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Billets libellés arts visuels

MACM #5

août01
2007
Laisser un commentaire Par Poulin

silono5.jpg

Certains le vénèrent comme une relique géante et sacrée de l’ère industrielle montréalaise, d’autres paieraient de leur poche pour pouvoir le détruire à coups de massue. Mais les faits demeurent: le cadavre du Silo #5 trône dans le Vieux-Port, occupant beaucoup d’espace de grande valeur et n’ayant présentement comme unique fonction le (un peu vainement) divertissant silophone.

Quelques projets (revitalisation/démolition) sont sur la table de la mairie, mais tout semble indiquer que celui ayant le plus de chances de se réaliser est la proposition de déménagement du Musée d’Art Contemporain de Montréal, ayant présentement pignon sur rue sur l’esplanade de la Place des Arts. On parle en effet de convertir l’énorme silo déchu en méga-musée, renforçant du coup le rôle de Montréal dans la diffusion de l’art d’aujourd’hui. Bien sûr, ça risque de s’ostiner longtemps autour d’histoires de subventions et de permis, mais je me dis que si on croise les doigts tous ensemble (et qu’on égraine 3-4 chapelets par soir), ce beau rêve a des chances de se réaliser. Me semble simplement que c’est difficile d’être contre l’idée.

Si vous avez quelques minutes, allez vous informer sur le site du musée, ça devrait vous conavaincre.

Surtout que le projet inclut une terrasse/observatoire sur le toit, histoire de faire profiter à la plèbe d’une vue pour l’instant seulement accessibles à de téméraires explorateurs (comme notre bien-aimée Roma)… 

vuesilo.jpg

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans développement urbain, musée, optimisme démesuré, Poulin - Libellé développement urbain, musée, optimisme démesuré, Poulin

Célébrons humblement en attendant l’apocalypse

juin17
2007
Laisser un commentaire Par Gautier

Couverture-Prédateur

Peut on être « heureux » d’annoncer le lancement d’un livre qui s’annonce lui-même comme suit :

« S’attardant principalement sur l’humain, sur l’amour et sur la mort, l’auteur livre par ses textes, ses dessins, sa peinture,quelques photos et installations, une réflexion poétique sur sa vision du monde actuel et l’état d’être humain.

Traduisant sa propre sensibilité sur le concept de citoyenneté et ses implications individuelles et collectives, à un moment de l’histoire où des changements majeurs sont en train de se produire et qui remettent en cause l’avenir même du monde, il plonge à l’intérieur de lui et nous remet un discours [souvent cru] qui répond visiblement comme le reflet d’une société gravement malade. »

Non, je ne peux pas vraiment être heureux de vous l’annoncer, mais ça n’enlève rien au fait qu’il faut souligner et « highlighter » en gros jaune serin le lancement du premier livre d’art de Dominique Desbiens intitulé « Il manque aux humains un prédateur », le jeudi 21 juin, à la galerie du viaduc St-Laurent.

Je vous rapporte des photos de la soirée, et quelques impressions, bien sûr. En attendant, question de vous mettre l’eau à la bouche, voici un lien qui vous permet de consulter un extrait du livre:

http://www.dominiquedesbiens.com/predateur.html

Un autre billet de qualité signé Gautier.
Classé dans exposition, littérature - Libellé exposition, littérature

Un vernissage au garage

juin12
2007
4 Commentaires Par Gautier

Plan Cartésien

Vous avez manqué la grande fresque de nuit et vous n’en pouvez plus de vous mordre les doigts en pensant à ces grands noms de la bédé québécoise que vous avez manqués? Eh bien voici votre chance de  vous rattraper: la maison d’édition Mécanique Générale organise le vernissage du collectif « Plan Cartésien », le jeudi 14 juin à 17h, à la maison de la culture du Planteau Mont-Royal (465, Avenue Mont-Royal, coin Rivard). Bédé de qualité, canapés et huile à moteur au menu.

Pour ceux qui ne pourraient pas y être jeudi, l’exposition se poursuit jusqu’au 18 août.

Un autre billet de qualité signé Gautier.
Classé dans comics - Libellé comics

P’tits bonhommes sur le bitume

juin11
2007
Laisser un commentaire Par Gautier

La nuit blanche - 7 juin 2007

Eh oui, le « published author friend » a enfilé ses bottes de pluie, pris un bain de muskol et décidé de se lancer dans les milieux humides, afin de vous jaser un brin de la grande fresque nocture qui a eu lieu le 7 juin dernier sur l’avenue Mont-Royal.

Organisée dans le cadre de l’événement Nuit blanche sur tableau noir, la grande fresque nocturne a réuni cette année 46 artistes sous le thème de la bédé, qui ont pris brosses et pinceaux afin de nous faire part de leur version du sujet imposé qui était : « Pas de colporteurs! ».

