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Billets libellés cabotinage

Une fois pour toutes: L’épopée Sheen

mar06
2011
7 Commentaires Par Éric Samson

Ça fait une bonne dizaine de fois que je me fais demander ce qui se passe avec Charlie Sheen.

C’est un peu surprenant, en effet, pour quelqu’un qui n’est pas au courant, de voir que tout d’un coup Sheen a perdu sa job et fait des entrevues débiles à la télé où il parle de « Vatican Assassin Warlocks ».

Dans des cas comme ça, j’essaie de trouver un site où on recoupe toutes les infos et on les présente en format timeline ou autre. Mais voilà, dans ce cas-ci, rien. C’est vraiment surprenant, mais il n’y a aucun endroit où on retrouve toutes les informations sur le sujet.

La Swompe vole donc à la rescousse. Voici:

What The Fuck Happened to Charlie Sheen.

Pas (trop) de jugement, pas d’éditorial, pas de réflexion; juste l’historique, au mieux de mes recherches des 48 dernières heures, du breakdown le plus médiatisé depuis longtemps.

On va commencer le retour dans le temps en 2010, parce que sinon ça va vraiment prendre mille ans à tout raconter.

Février 2010: Charlie entre en désintox (cocaïne, crack, alcool). La série à succès Two and a half men est compromise. Charlie en est l’acteur principal, il gagne entre 1 et 1,5 millions par épisode (la série fait vingt-quelques épisodes par année, faites le calcul). Son entrée en cure de désintox est volontaire, mais pas innocente: il venait de se faire officiellement accuser de voies de faits sur sa femme, Brooke Mueller, incident qui se serait produit le jour de Noël 2009.

Mai 2010: Sorti de cure, Sheen signe un contrat pour les deux prochaines années de Men, faisant de lui l’acteur le mieux payé de l’histoire de la télévision avec un cachet de que différentes sources situent entre 1,25M$ et 1,8M$ par épisode.

Août 2010: Sheen plaide coupable. Il doit passer 30 jours en désintox. La saison 8 de Men peut se remettre en branle.

Octobre 2010: Sheen part en vacances à New York avec sa famille (sa femme et ses deux jumeaux). Étrangement, il passe une veillée avec des porn stars et se fait arrêter pour « avoir troublé la paix », après avoir causé pour $7000 de dommages dans sa chambre d’hôtel. Apparemment qu’il avait perdu une montre. En tous cas, une des pornstars a eu assez peur qu’elle s’est embarrée dans la salle de bains. Charlie se ramasse à l’hôpital, accompagné par son ex-femme, Denise Richards, qui se trouvait au même hôtel. Par hasard, paraît-il.

Novembre 2010: Une des madames qui était dans la chambre d’hôtel avec Sheen au Plaza Hotel le poursuit pour avoir tenté de l’étrangler. Charlie déclare que ce n’est qu’une tentative d’extortion. Il en profite pour demander le divorce.

Décembre 2010: Selon Radar-Online, Charlie a passé Noël à l’hôtel, à faire la fête avec cinq prostituées et beaucoup d’alcool et de drogues, plutôt que d’aller à la fête de famille organisée par son frère, Emilio Estévez. Gordon Bombay n’était pas content.

(Note: Oui, Emilio est vraiment le frère de Charlie, dont le nom de naissance est Carlos Irwin Estévez. Charlie a plutôt décidé de suivre les traces de son père, Martin Sheen, dont le nom de naissance était Ramón Gerardo Antonio Estévez.)

15 janvier 2011: Sheen passe à ça de manquer le début de sa journée de tournage (il dit « répétitions ») pour Men. Il a passé le weekend à Vegas (dans ce que TMZ qualifie de « brosse épique ») avec Bree Olson, Michelle « Bombshell » McGee et Lindsay Sinai. (À noter: on peut facilement voir la gradation du fame: une a sa page Wiki, l’autre juste a son site perso et un myspace, et la troisième n’a que son Twitter.) Finalement, il arrive à l’heure, mais les bosses de CBS sont quand même fâchés.

27 janvier 2011: Après avoir passé les deux derniers jours à fêter, Sheen est admis à l’hôpital d’urgence, vers 7h du matin, pour des douleurs abdominales sévères. Selon un ami, il riait trop fort de ce qui se passait à la télé. On présume qu’il ne regardait pas Two and a half men.

28 janvier 2011: Charlie décide de commencer une cure de désintox par lui-même, à la maison. C’est une excellente idée, évidemment. CBS annonce du même souffle que la production de Men est suspendue.

13 février 2011: Sheen essaie de retourner sur le plateau de Men mais personne ne le laisse entrer. Il est mécontent. Le 14 février, il appelle dans une émission de talk-radio pour s’expliquer et décrier le comportement du producteur-créateur de Men, Chuck Lorre. Il en profite pour donner ce conseil à tout le monde:

« Stay away from crack, unless you can manage it socially. »

Non mais, là on jase.

20 février 2011: L’ex-épouse de Charlie revient vivre avec lui, dans sa maison de LA. Notons que Sheen habite déjà avec Bree Olson, qui a laissé tomber l’industrie du porno et est donc revenue à son nom de naissance, Rachel Oberlin.

21 février 2011: Sheen est de retour au travail. Il en profite pour montrer au monde qu’il a une nouvelle blonde, sans préciser son identité. On saura plus tard qu’il s’agit de Natalie Kenly.

Mesdames et messieurs, c’est ici que ça part définitivement en couille, pour vrai.

23 février 2011: Sheen part en avion avec ses deux madames (Rachel et Natalie) pour des « vacances d’adulte » sur une île privée dans les Caraïbes. Brooke ne suit pas, tout le monde se demande évidemment pourquoi.

