis par la SRC n’était pas assez pour nous, voilà que le Taxi la nuit — assurément l’une des plus grosses pointures de la blogosphère québécoise — décide de pousser l’insulte en accusant, 5 jours après notre cri pour la justice, TVA de lui voler une image! Qu’il soit parvenu à régler son « problème » à l’amiable nous importe peu; qu’il vole notre concept de partir en guerre contre des voleurs de concept nous accapare. C’est décidément la ruée vers l’or du web 2.0, seulement la swompe est le nouvel Alaska. Déceptions à part.

Et en ce qui concerne Radio-Can, vu que vous n’avez pas l’air de vouloir réagir, nous préparons la phase B de notre contre-attaque. Car repos il n’y aura plus.

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans Amqui, La Swompe, mise à jour, Opération Culturons Stephen, Poulin

Dans la foulée de…

juil08
2007
1 Commentaire Par Éric Samson

Suite au succès de Die Hard 4 et des Transformers, il était impensable que les studios changent de cap et cessent de faire des films qui participent de ces deux catégories de blockbusters:

  1. Seins, fusils, explosions, rock et one-liners drôles mais bad-ass
  2. Viol anal des souvenirs les plus tendres des enfants des années ’80.

Mesdames et messieurs, je vous donne Shoot ‘Em Up. Un film d’action avec, vous l’avez deviné, des seins, des fusils, des explosions, Mötley Crüe si on en croit la bande annonce et des one-liners percutants.

Dans la deuxième catégorie, ben, euh, voyez par vous-même, après le jump. PLUS »

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans cinéma, Samson - Libellé action, bande-annonce, cartoon, cinéma, poster, Samson, souvenirs

Justice intellectuelle sera faite!

juin25
2007
11 Commentaires Par Poulin

Existent des signes qui ne mentent pas. Des preuves irréfutables de l’étalement effréné d’un empire. Des manifestations d’une mauvaise foi camouflant une admiration secrète pour le travail d’autrui. Pour notre travail.

La swompe grandit, embrassant de ses tentacules visqueuses des sphères que nous croyions, encore récemment, inaccessibles.

Mercredi soir dernier, à 18:48 pour être plus précis, la division culturelle du Téléjournal de Radio-Canada — télévision d’état et référence en matière d’information, devons-nous le rappeler — faisait suivre sa très suave entrevue avec Grégory Charles de quelques topos express, parmi lesquels quelques secondes relatant la décision de l’UNEQ de faire parvenir, à l’image de l’entreprise de Yann Martel, des livres à notre Très Honorable fédéral. À l’affût de toute initiative visant à culturer Stephen, je dressai l’oreille, la paupière, puis le sourcil. Car il n’y eut rapidement plus aucun doute: j’avais été sans trop m’en rendre compte à la fois le témoin et, ô paradoxe!, la victime d’un rapt.

Les habitués du marécage seront évidemment, tout comme je le fus, bien surpris de voir repris à la SRC un concept graphique ayant déjà fait ses preuves ici, à savoir rajouter dans la paume prima-ministérielle un ouvrage de littérature. La swompe, de par son format blogue, conservant dûement ses archives, la preuve de paternité intellectuelle est facile à faire, incriminant du coup les retoucheurs d’images de la société d’état d’espionnage (ou de dépendance à la swompe) et de vol intellectuel. De plagiat.

À Radio-Canada: vous ne respectez pas mes « droits », je ne vois donc pas pourquoi je devrais me retenir de « youtuber » le topo problématique. Mais cette logique appliquée du « oeil pour oeil » n’apaise pas mon courroux, puisqu’elle ne me permet que de faire la démonstration de l’affront. Justice doit maintenant être faite.

J’exige donc, au nom de La Swompe Enr., qu’un topo du Téléjournal 18h soit, d’ici deux mois, consacré à notre empire web grandissant.

D’autres instructions suivront.

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans Opération Culturons Stephen, PFAF, Poulin, YouTube - Libellé La Swompe, Opération Culturons Stephen, PFAF, Poulin, Radio-Canada, YouTube

N/A, comme dans «Nelly is N/A at the moment»

juin21
2007
4 Commentaires Par Ta Mère

arcancouverture.jpg 

Mouais, et comment, qu’elle est «non available», la Nelly, en ce moment… J’ai «reader’s digesté» L’Enfant dans le miroir, espèce de conte pour adultes illustré publié chez Marchand de Feuilles, et j’en arrive au constat suivant : même quand on peinture la face d’un détenu au fusil à colorier, ben torvisse, y reste un détenu en-dessous de la graisse de baleine de chez l’Oréal. Si on applique cette très esthétique grille à Nelly Arcan et son conte, on obtient à peu près ceci : malgré la transformation de l’objet livre auquel on est habitués (puisque le texte est souvent ouvragé, ou même carrément intégré aux dessins), les thèmes et les motifs récurrents dans l’oeuvre de la célèbre «Putain, ben c’est moi, et c’est pas moi, hihi… (s’ensuit un sexy tortillement d’elle-même sur sa chaise)» sont bien présents, voire trop.

