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Billets libellés choqué

Le livre comme tel

avr23
2011
Laisser un commentaire Par Éric Samson

Aujourd’hui, l’UNESCO nous invite à célébrer la « journée mondiale du livre et du droit d’auteur ». Le sombre idiot qui a eu l’idée de fêter en même temps un objet d’art et un concept économique désuet devrait être fusillé, sans attendre.

Le copyright est agonisant, et c’est une bonne chose. Je ne reprendrai pas ici le débat sur le piratage, je l’ai déjà fait ailleurs, de toute manière, et si quelqu’un me sort encore « comment les artistes vont faire pour vivre s’ils ne sont pas payés pour leur contenu » et « le piratage c’est du vol », je pense que je me défenestre. Allez lire ce qu’en dit Francis Ford Coppola, mais de grâce ne portez pas attention à l’analyse idiote de l’auteure de l’article, qui commet encore une fois les mêmes erreurs élémentaires de ne pas faire la différence entre « faire payer le consommateur » et « faire vivre les artistes ».

Excusez si je me choque, mais j’en ai marre.

Quand les studios de cinéma se sont rendus compte que les gens pouvaient de plus en plus facilement reproduire l’expérience « aller voir un film » chez eux, gratuitement, il y en a qui ont paniqué et qui se sont mis à poursuivre les gens qui téléchargeaient des films sur BitTorrent, et il y en a d’autres qui ont décidé de rendre l’expérience irreproductible. Ça nous a donné une trâllée de films en 3D, par exemple, dont quelques uns valaient la peine (et d’autres, non.) Pour voir un film en 3D, il fallait obligatoirement aller au cinéma: aucun moyen de faire ça à la maison. Au lieu de tordre le bras et de dire « méchant téléchargeur », on a trouvé un moyen d’ajouter de la valeur au cinéma, et les gens ont répondu en masse.

En musique, c’est à peu près la même chose; certains ont compris qu’il vallait mieux donner sa musique enregistrée, pour attirer des gens aux concerts (une expérience irreproductible, donc incopiable et impossible à pirater, à moins de falsifier des billets de show).

La littérature, malheureusement, peine à se trouver une déclinaison unique et distinctive; ce n’est pas un art performatif (sauf dans le cas des conteurs ou du théâtre, mais on sait déjà que les seuls gens qui achètent des textes de théâtre sont les étudiants et les dramaturges, à peu d’exceptions), il est donc difficile de justifier « donner le contenu » pour vendre autre chose.

L’arrivée des livres électroniques pose donc un nouveau problème; il est difficile de reproduire un livre « classique » au complet: numériser chacune des pages, bla bla, ça n’avance personne. Et photocopier un livre, ça va finir par coûter plus cher que l’acheter.

Mais un livre numérique, ça, c’est pas mal moins ardu.

Les grandes maisons d’édition ont compris ça tout de travers: par exemple, lorsque l’on tente « d’emprunter » un ebook à la BAnQ, il se peut que le PDF ait déjà été emprunté par quelqu’un, auquel cas on devra attendre qu’il ait fini de le lire. C’est évidemment d’un ridicule profond: alors que justement la numérisation des oeuvres permet d’en effectuer des copies infinies à un coût tellement minime qu’on peut le considérer comme inexistant, on simule la seule caractéristique désagréable d’un livre-papier (quand tu le prêtes, tu ne l’as plus à toi) en faisant semblant qu’on n’a qu’un seul PDF et qu’une fois qu’il est « emprunté », il n’est plus disponible. On crée artificiellement de la rareté, on cadenasse le contenu, on prive le lecteur potentiel, sans justification aucune. Fin de la parenthèse.

Quoi faire, donc, devant cette apparente brèche dans le système de l’industrie éditoriale? Admettre la défaite?

Non. Simplement, réaliser qu’il y a de la valeur dans l’objet-livre. Intrinsèquement.

C’est un peu ce que font les Éditions du Seuil, avec leur campagne pour promouvoir leurs nouveaux livres de poche.

Vous voyez comment, derrière une simple parodie des pubs de iPad, se cache une mise en valeur du livre en soi, du livre comme objet qui n’a pas besoin d’upgrade, qui remplit mieux sa mission qu’un quelconque autre bidule.

Le codex comme irremplaçable.

Et drêt là, quand les éditeurs croient avoir déjà trouvé une solution… c’est alors qu’interviennent les auteurs.

Parce que c’est bien beau, tout ça, cette belle idée éditoriale de mettre en vedette le livre imprimé et relié comme étant imperfectible et donc irremplaçable, mais il reste que le créateur va toujours chercher à jouer avec son shit pour rendre les choses un peu plus compliquées et donner de la job aux gens comme moi qui ont étudié spécifiquement pour être capables de les comprendre et de replacer leurs lubies créatrices dans un espèce de grand schéma fondateur de quelque chose.