24 février 2011: Charlie appelle à l’émission de Alex Jones, un genre de Gilles Proulx right-wing ascendant théories-du-complot. L’entrevue dure 50 minutes. Vu que c’est quasiment impossible de trouver l’intégrale de l’entrevue, on l’a mise ici.

Partie 1:

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Partie 2:

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Les citations abondent. Voici les plus notoires.

Il commence par déclarer qu’il est 100% clean.

Here’s your first pee test, next one goes in your mouth.

Jones lui demande ce qui se passe avec ses femmes.

The goddesses? I don’t believe the term is good enough, but if you’re bound by these terrestrial descriptions, you must use the best choice available. If you think about it, I’m 0 for 3 in marriage, not an excuse, but like in baseball, the scoreboard doesn’t lie. So what we all have is a marriage of the hearts.

Il dit ensuite qu’il ne voudrait pas salir, contaminer et compromettre cet amour avec un vulgaire contrat. Brooke ne l’a pas suivi. C’est alors qu’il lance pour la première fois ce qui deviendra le mot-clé de toute cette histoire:

Goodbye Brooke, good luck in your travels, you’re going to need it. Badly. She’s not there now, and, and, we are, and I don’t know… WINNING, anyone? Rhymes with winning, anyone, yeah that would be us. Sorry man, didn’t make the rules. Oops.

Ensuite, il déclare qu’il est « des baïonnettes testées en combat ».

I am so tired of pretending like my life isn’t perfect and bitchin’ and just WINNING every second, and I’m not perfect and bitchin’. Look what I’m dealing with, man, I’m dealing with fools and trolls. I’m strafing runs in my underwear before my first cup of coffee, because I don’t have time for these clowns. They lay down with their ugly wives in front of their ugly children and just look at their loser lives and then they look at me and they’re like « I can’t process it » well NO, and you never will, stop trying. Just sit back and enjoy the show.

Il parle ensuite de ses patrons, en les appelant des « merdes » et des « homoncules ».

There’s something this side of deplorable that a certain Chaim Levine – yeah, that’s Chuck’s [Lorre] real name – mistook this rock star for his own selfish exit strategy, bro. Check it, Alex: I embarrassed him in front of his children and the world by healing at a pace that his unevolved mind cannot process. Last I checked, Chaim, I spent close to the last decade effortlessly and magically converting your tin cans into pure gold.

Sur sa situation actuelle:

I got magic, I got poetry at my fingertips. Most of the time, and this includes naps, I’m an F-18, bro, I will destroy you in the air and I will deploy my ordnance to the ground.

There’s my life, deal with it. Oh wait, can’t handle it. Losers. WINNING. Buh-bye.

Ensuite, Sheen et Jones parlent un peu d’une de leurs inside-jokes où ils disent faire partie d’une confrérie de  »Vatican Assassins » au service du pape; Charlie dit qu’ils sont en fait des Vatican Assassin Warlocks, du plus haut niveau. Hum.

Ils passent ensuite une dizaine de minutes à parler de Apocalypse Now, apparemment le film préféré de Charlie Sheen. Aucune mention des daddy issues que représente le fait que monsieur le papa de Charlie tienne la vedette dans le film.

My motto now is: you either love or you hate, and you must do so violently. I don’t live in the middle anymore. That’s where you get slaughtered, that’s where you get embarassed in front of the prom queen. If you love with violence and you hate with violence, there’s nothing that can be questioned.

Sur la notion de « laisser aller sa colère ».

They say « let go of your resentments ». No. I’m going to hang on to them, and they’re gonna fuel my attack, and they’re gonna fuel the battle cry of my deadly and secret and silent soldiers, because they’re all around you. Thought you were just messing with one dude? Sorry. WINNING.

Ensuite, il parle de son rejet complet des AA.

I closed my eyes and in a nanosecond, I cured myself. The only thing I’m addicted to right now is WINNING. This bootleg cult arrogantly referred to as Alcoholics Anonymous sports a 5% success rate. My success rate is 100%. Do the math!

Alex lui dit qu’il sonne comme Thomas Jefferson. Tsé, l’auteur principal de la déclaration d’indépendance des É-U.

I’m not Thomas Jefferson: he was a pussy! I have a disease? Bullshit, I cured it with my brain, with my mind. I’m cured, I’m done.

Bref. Ça, c’est juste la première partie. Il continue à parler de combien ça lui fait du bien d’avoir quitté les AA après 22 ans un peu, mais c’est surtout n’importe quoi. Il mentionne quand même qu’il a du tiger blood. Ça reviendra plus tard.

25 février 2011: CBS annonce officiellement l’annulation du reste de la saison de Men. Sheen est donc sans emploi. À la surprise générale, évidemment.

26 février 2011: 5h30 du matin, l’équipe de 20/20 (sur ABC) rencontre Sheen, chez lui. L’entrevue sera diffusée mardi soir. L’équipe de tournage lui a proposé de passer un test de dépistage de drogues; il en a passé deux (urine et sang), et les deux se sont révélés négatifs. C’est là que tout le monde a vraiment été surpris. D’autres extraits de l’entrevue, sur Good Morning America. Si vous voulez les citations excellentes, c’est par là.

You’d borrow my brain for like five seconds, and you’d be like « Dude, can’t handle it, unplug this bastard » because it fires in a way that is not from this particular terrestrial realm.

What does [bi-polar] mean? I’m bi-WINNING, I win here and I win there!

Quand Andrea Canning lui demande la dernière fois où il a consommé de la drogue, il répond ne pas s’en souvenir, mais il y a environ un mois, un mois et demi.

The last time I took drugs, I probably took more than anybody could survive; I was banging 7-gram rocks, and finishing them, because that’s how I roll, I have one speed, I have one gear: GO!

Comment a-t-il survécu?

Because I’m me, I’m different, I’ve got a different brain, I got a different heart, I got tiger blood.