De 22h à 2h du matin, les piétons ont donc pu assister à la réalisation de 46 planches de bd qui étaient peintes à même le bitume de la Mont-Royal. C’était très intéressant de voir les artistes au travail, de voir comment ceux-ci peuvent arriver à un produit final « punché » à l’intérieur d’un laps de temps assez restreint. Bien sûr, on avait prévu le coup. Les bédéistes étaient tous munis de leur plan de conception, et étaient parfois aidés par des assistants qui faisaient du remplissage. On pouvait d’ailleurs parfois assister à des situations de crise telles qu’un pied déposé dans la peinture fraîche, ou la chute d’un pot de noir qui nous oblige à improviser autour d’une belle grosse tache impromptue.

Bref, un concept intéressant que cette nuit blanche. Toutefois, étant donné que certains artistes étaient avant tout des peintres — et non pas des bédéistes –, les résultats finaux étaient assez inégaux. Ce n’est pas tout d’avoir une esthétique en bédé, il faut une histoire intéressante aussi et, surtout dans le cas de courtes bédés, une chute ou un concept qui « fesse »!

Mon coup de coeur de la nuit : Jimmy Beaulieu qui a dessiné un colporteur qui chante la pomme a une cliente sur une chanson de… Cole Porter! Simple, mignon et efficace.

Un autre billet de qualité signé Gautier.
Classé dans comics - Libellé comics

St-Viateur et palettes drettes en bouette

juin02
2007
Laisser un commentaire Par Poulin

Merveilleuse journée au festival St-Viateur hier; si les organisateurs pouvaient être déprimés par le temps maussade (et la relativement faible affluence) en début d’après-midi, les nuages firent rapidement place au soleil, à la marmaille, aux manches en tattoo et aux fêtards de tout acabit. Yestarday’s Ring étaient bons et divertissants, Dee pas vraiment intéressant (moment propice pour aller se bourrer de crème à glace au Bilboquet), la fanfare ukrainienne géniale (ils auraient été bons même s’ils avaient joué des tounes de Dee) et Socalled plutôt curieux; va décidément falloir que j’écoute ses records avec plus de sérieux si je veux apprécier ses prestations.

thugargile2.jpg

Cela dit, aussi bizarre cela puisse-t-il paraître, le moment fort de ma journée fut l’atelier de sculpture sur glaise, où — à mon premier contact à vie avec ce matériau — j’ai cru bon de faire naître sous mes mains un thug à palette drette (des Expos, cela va sans dire). Je lui avais même fait un médaillon, mais il fut sauvagement arraché par ma copine, sous prétexte que « ça tiendrait pas » (je soupçonne cependant da la jalousie devant la réussite indéniable de mon projet créatif). Anecdotes mises de côté, tout le volet « art de rue » — visiblement boudé aujourd’hui par mes collègues de la blogosphère — est donc grandement responsable de la réussite de l’événement. En espérant que ça revienne à chaque année.

Aussi: chose promise, chose faite. Au diable Pas Chic Chic (dont le EP me laisse toujours de glace) et Patrick Watson, vive la broue. Du moins, c’est ce qu’on se disait avant d’arriver aux Cours Windsor et de voir la place prise d’assaut par des banlieusards chilleux qui y sont davantage pour mater les représentantes de Sleeman’s que pour déguster et découvrir de nouveaux elixirs. Trop de monde, trop de bruit, trop de manque de classe; c’est sans doute plus agréable en après-midi…

PS: Alors que voir Jean Leclerc et Jérôme Rocipon chiller sur St-Viateur était une vision bien plausible, voir Pauline Marois quitter le Mondial de la bière en riant l’était un peu moins.

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans cabotinage, exposition, mise à jour, musique, party, spectacle - Libellé cabotinage, exposition, mise à jour, musique, party, spectacle

Le Marais, chronique parisienne : sous le Pavé, la page

juin02
2007
1 Commentaire Par Marais Nostrum

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Un dessinateur des rues, c’est quelqu’un qui s’arrête, qui se pose, qui prend son temps. Peu de gens font ça dans Paris ? Qui s’arrête ? Les vieux pour reprendre leur souffle. Les clochards qui n’ont nulle part où aller. Du coup, on parle avec les vieux et les clochards.(…) Le dessinateur des rues tient beaucoup du vieux. Il vit courbé. Il regarde avidement. Il s’intéresse à des menus faits. Il consigne tout. Il mesure son geste. Il « prend l’air », comme on dit, chouette expression. Et surtout, il s’arrête.