Le premier véritable exemple que j’ai eu d’un livre qui se considérait lui-même comme livre et qui agissait en conséquence, c’est House of Leaves de Mark Z Danielewsky. Si vous vous ramassez dans une librairie anglophone quelconque, les chances sont bonnes que vous tombiez sur House. C’est un peu devenu un roman-culte.

Voilà un livre qui assume pleinement sa forme, qui crée par sa propre lecture une angoisse profonde chez le lecteur, le caractère ergodique faisant de la lecture elle-même une opération créatrice.

Je vous insère ici, gracieuseté de Greg Hickman sur Flickr, quelques images qui vous donneront une idée de l’expérience que peut être la lecture de House of Leaves.

Close-up of Detail of House of Leaveset

Pages 140-141 of House of Leaves
et
Pages 204-205 of House of Leaves
et
Pages 432-433 of House of Leaves
et encore
Pages 464-465 of House of Leaves

Un autre livre-roman qui m’a foutu la peur du saint feu de Dieu, c’est Tree of Codes de Jonathan Safran Foer. J’imagine que la proximité des titres entre Tree of Codes et House of Leaves n’est pas fortuite.

Foer a décidé de prendre son livre préféré, Crocodile Streets de Bruno Schulz, un recueil de nouvelles hongrois plutôt obscur, et a écrit son histoire à l’intérieur même de ce livre.

Comment on fait pour écrire une histoire dans un autre livre? C’est simple: on coupe les bouts qui ne nous intéressent pas.

Le résultat est saisissant.

La première vision qu'on a de Tree of Codes

La première vision qu'on a de Tree of Codes

Eh oui.

Il a découpé dans son livre favori, pour enlever tout ce qui ne faisait pas partie de son histoire.

Vue de près

Vue de près

Il a découpé. Chaque page. Pour ne garder que ce qui faisait, d’un recueil de plusieurs nouveles disparates, une histoire simple, concrète, directe: le récit de la dernière journée d’une vie.

Une vie pleine de trous, une vie comme toutes les nôtres: avec des longs pans où il ne se passe rien. Sauf que chez Foer, là, ben… on le voit. Le texte a plus que des blancs: il a des trous, littéralement.

Les trous

Les trous

Voici un livre qui n’est rien sans papier, qui n’est rien de plus qu’une nouvelle overpriced de moins de 50 pages, si on la transcrit sur iPad.

Voici quelque chose qui justifie l’imprimé.

Voici, peut-être, quelque chose comme un des avenirs du livre.

Et ça, y’a pas besoin de droit d’auteur pour le « protéger » .

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature - Libellé éditorial, culture, fuck you, gratis, internet, littérature, Livres, méta, on veut ton bien, Tragédie

N’écrivez pas de livres

mar21
2011
16 Commentaires Par Éric Samson

Je ne cacherai pas que c’est Patrick Dion qui m’a mis le feu au culturel, tantôt.

Sur BangBang, il y a deux semaines, il étalait ses « revenus d’auteur ». Aujourd’hui, il en rajoute sur son blogue personnel (donc, celui pour lequel il n’est pas payé) avec son billet « Foutu (sic) littérature » .

Il y a un mois, la blogueuse écolo Cécile Gladel, auteure d’un livre publié aux Intouchables, L’écolo écono, montrait « fièrement » une photo de son chèque de droits d’auteurs pour l’année 2009-2010.  Elle avait reçu $48 et quelques, pour un livre paru deux ans auparavant.

Dion, lui, a reçu mille-quatre-cent-quelques piastres, en un an.

Les deux prennent ostensiblement, pour leur billet, la posture de vouloir « éduquer le public ». Le titre du billet de Gladel était « Vous pensiez que les auteurs étaient riches? » et Dion va carrément dans le mépris du public en disant des choses comme « la vision du bon peuple est biaisée » (le bon peuple? vraiment?) et autres trucs du genre.

Bon.

On va arrêter de niaiser.

(Crédit photo: Stephan Geyer sur Flickr)

(Crédit photo: Stephan Geyer sur Flickr)

Tout le monde le sait, que faire de l’art, au Québec, c’est pas payant. La campagne anti-piratage de l’ADISQ de 2004, avec Stefie Shock, Dumas et les autres, commençait déjà à répandre la Bonne Nouvelle au Bon Peuple. Quand on a vu Gil Courtemanche faire un tollé pour un prix de $10 000, cet automne, et qu’on a déploré que « plusieurs des autres auteurs en lice ne pouvaient pas se permettre de laisser passer un tel montant », c’était déjà sous-entendu. Philippe Renault de Rue Frontenac a fait un super topo sur les side-lines des artistes d’ici et André Péloquin avait déjà parlé du phénomène en 2008.