Avait-il peur de mourir?

Dying’s for fools.

Aussi:

 

Bref. Le reportage complet est par ici, mais l’extrait de GMA vous donner une idée.

28 février 2011: Sheen, en entrevue au Today Show à NBC, demande une augmentation de salaire de 50% à CBS, disant que tant qu’il sera sous la barre des 3 millions de dollars par épisode de Men, il se considérera sous-payé. Il se rétracte quelques jours plus tard. Il déclare aussi qu’il considère ses deux « déesses » comme d’excellentes mères-substitut pour ses deux jumeaux d’environ 2 ans qu’il a eus avec son ex-épouse, Brooke Mueller. Entre temps, le publiciste de Charlie démissionne.

1er mars 2011 15h43: Charlie Sheen débarque sur Twitter. Son premier tweet:

Winning..!Choose your Vice...#winning#chooseyourvicehttp://twitpic.com/455ly9
1 March, 2011 6:43 pm via TwittelatorReplyRetweetFavorite
@charliesheen
Charlie Sheen

 

1er mars 2011 19h: Mueller obtient un restraining order, empêchant Sheen d’entrer en contact avec elle et leurs jumeaux. La police vient donc chercher les enfants chez Sheen. Charlie semble plus triste que fâché.

1er mars 2011 22h. Diffusion du reportage de 20/20.

2 mars 2011: Charlie Sheen obtient 1 million de followers sur Twitter, 25h17 seulement après s’être inscrit. Record absolu. #WINNING et #tigerblood sont dans les trending topics mondiaux.

La folie s’accentue.

 

3 mars 2011: Sheen annonce via Twitter qu’il s’est entendu verbalement avec Brooke et qu’ils n’iront pas en cour.

4 mars 2011: P Diddy invente le drink Charlie Sheen.

I'm at the bar ordering a "Charlie Sheen"...Ciroc straight w/ a Coke chaser. RT to the world ppl! #WINNING! Lol.
5 March, 2011 3:54 am via ÜberSocialReplyRetweetFavorite
@iamdiddy
iamdiddy

 

En entrevue à la radio de Philadelphie, Sheen déclare, en parlant de ses perspectives d’emploi:

It feels like the hot springs of Middle Earth is finally ready to explode outward.

Apparemment, c’est bon signe.

5 mars 2011 0h20: Sheen annonce que Bree a quitté sa maison, rebaptisée Sober Valley Lodge, et qu’il accepte les nouvelles applications. Huit heures plus tard, elle est de retour.

Update: Sober Valley Lodge;Rachel has left the building..., We're sad.... Over it...Applications now being accepted!#winner
5 March, 2011 3:11 am via TwittelatorReplyRetweetFavorite
@charliesheen
Charlie Sheen

 

5 mars 2011 22h: Sheen lance une « émission » sur Ustream, Sheen’s Korner, dont le slogan est « You’re either in Sheen’s Korner, or you’re with the trolls. » En gros, c’est Charlie Sheen, son producteur, un dude qui met des bruits de pets et une de ses goddesses, qui parlent pendant à peu près une heure. 90 000 personnes étaient au rendez-vous, en direct. Sheen en a profité pour dévoiler son tatouage WINNING! sur le poignet gauche. Moins de trente minutes après la fin du show, Saturday Night Live ouvrait avec une parodie du stream en question. Ça, c’est rapide.

6 mars 2011 20h: #tigerblood est encore dans les 10 mots-clés les plus populaires sur Twitter, au monde.

7 mars 2011 17h: Warner Bros, les producteurs de Men, annoncent qu’ils mettent officiellement fin au contrat les liant avec Charlie Sheen. TMZ obtient cette citation du principal intéressé:

This is very good news. They continue to be in breach, like so many whales. It is a big day of gladness at the Sober Valley Lodge because now I can take all of the bazillions, never have to look at whatshiscock again and I never have to put on those silly shirts for as long as this warlock exists in the terrestrial dimension.

Les mises à jour continueront, tant qu’il y en aura.

Ouf.

Évidemment, si de nouvelles choses se passent avec Charlie, je vous tiendrai au courant. En attendant, vous savez à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur la saga Charlie Sheen.

Ah. Et du Tiger Blood, ben, apparemment c’est juste pour sonner cool, mais au stade de baseball où Sheen va régulièrement, c’est le nom qu’ils donnent à la sauce Sritacha. Vous savez, la sauce forte, celle avec un coq dessus. Apparemment que c’est bon sur des hot dogs.

Bref, je viens de passer à peu près les 48 dernières heures à essayer de recoller les morceaux de toute cette folle histoire. Si j’en ai oublié des bouts, envoyez-moi un mail et je mettrai à jour.

Et n’oubliez pas: il faut #gagner.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
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« Homicide justifié »

fév21
2011
Laisser un commentaire Par Éric Samson

J’ai vu passer sur Facebook récemment une liste des récentes  « attaques des Républicains sur les femmes américaines ».

Ça incluait un projet de loi déposé au Dakota du Sud pour permettre le meurtre de médecins qui pratiquent l’avortement, sous une doctrine nommée justifiable homicide. (La logique étant que si on peut tuer, avec justification, quelqu’un qui s’apprête à lui-même tuer quelqu’un, pour protéger la victime, on devrait aussi pouvoir tuer quelqu’un qui s’apprête à tuer un foetus. Passons sur cette profonde idiotie, qui d’ailleurs a été rejetée en Chambre par une écrasante majorité. Au moins.)

Mais la notion d’homicide justifié m’est revenue en tête en lisant ce billet de Josef Siroka.

Black Shhhhh

Un homme de Riga, en Lettonie, a été tué par balles, parce que son voisin de siège au cinéma trouvait qu’il mangeait son popcorn trop bruyamment, pendant une présentation de Black Swan.