Je viens de terminer le Pavé de Paris, du bédéiste Emmanuel Guibert. C’est bien la première fois qu’un pavé me reste autant de temps dans les mains et dans les yeux. La persistance rétinienne, c’est génial pour ça. Oh, ce n’est pas qu’il soit révolutionnaire, situationniste ou crypto-marxiste, Emmanuel Guibert. Mais justement, ses yeux se posent simplement sur les choses, les gens, les instants et presque les odeurs. Les petites électricités et les grosses maussaderies des boulevards et des recoins de Paris.
Le Pavé porte bien son nom : il est bien lourd, bien carré, quelques centaines de pages ramassées qui se tournent très vite. On y trouve des desseins, au crayon, à l’encre de chine, des peintures, des lavis, des visages fatigués, des silhouettes ondulées, des trottoirs sales, des pièces vides à travers des fenêtres béantes, des petits vieux, des grands jeunes et un pigeon mort. Et au milieu, des textes sans prétention (ou si peu), de courtes descriptions pas chiantes, des anecdotes comme ramassées par terre. On ne sait plus trop si on lit, si on regarde, si on feuillette, si on mate, si finalement on n’est pas en train de battre le pavé sans but.
Rien de folklorique, de faussement contemplatif, de profondément socio-politique. Juste quelques images et quelques mots comme il faut là où il faut. Si le Pavé est un peu rebelle, c’est peut-être parce qu’il lance un gros MERDE aux cartes postales. Et qu’il fracasse les vitrines scintillantes du Paris de paillettes. PLUS »

Un autre billet de qualité signé Marais Nostrum.
Classé dans musique, YouTube - Libellé musique, YouTube

Colleur en séri(graphies)

mai13
2007
3 Commentaires Par Marais Nostrum

Je ne sais pas si c’est l’air du temps, mais j’ai bien envie de parler d’engagement. Alors oui, vous me voyez venir, avec mes santiags pointues en ubuck, prêtes à écraser l’avènement de la France du nouveau Joe Dalton, « la France qui travaille ». Et qui ne peut donc avoir le temps de faire des billets d’humour, d’humeur ou d’humus. C’est vrai, je pourrais faire de l’anti-Sarko primaire. Car après tout, il le vaut bien, comme le clament les femmes qui ont déclaré la guerre aux cheveux cassants. Mais je ne le ferai pas. On a tout dit et on aura encore tant à dire.
Je ne sais pas si c’est parce que mes virées à Lyon et à Genève m’ont ouvert grand les paupières sur une culture urbaine plus visible, du moins différente, qu’à Paris, mais j’ai bien envie de parler d’art des rues.
Allons y donc gaiement, parlons d’engagement et d’art des rues. Parce qu’il y a des types qui jouent sur les deux tableaux depuis 30 ans, qui occupent l’espace et laissent des traces autres que de pneus. C’est le cas d’Ernest Pignon-Ernest.

Avec un nom qui pue l’anti-héros, ce Ernest là n’a pas l’air de payer de mine. Et pourtant c’est avec son crayon, un peu de fusain, de la colle et un sens de la rue aiguisé que le monsieur placarde en série ses sérigraphies sur les murs du monde. La démarche artistique n’est pas complexe, mais géniale. D’abord cela se passe dans un atelier où Ernest choisit de représenter avec sa patte militante des grandes figures de l’iconographie, des poètes ( maudits, les poètes, ça a meilleur goût) ou des victimes de l’Histoire. Des illuminés ou des damnés. Puis vient le moment où il faut coller l’affiche obtenue sur LE mur idéal : plastiquement pertinent et historiquement chargé (si en se penchant sur la brique, vous entendez encore des cris, vous êtes arrivé). Ernest n’est pas seul, même s’il colle la nuit, sans bruit : il est habité par Rimbaud, Pasolini, Nerval, Neruda, Artaud, Caravage, Boccace, les Communards, l’avortement, la cause des immigrés, le sida…Ernest ne va pas forcément droit dans le mur : des cabines téléphoniques ou des escaliers font aussi l’affaire. Après le collage, il reste un geste : photographier l’affiche sur son mur, la replacer dans son contexte pour la renforcer, la rehausser, la faire vivre.

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Un autre billet de qualité signé Marais Nostrum.
Classé dans Le Marais - Libellé Le Marais

Ron Mueck à Ottawa

mar09
2007
Laisser un commentaire Par Poulin

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J’ai quitté le marécage hier pour une petite escapade dans le ROC, histoire d’être l’un des premiers à pouvoir scruter les sculptures hyperréalistes de Ron Mueck sous tous leurs angles. Le Musée des Beaux-Arts d’Ottawa présente en effet, depuis le 2 mars, une quinzaine d’oeuvres de l’artiste autralien qui reproduit, avec une efficacité troublante, le corps humain — du nouveau-né au mort, en passant par le jeune garçon et le vieillard. Travaillant principalement à partir de résine de fibre de verre, Mueck en met simplement plein la gueule, rendant du coup l’art contemporain décidément plus accessible au non-initié (parce que voir une sculpture avec une barbe de 2 jours, ça ferait tripper n’importe qui).

On a certes rapidement fait le tour, mais l’impression de se retrouver devant quelque chose de si important en art visuel nous fait chérir toutes les cennes noires formant notre 10$ d’entrée. La Swompe vous recommande donc chaudement ce petit road trip (qui vous permettra par le fait même de lancer quelques poissons sur le Parlement — dont la vue, de l’atrium du musée, est imprenable). Jusqu’au 6 mai.

Quelques autres clichés…

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Un autre billet de qualité signé Poulin.

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