Hééééé oui, Nelly Arcan a décidé de ne rien nous révéler de neuf dans son bouquin, et même si le chemin de l’autofiction commence à s’estomper, il n’en demeure pas moins qu’on connaît très bien la chanson de ses obsessions freudiennes. Quand j’ai lu «Souvent mon père disait de ma mère qu’elle était une chienne» et les passages relatifs à l’obsession de son paternel pour la fille du récit, à part peut-être émettre un petit «sss» de pitié mêlée de condescendance et de miettes de hot-dogs (j’ai de très champêtres habitudes de lecture), je n’ai rien fait d’autre. J’avais l’impression de regarder un enfant s’entêter à se péter la gueule après l’avoir averti vingt fois que son comportement est dangereux, et j’assistais à la scène, impuissant, comme toute bonne maman fatiguée de se décarcasser à sauver un rejeton trop têtu dans l’autodestruction. Franchement, Nelly, fallait-il vraiment mêler les enfants à la spéléologie de ton esprit rongé par l’inceste et les relations de famille aux penchants douteux? J’attends encore que le ciel me réponde, parce que le livre n’aboutit à rien d’autre qu’aux questions habituelles… et le style a beau être juste, on perçoit le même côté «pissed-off» inhérent aux écrivains de la génération X (en fait, je me demande si on va finir par s’en sortir, de cette mode des écrivains chialeux qui ne font que poser des questions moches et pseudo-métaphysiques s’en s’enquérir des réponses. Laissons ça à Saint-Augustin, bout de viarge!).

Par contre, à travers ce labyrinthe de freudiennes pulsions et de sexualité qui n’aboutit pas, j’ai remarqué LE truc qui valait la peine dans tout ce bouquin : les illustrations. À mon humble avis, Pascale Bourguignon a littéralement volé le «show», et le psychédélisme mi-naïf mi-torturé de ses dessins donnent au texte un aspect différent, comme s’il ne s’agissait pas simplement d’une enfant, mais d’une petite fille perturbée et innocente lancée dans un monde, disons-le, de marde. Voilà donc l’intérêt de ce livre : à travers ses illustrations, il contient une lecture du texte en même temps que le texte lui-même, ce qui rend l’ensemble pas mal plus agréable et donne un caractère bien campé à la voix narrative.

Amusez-vous bien, et je vous laisse sur un extrait qui prouve très bien que dans l’univers féminin de Nelly Arcan, où la femme devient jouet sexuel volontaire à la merci d’hommes eux-mêmes jouets sexuels, rien ne se perd, rien ne se crée, mais la conservation s’est permis une bonne dose de créatine qui lui permet de prendre le plancher au complet : «Aujourd’hui j’ai vingt ans et je suis devenue esthéticienne, je suis aussi la maîtresse d’un homme. [...] Aujourd’hui ma vie consiste à coucher avec un homme, elle consiste aussi à nettoyer la peau, à enlever la boue et la merde du visage des femmes».

On repassera pour du neuf. Bye-bye les enfants, je m’en vais lire Alice au pays des merveilles et La Philosophie dans le boudoir en même temps (puisque, de toute façon, Sade, comme chacun sait, ça ne se lit que d’une seule main), question de me replacer.

Un autre billet de qualité signé Ta Mère.
Classé dans cabotinage, littérature

Yippie-ki yay mon snoro

juin20
2007
2 Commentaires Par Poulin

Die Hard 4 sort dans une semaine, alors je vous greille d’une petite vidéo relatant les exploits passés de John McClane sur une mélodie évoquant le lyrisme musical d’un Andrew W.K. Mais si le groupe derrière la chanson semble bien excité par rapport à la sortie imminente du quatrième volet de la série, plusieurs indices et critiques laissent présager une déception, si ce n’est que par l’absence de l’épique « Yippie-ki yay motherfucker »… car oui, le film sera classé PG-13 plutôt que R. On ne peut qu’être désarmés devant cette décision des studios: pas de sang ni de gros mots dans un Die Hard, c’est comme évacuer toute l’ambiguïté sexuelle entre Sam et Frodo dans Lord oh the Rings. C’est inconcevable.

Pour des critiques plus élaborées: voir Ain’t it Cool News

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans cinéma, YouTube - Libellé cinéma, YouTube

Les morts sont ressucités, et ils vendent des bottes

mai23
2007
3 Commentaires Par Éric Samson

Il y a toujours bien des limites. Franchement.

Avertissement: ce billet ne concerne absolument pas la culture montréalaise, ni de près, ni de loin, mais c’est beaucoup trop terrible pour ne pas en parler.

Kurt Cobain au paradis

La nouvelle campagne de pub pour les bottes Dr. Marten’s met en scène, entre autres, Kurt Cobain (mais aussi Joe Strummer, Sid Vicious et Joey Ramone, que vous trouverez en images en cliquant « Lire la suite… »), au paradis, avec leurs Doc’s.

Je n’arrive même pas à compter le nombre de choses qui me dérangent dans une image pareille. Utiliser des gens morts pour vendre des choses, déjà c’est un peu mal. Utiliser des icônes de la contre-culture pour vendre des choses, c’est plutôt mal.

Mais, en plus, je suis pas mal certain qu’aucun de ces artistes n’étaient particulièrement catholiques, ni peut-être même chrétiens, et même s’ils le sont, ben selon la religion catholique, le suicide mène directement en enfer – et j’suis pas mal certain que, dans le cas de Sid Vicious, poignarder sa blonde, aussi…

Ce qui me déprime le plus, c’est le fait que ce genre de choses ne me surprenne plus, parce que Courtney Love a besoin d’argent alors elle continue ce qu’elle a toujours si bien fait, c’est-à-dire être une veuve professionnelle.  Ça et la piètre qualité des photoshops… j’ai vu Poulin faire mieux que ça.

Pis, en plus, Kurt, il portait pas des Converse? PLUS »

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
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