Bien que la Swompe condamne par principe tout acte de violence (même ceux qui nous permettent de faire des photoshops bien lols comme celui-ci), je ne peux m’empêcher de penser que ça va peut-être envoyer un message à tous ces idiots qui parlent au cellulaire, donnent des coups de pieds dans les bancs et généralement se croient dans leur putain de salon, pendant qu’ils écoutent un film dans un cinéma bondé.

Faites attention. Le manque de savoir-vivre pourrait prendre un sens beaucoup plus littéral que ce à quoi on est habitué.

Et ce qui arrive en Lettonie pourrait tout aussi bien arriver au Colossus à Laval. On sait jamais.

Je m’en voudrais aussi de ne pas vous inviter à prendre trois minutes pour regarder le fabuleux court de Lars Von Trier que Siroka propose pour illustrer son propos. Je vous le mets ici, parce que je vous aime bien.


Occupations – short film by Lars von Trier
envoyé par vahea. – Regardez plus de films, séries et bandes annonces.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
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Les 5 snobismes de la critique musicale montréalaise

fév14
2011
1 Commentaire Par Éric Samson

Les Inrocks ont publié hier une liste des cinq snobismes de la critique littéraire en France.

C’est très, très bien.

Et ça m’a donné l’idée de transporter ça à la scène musicale montréalaise. Pas que la critique soit mal en point, là… mais on ne peut pas lire le Voir, les blogues du Bang Bang et tout le reste sans remarquer certaines constantes, certains clichés dont on ne se sort pas. C’est comme ça.

Voici donc les 5 snobismes capitaux de la critique musicale montréalaise.

http://www.flickr.com/photos/timlawrenz/2373954264/

1. Montrer un flair incomparable pour dénicher les concerts de groupes qui vont exploser d’ici quelques années.

Il faut toujours avoir toujours vu le premier show hors-garage du band qui gagne aux Francouvertes, quand ils se sont produits au Il Motore en première partie d’un band post-folk de l’Oregon pendant Pop Montréal il y a cinq ans.

Il faut aussi impérativement avoir été là quand Nirvana a fait un show au Foufs. Tous les critiques musicaux qui se respectent à Montréal étaient là, si bien qu’une grenade bien placée en 1991 aurait empêché la fondation même du journal Voir, garanti*.

2. Avoir une opinion contrariante mais ne pas s’en formaliser.

« Kanye West, baillement. » est une critique acceptable pour un album qui a été encensé par la majorité de la presse musicale internationale. Bien qu’il faille nécessairement se fier à Pitchfork pour savoir si on aime ou pas un artiste, on doit, une fois par deux ou trois mois, choisir un album qui a reçu plus de 6,8 sur PF et le descendre en flammes. C’est comme ça qu’on montre qu’on a une opinion personnelle.

3. Ne pas mentionner connaître un artiste personnellement. Jamais.

Bien que la scène locale à Montréal soit composée de moins de gens que la ligue de hockey-bottine de Lachine-Ouest, que tout le monde se tienne dans les mêmes 3 bars et que ce soit toujours les mêmes 75 personnes qui achètent les albums des autres et s’auto-subventionnent, il ne faut jamais dire quelque chose comme « l’autre fois quand j’ai croisé Adamus au Quai des Brumes ». L’illusion de la distance critique est primordiale, sinon les 75 lecteurs vont penser que le prochain article sur Canailles aux Francouvertes va être OMG COPINAGE.

4. N’être que minimalement enthousiasmé par un artiste qui a plus de 140 fans facebook.

C’est très important. Le rôle du critique musical n’est pas de parler de ce que les gens veulent entendre: laissons Arcade Fire (Grammy ou pas), Malajube et Misteur Valaire à La Presse. Ce qui est important, c’est un band qui peine à attirer plus de fans qu’il a de cousins à la Sala Rossa. Ceci dit, il est aussi important d’avoir ses chouchous, un groupe qui est devenu quasiment mainstream mais qu’on s’accorde quand même le droit d’apprécier. En ce cas, il faut mentionner qu’ils sont « toujours aussi bons » (et/ou « pertinents ») ou que ça nous « rappelle leurs débuts ». (Exemple safe: les Breastfeeders. Exemple non-safe: les Cowboys Fringants.)

5. Ne jamais, jamais parler de Malajube.

Même si on attend le nouvel album plus excité qu’une bande de fillettes qui attendent Justin Bieber devant MuchMusic. Au pire, on peut s’en servir comme headline pour attirer les lecteurs, mais « La nouvelle galette du groupe de Sorel est débarquée dans les bacs la semaine passée, mais parlons plutôt du 7 » du nouveau projet post-ambient du bassiste de Mumford And Sons » est le genre de phrase qu’on vise, ici.

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Avant de recevoir des emails de bêtises: je ne cible personne. Ce sont des constats généraux; je suis moi-même coupable de la majorité de ceux-ci, et je suis probablement juste jaloux de pas avoir été aux Foufs pour voir Nirvana.

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* Je sais bien que Voir a été fondé en 1986. C’est une figure de style.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé intelligence, manque de respect, médias, méta, on veut ton bien

Émission du 26 février 2009

fév26
2009
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Le livre noir de Ta Mère

Amateurs de cabotinage, la Swompe vous offre son spécial « Jonglerie ».

Tout au long de l’émission, moi et Mathieu avons jonglé avec divers objets afin d’augmenter le niveau de difficulté inhérent à notre folle aventure radiophonique. Le résultat parle de lui-même.

Intro
Yeah Yeah Yeahs – Zero
Julie Doiron – Consolation Prize
Morrissey – Something Is Squeezing My Skull
Xavier Caféine – L’aéroport
Critique du Livre noir de Ta Mère
Les Froeurs – Back-up
Mahjor – Ping Pong
Les Branches Mortes – Ton rêve ultime
Vanesse Pariétaire – Exil
Julie nous parle des Rendez-vous du cinéma québécois
Phoenix – 1901
Mille Monarques – L’engin de la mort
Wintermitts – Accord mineur
Grosse distortion – C’est un Vuarnet!
La Patère Rose – Pacemaker
Ruby Jean & The Thoughtful Bees – You Don’t Miss Me

Pubs

Blissa – Intro funkale
Obscenekidz – Janet Jackson
Lady Sovereign – Pennies
Donzelle feat. Giselle Numba One – All Dick No Balls
Éric: La Nuit blanche de Montréal en lumières
MGMT – The Youth
The Raconteurs – You Don’t Understand Me
Les Chiens – D’un seul coup
The Vines – Homesick
Mathieu: Le Bathyscaphe
Neo Tokyo – Because You Left
Ratatat – Bruleé
Free Blood – Grumpy
LCD Soundsystem – Watch The Tapes
Outro
Reprise de la semaine: TV On The Radio – « Heroes »

L’article sur la Nuit blanche, que j’ai promis pendant mon topo, devrait être en ligne d’ici peu. Restez à l’affût!

Comme d’habitude, si vous voulez vous abonner au podcast de la Swompe, vous avez l’option iTunes ou autre programme, ou vous pouvez tout simplement télécharger le mp3.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé cinéma, jonglerie, La Swompe, littérature, montréal, nuit blanche, Poulin, Samson

Émission du 12 février 2009

fév13
2009
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Une autre émission de grande qualité. 

Intro
Malajube – Le Métronome (démo)
Xavier Caféine – Montréal
Weezer – Getchoo
Les Marmottes Aplaties – J’entends tes cris
Julie nous parle de cinéma 
Peppertree – Enterre de vie
The Pains Of Being Pure At Heart – Everything With You 
of Montreal - 1st Time High (Re/de-constructionist Jon Brion Remix of An Eluardian Instance)
Broken Spindles – I’ve Never Been This Afraid
Éléphantine – Libérer le génie
Mathieu: Métarevers, de Serge Lamothe 
Monostereo – Mais encore
Band de garage – Le boucher
Carl-Éric Hudon – Quand on s’emmêle des fois dans l’herbe
Clem Snide – With All My Heart
Franz Ferdinand – Katherine Kiss Me

Pubs

The Vox Jaguars – Swagger
Éric: 2666, de Roberto Bolaño
The Raveonettes – The Great Love Sound
Les Incendiaires – Il n’y a pas de Valentin pour toi, coeur solitaire
Philippe B – Chelsea mon amour
Mr. Scruff – Get On Down
Mathieu: Recette de truffes
Arvida Crew – Vilaine Valse
Ruby Jean & The Thoughtful Bees – Danse Danse Résolution
Bloc Party - One Month Off (Filthy Dukes Vocal Remix) 
Numéro# - Star Model (Le Matos Poindexter Remix) 
N.A.S.A. Feat. Tom Waits & Cool Keith - Spacious Thoughts
Outro
Reprise de la semaine: Cibelle – Footloose 

Comme d’habitude, si vous voulez vous abonner au podcast de la Swompe, vous avez l’option iTunes ou autre programme, ou vous pouvez tout simplement télécharger le mp3.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
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Live d’Osheaga, il est 19h40

sept09
2007
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Je me rends compte à l’instant que j’ai oublié de vous parler de Pascale Picard.

En fait, je me rends compte à l’instant que je n’ai pas grand chose à vous dire sur Pascale Picard, sinon que son mashup de Portishead avec Sweet Child o’Mine de Guns ‘n’ Roses a été plutôt pénible. Le reste semblait pas si mal, mais beaucoup moins digne d’une grande scène que le show de Pawa Up First, qui souffrait dramatiquement de l’exiguïté du Salon des Arts, pas seulement parce que c’était fucking plein, mais aussi parce que le son était mal réparti: j’ai dû quitter deux chansons après l’arrivée du MC, son micro étant tellement fort que mes oreilles en grichent encore. Par contre, quelle joie musicale, avant ça.

Les Arctic Monkeys ont eux aussi assuré, malgré la défaillance là aussi de leur sonorisation. Relativement près de la scène, la basse était si forte qu’on n’entendait qu’elle et qu’un des deux guitaristes semblait avoir acheté sa pédale d’overdrive chez Radio Shack. Plus en retrait, près de la (fabuleuse) tente CISM, le son était bien meilleur, si bien que je me suis résigné à ne pas voir les jolis minois des simiens nordiques pour plutôt les entendre correctement.

Macy Gray est en train, j’espère, de finir son show. Ça n’avait vraiment pas d’affaire ici, ça. Au festival de Jazz, ça aurait été un événement à ne pas manquer – à un festival « émergent », finir un set avec I Try, mon doux, pitié.

011 s’en vient, j’ai bien hâte, par contre je devrai quitter pour aller voir You Say Party! We Say Die! après un tout petit quart d’heure… Enfin. Telle est la dure vie d’un journaliste culturel.

Ce que je ne ferais pas pour vous, chers lecteurs.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
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MTV rend con, mais…

août03
2007
Laisser un commentaire Par Éric Samson

…la musique rend smatte.

C’est du moins la conclusion que porte les gens du département de médecine de Stanford, qui disent que la musique aide à développer l’acuité cérébrale. C’est pas nouveau: j’ai toujours dit que les deux albums de Ratatat étaient la musique idéale pour tout ce qui est étude, travail ou activité demandant de la concentration; j’ai aussi toujours dit que Lindsay Lohan allait un jour trouver le remède contre le cancer, les verrues plantaires et Judy Richards… voilà qui ne saurait tarder, si on se fie à l’image qui suit.

Lindsay en pleine recherche scientifique
Évidemment, nous sommes tous abonnés à la revue Neuron, alors nous pourrons tous lire l’article et le comprendre aisément – suffit d’avoir écouté assez de Pink Floyd et de Jefferson Airplane…

À moins que j’aie manqué quelque chose. Si les revues scientifiques du Stanford Medical School ne sont pas à votre portée, vous avez deux choix: faites comme Lindsay et pratiquez votre cerveau, ou lisez le compte-rendu de l’article. Via Idolator.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans Samson - Libellé idolator, intelligence, lindsay lohan, musique

Et hop! 150 points d’un coup!

juil31
2007
1 Commentaire Par Poulin

antonioni.jpg

Je n’ai jamais vu un film de Bergman, à part des extraits de Persona dans un cours au cégep; je n’ai jamais vu un film mettant en vedette Michel Serrault; je suis un peu plus familier avec l’oeuvre d’Antonioni, mais pas assez pour avoir un sincère pincement au coeur.

Tout ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui est un grand jour pour ceux qui on un celebrity death pool.

Pour vous tenir à jour: Wikipedia ou le Celebrity death beeper.

Un autre billet de qualité signé Poulin.
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Épicons notre vie

juin20
2007
2 Commentaires Par Éric Samson

J’ai une confession à vous faire: je suis allé voir plusieurs mauvais films au cinéma: en fait, la première fois que j’ai mis les pieds dans une salle de cinoche, c’était pour voir Yahoo Serious is: Young Einstein.

Ça ne m’a même pas surpris quand je suis allé avec deux potes, vers 1998, voir Spice World au cinéma.

D’accord, c’était Pour Le Gag (eh, oui, j’étais ironique même dans les années ’90 – trop hip pour mon temps, que voulez-vous) et, à la sortie du Palace (un t-shirt de la Swompe à quiconque se rappelle de ce cinéma à rabais au centre-ville de Montréal), j’ai trouvé que c’était le pire gaspillage de pellicule depuis, et peut-être même incluant, Howard le Canard.

Mais j’ai tout de même très hâte à la réunion des Spice Girls.

Les Filles Épicées

Et pourquoi pas?

On sait jamais! D’un côté,FutureSex/LoveSounds de Justin Timberlake a été un des meilleurs albums de l’année passée – alors il peut sortir du bon d’à peu près n’importe où. D’un autre côté, si No Doubt a pu passer de pas-pire-groupe-ska à mauvaise-reprise-de-It’s My Life en 10 ans, on sait jamais, peut-être que la nouvelle version des Spice Girls va sonner comme un nouveau Interpol.

Who knows.

La réponse le 5 novembre, alors qu’on aura droit à un Greatest Hits incluant au moins une nouvelle pièce, Woman.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans musique, optimisme démesuré, Samson - Libellé musique, optimisme démesuré, Samson

Sergei Samsonov à Chicago

juin16
2007
2 Commentaires Par Poulin

Selon RDS.ca

Le Canadien de Montréal a échangé l’attaquant Sergei Samsonov aux Blackhawks de Chicago.

En retour, le Tricolore a obtenu le défenseur Jassen Cullimore et l’attaquant Tony Salmelainen.

Le directeur général du Canadien, Bob Gainey, a déclaré qu’ »en prenant pour acquis que Sergei Samsonov ne cadrait pas dans les plans de l’organisation pour la prochaine saison, les options qui s’offraient étaient de racheter son contrat ou de l’échanger afin de donner à l’équipe une plus importante latitude contre le plafond salarial pour les deux prochaines saisons ».

Les trois joueurs sont sous contrat pour la saison 2007-2008 à raison de salaires annuels de 3,525 millions $ dans le cas de Samsonov, 1,925 million $ en ce qui concerne Cullimore et de 750 000 $ pour Salmelainen.

La formation montréalaise rachètera l’entente de Jassen Cullimore. Quant à Salmelainen, sa situation sera évaluée dans les semaines à venir.

Cullimore, 34 ans, a participé à 65 matchs avec les Blackhawks en 2006-2007. Il a récolté sept points – 1 but, 6 aides – et amassé 64 minutes de punition.

Agé de 25 ans, Salmelainen, a récolté 17 points – 6 buts, 11 aides – en 57 rencontres avec les Blackhawks en tant que joueur recrue en 2006-2007. Sélectionné en première ronde par Edmonton en 1999, il avait pris part à 13 matchs avec les Oilers en 2003-2004.

Sergei Samsonov s’est joint au Canadien à titre de joueur autonome en juillet 2006. Il a récolté 9 buts et 17 aides pour un total de 26 points en 63 matchs lors de la dernière campagne.

—————————————————–

Ok, je viens PEUT-ÊTRE, UN PEU, de dépasser notre mandat.

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Arcade Fire ont volé mon ballon

juin05
2007
3 Commentaires Par Poulin

winbasket.jpgJ’ai toujours aimé les rivalités web; c’est si facile de chercher le fuck sans pour autant risquer de manger une volée. Et voici la dernière des rivalités qu’il m’ait été donné de découvrir, à savoir un conflit opposant un individu X à Win et Will Butler, nos amis à tous. La source du différent? Le plaignant affirme que, lors d’une séance de basketball à l’université Berkeley, Win Butler aurait refusé de céder sa place au panier pour qu’une équipe puisse jouer, qu’il se serait fâché, que la sécurité s’en serait mêlé et que le chanteur, dans une démonstration à la fois subtile et fulgurante de son courroux, se serait sauvé en volant de ballon du principal intéressé. Or voilà: comme si le salissage public n’était pas assez pour calmer les ardeurs du basketballeur déchu, ce dernier pousse l’insulte jusqu’à réclamer qu’Arcade Fire (ou quelconque représentant de la maison de disques) lui rendent son ballon. Ouf. Ça joue dur.

On retrouve son plaidoyer au http://arcadefirestolemybasketball.blogspot.com/.

Puis, comme la famille Butler est unie, le frère de l’autre, dans un élan de « qu’à cela ne tienne », s’est lui-aussi ouvert un blogue sur le sujet, sur lequel il a loisir de déployer toute la finesse de sa rhétorique. Car selon lui, Arcade Fire n’ont jamais volé de ballon… Et décidément, en terme de divertissement, Will Butler upstage vraiment le californien en manque d’attention…

On retrouve la (les) réponse(s) au:
http://arcadefiredidntstealdudesbasketball.blogspot.com/

Certainement la nouvelle la plus édifiante de la journée.

Un autre billet de qualité signé Poulin.
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Les Invincibles enfin dans mes oreilles

juin05
2007
1 Commentaire Par Éric Samson

Depuis le temps que je lobbyais pour ça, c’est finalement arrivé: dès ce matin, chers swompeurs, vous pourrez vous procurer en magasin la trame sonore des Invincibles.

Ne reculant devant rien, vos fidèles hôtes se sont lancés au coin de St-Denis et Mont-Royal, à La (coquette!) Roquette, pour le 5 à 7 de lancement de cet album bourré de reprises très bien ficelées (et, pour ceux qui suivent ma carrière depuis plus de deux semaines, vous savez tout l’attachement que je porte aux bonnes reprises), avec en boni la chanson-thème en version allongée, et une toune de Skydome.

Nous avons eu droit à une prestation live de la très sympathique et excellente Kim Bingham, qui nous a fait Every Rose Has Its Thorn et, bien sûr, Cry Cry Cry.

 Kim Bingham

Une fois le mini-show terminé, ben, on s’est rapidement rendus compte qu’on était pas dedans: autour de nous, que des amis du cast & crew, et visiblement aucun autre non-initié dans la place. Pas grave, j’ai quand même ramassé un CD, maintenant dûment autographié par tout le monde que j’ai pu trouver.

Je profite de cette tribune pour faire taire des rumeurs voulant que je ressemble à Rémi-Pierre Paquin (Rémi-dans-la-série). Trop pas. Voyez:

Rémi-Pierre Paquin et moi

(Bon, je fais une face d’ortho, là, mais j’avais juste envie d’aller aider la demoiselle à prendre la photo, elle ne semblait pas à l’aise.)

Et que voici, pour terminer, un petit mp3 pour vous donner le goût d’acheter: quelle merveilleuse reprise de Johnny Cash.

Kim Bingham – Cry Cry Cry

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Un lac de Saskatchewan, ça sonne de même

juin03
2007
4 Commentaires Par Ta Mère

besnardlakes.jpg

Ne reculant devant rien pour la promotion de la culture mourialaise, r’velà-tu pas Ta Mère qui se pointe avec un beau gros CD sous le bras et, chose étonnante, il y a un cheval noir sur fond brunâtre avec des flammes… Bien entendu, ç’aurait pu, vu ses goûts éclectiques et étonnants (dont vous ne voyez qu’une fraction dans la Swompe, sa collection n’étant pas très résistante à l’humidité ambiante), être un band de country néo-gothique aux accents équestres prononcés, mais il n’en est rien. En fait, je cause ici des Besnard Lakes, dont le leader originaire de Saskatchewan (oui, la musique est une chose qui a atteint les Prairies… à quand le câble et Internet!?) a choisi, apparemment, le nom d’un lieu reculé de ladite province pour donner à la musique ambiante et vaguement psychédélique de son groupe un patronyme qui se respecte. Et, bien sûr, ils sont basés à Montréal, comme tant de bands répondant à l’étiquette «indie rock» (trouvez ce que ça veut dire d’autre que «indépendant», et je vous donne un t-shirt de la Swompe) semblent se plaire à faire ces temps-ci.

Ainsi, The Besnard Lakes Are the Dark Horse est, depuis février (toujours ce damné retard, fallait que je nourrisse mes petits), bien installé dans les bacs des disquaires, côtoyant leurs bons amis montréalais Islands, Wolf Parade, The Handsome Furs et Arcade Fire. En fait, on peut difficilement comparer les Besnard Lakes à ceux que j’ai mentionnés, car leur musique se rapproche davantage des Super Furry Animals (avec qui la ressemblance est frappante dès la première chanson, «Disaster», à cause des voix et de l’aspect «smooth» qui s’en dégage) et de Black Mountain, mais sans la démesure et le psychédélisme assumé. Le plus amusant, c’est que ce qui peut parfois manquer aux Super Furry Animals est la même chose qui manque à l’album des Besnard Lakes : à vouloir trop installer un style et un son en particulier, le long-jeu (qui demeure une savoureuse expression du temps de nos parents) finit par en souffrir, comme si ce qui était offert à notre oreille était uniforme et linéaire sans pour autant être de mauvaise qualité.

Pour être honnête, la formule est efficace : guitares avec trémolo hyperpuissant, piano langoureux et un «reverb» qui frise le wall of sound de Phil Spector (mais sans les poursuites judiciaires pour meurtre), c’est classique, certes, mais c’est dans l’exploitation que tout se joue. Sur ce plan, The Besnard Lakes Are the Dark Horse s’en tire à bon compte, et on peut s’en rendre compte tout particulièrement sur «Disaster», «Devastation» et «Ride the Rails», sauf qu’en bout de ligne, on se sent comme à un pique-nique sans les classiques sandwich : tout est bon, mais il manque le gros plat de résistance qui rend la journée réjouissante : on semonce maman quelques instants, puis on passe à autre chose. Quand l’album s’achève, on s’aperçoit que le son du groupe est très puissant et bien campé, mais il y manque un petit quelque chose qui viendrait relever le son, comme s’ils avaient tenu à sonner très mesuré et précis sans laisser place à une spontanéité qui, je crois, leur aurait été salutaire. Après tout, quand on parle de rock psychédélique, qu’il soit indie ou pas, ça suppose un peu d’exagération, de la démesure et de l’expérimentation sans fin, mais ça n’est tout simplement pas arrivé sur cet album. Là encore, pour donner un exemple de ce que j’entends par là (je suis si scolaire), je vous réfère à Black Mountain, qui a réussi un coup de maître avec leur album éponyme et leur EP Druganaut, qui contient la fabuleuse «Buffalo Swan». Comparez, et vous verrez.

Par contre, je prends la peine de vous convier à aller les découvrir en concert (suivez-moi, je vais vous y emmener avec une petite corde jaune que tout le monde tient dans sa main pour ne pas se perdre, et je jouerai le professeur mère-poule qui couve ses élèves en classe-neige par crainte d’accusations de négligence) le 5 juillet au Metropolis. Selon moi, leur son doit être beaucoup plus convaincant en spectacle, et s’ils donnent à leurs chansons tout l’espace dont elles ont besoin sur scène, mon petit doigt au vernis grenat me dit qu’il pourrait bien s’agir d’un concert des plus planants, efficaces et envoûtants. À suivre, et je leur souhaite bonne chance.

Bonne semaine, amis lecteurs, et rappelez-vous que je vous offre mon amour illimité. M’en vais sortir mon pâté chinois du four, les p’tits ont faim.

the-besnard-lakes-disaster.mp3

Un autre billet de qualité signé Ta Mère.
Classé dans concert, musique - Libellé concert, musique

St-Viateur et palettes drettes en bouette

juin02
2007
Laisser un commentaire Par Poulin

Merveilleuse journée au festival St-Viateur hier; si les organisateurs pouvaient être déprimés par le temps maussade (et la relativement faible affluence) en début d’après-midi, les nuages firent rapidement place au soleil, à la marmaille, aux manches en tattoo et aux fêtards de tout acabit. Yestarday’s Ring étaient bons et divertissants, Dee pas vraiment intéressant (moment propice pour aller se bourrer de crème à glace au Bilboquet), la fanfare ukrainienne géniale (ils auraient été bons même s’ils avaient joué des tounes de Dee) et Socalled plutôt curieux; va décidément falloir que j’écoute ses records avec plus de sérieux si je veux apprécier ses prestations.

thugargile2.jpg

Cela dit, aussi bizarre cela puisse-t-il paraître, le moment fort de ma journée fut l’atelier de sculpture sur glaise, où — à mon premier contact à vie avec ce matériau — j’ai cru bon de faire naître sous mes mains un thug à palette drette (des Expos, cela va sans dire). Je lui avais même fait un médaillon, mais il fut sauvagement arraché par ma copine, sous prétexte que « ça tiendrait pas » (je soupçonne cependant da la jalousie devant la réussite indéniable de mon projet créatif). Anecdotes mises de côté, tout le volet « art de rue » — visiblement boudé aujourd’hui par mes collègues de la blogosphère — est donc grandement responsable de la réussite de l’événement. En espérant que ça revienne à chaque année.

Aussi: chose promise, chose faite. Au diable Pas Chic Chic (dont le EP me laisse toujours de glace) et Patrick Watson, vive la broue. Du moins, c’est ce qu’on se disait avant d’arriver aux Cours Windsor et de voir la place prise d’assaut par des banlieusards chilleux qui y sont davantage pour mater les représentantes de Sleeman’s que pour déguster et découvrir de nouveaux elixirs. Trop de monde, trop de bruit, trop de manque de classe; c’est sans doute plus agréable en après-midi…

PS: Alors que voir Jean Leclerc et Jérôme Rocipon chiller sur St-Viateur était une vision bien plausible, voir Pauline Marois quitter le Mondial de la bière en riant l’était un peu moins.

Un autre billet de qualité signé Poulin.
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Culturons Stephen, épisode 3,5

mai24
2007
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Retour, donc, sur le troisième livre que Yann Martel a envoyé à notre PM adoré.

harperarchie.jpg

Le meurtre de Roger Ackroyd, d’Agatha Christie, est un autre excellent roman policier, comme Christie en a le secret. Poirot découvre le pot aux roses dès le début, et ne nous laisse rien deviner. Honnêtement, si vous aimez les romans policiers, ne serait-ce qu’un tout petit peu, lisez-le, ça en vaut la peine. Et le punch! Ouh, quel punch.

Par contre, il y a un gros problème, et je suis un peu fâché contre Yann: l’intérêt du livre, pour Harper, son petit message caché qu’il tente insidieusement de faire comprendre au PM, se cache justement dans le punch, dans le dernier chapitre.

Voici donc ce que je vais faire; pour ceux qui l’ont lu, ou n’ont pas l’intention de le lire, je vais mettre la suite de l’article ici, cachée par ce petit lien.

Je veux voir le punch! ▼

Le meurtrier est le narrateur, Dr. Sheppard. Au cours du roman, il « oublie » de décrire certains événements, pour préserver son apparente innocence jusqu’au tout dernier chapitre. Par contre, tout au long du livre, il ne ment strictement jamais. Il ne dit juste pas l’entière vérité.

Message au PM: Il ne faut pas faire confiance aux gens qui nous donnent des informations, même si on pense qu’ils travaillent pour nous et qu’il n’est aucune raison de douter de leur bonne foi. Le Dr. Sheppard est particulièrement ratoureux, mais il réussit presque à berner Poirot. Faites attention, Mister Harper, aux gens qui sont autour de vous.

Voilà. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, eh bien courez-y et revenez m’en parler après.

L’Opération Culturons Stephen vous reviendra lundi, lors de l’annonce du nouveau roman.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
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