Tout le monde le sait, que les artistes ne roulent pas sur l’or. L’état de la littérature au Québec est déjà bien connu, alors on m’excusera de ne pas considérer comme éducatif de montrer ses chèques de paye au grand jour, pour « dénoncer une situation » qui est connue de tous.

Surtout si, comme Dion, on s’en sert pour dénoncer le projet de loi C-32 qui prévoit une réforme des droits d’auteur. Personnellement, mon avis est que C-32 ne fait que créer mille problèmes en institutionnalisant des aberrations de l’ère pré-numérique et qu’on est mûrs pour repenser en profondeur le concept même de droit d’auteur.

Je suis bien d’accord avec Dion quand il déplore le peu de place qu’on laisse à la littérature dans la sphère médiatique québécoise. C’est un autre débat, que je me prévois bien entreprendre ici un jour.

Mais quand on nous sort des phrases comme

j’ai été rémunéré 2,44$ de l’heure pour écrire ce bouquin, soit quatre fois moins que le salaire minimum (pd:bb)

Mais tant d’efforts pour si peu de résultats? Est-ce que tout ça valait la peine? (pd.ca)

Quand on compte les heures de recherche, les heures pour écrire, les heures de promotion (on n’est pas payée quand on fait des entrevues lors de la sortie d’un livre), les heures dans les salon du livre ( pas payée non plus), il ne faut pas faire le calcul du taux horaire sinon on déprime. (cg)

c’est là que je décroche.

Vous savez combien ça nous paye, par année, animer à CISM? 0$. Oui, bon peuple, tout ce travail, tout cet effort, pour rien. Attendez, je formule différemment. On n’est pas payés quand on fait de la lecture pour critiquer des livres qu’on achète souvent nous-mêmes, on n’est pas payés quand on fait de la promo pour l’émission, on n’est pas payés quand on va voir des films, des pièces de théâtre ou des shows, on n’est pas payés pour écrire nos topos, on n’est pas payés pour faire la recherche musicale de l’émission, on n’est pas payés pour animer, on n’est pas payés pour faire la mise en ondes. Il ne faut pas faire le calcul du nombre d’heures qu’on passe annuellement sur un show comme La Swompe, sinon on se trouve vraiment cons. Surtout si on regarde son compte en banque après.

Vous me répondrez que je le savais, en arrivant à CISM, que je ferais pas une cenne. Ben, exactement. Et toi, Patrick, et toi, Cécile, et toi aussi, auteur X, viens pas me dire que tu pensais payer ton hypothèque avec ton livre?

À part quelques chanceux, les auteurs n’ont jamais vécu de leur plume. Baudelaire ne vivait pas de sa poésie, Rimbaud est devenu marchand d’armes, Balzac est mort pauvre comme Job, James Joyce avait un couple de mécènes qui l’hébergeaient et le nourrisaient pendant qu’il écrivait Finnegan’s Wake à Paris. Tout ceci n’est pas nouveau.

J’ai parlé un peu de la situation d’auteur avec mon ami Gautier Langevin, président de Promo 9e Art, un OSBL qui fait la promotion de la bande dessinée au Québec.

On parle toujours de chiffre de ventes, mais on oublie tous les à-côté qui viennent avec: per diem, crédits d’impôts, subventions, ventes de droits, prêts publics, conférence, entrevues etc. Y’a moyen de bien vivre, mais il faut que tu sois à tes affaires. Comme n’importe quel travailleur autonome.  Évidemment, plus d’aide du gouvernement ne pourrait pas faire de mal, mais de là à dire qu’on crève de faim en tant qu’auteur, il y a tout un fossé.

Ne croyez pas que le roman graphique est un genre plus commercial que le roman tout-court, au Québec. Pourtant, plusieurs bédéistes vivent de leur art. Comment? Ils font de l’illustration freelance, ils s’arrangent. Ils travaillent dur, mais ils y arrivent.

Tout comme Patrick Dion qui travaille aussi à Vlog et un peu partout, tout comme Cécile Gladel qui travaille à RueMasson.com et fait du freelance.

Et pareil pour des gens comme Mathieu Beauséjour, qui a transformé son émission à CISM en contrats de DJ à la Rockette, à l’Esco et ailleurs. Et là je ne parle même pas d’MC Gilles, qui est quasiment partout.

Je m’en veux un peu de revenir sur ça, encore, parce que c’est un exemple tellement souvent utilisé qu’on en vient à ne même plus y penser, mais Misteur Valaire font $2,61 par album (et même moins; ce chiffre est le montant payé par le consommateur, avant d’avoir payé le gérant etc) et réussissent quand même à plutôt bien gagner leur vie. Comment? Comme le disait Pierre B Gourde à Péloquin l’été passé, « Il suffit d’utiliser une stratégie efficace » . Évidemment, si MV sortait son album et attendait le chèque, on verrait probablement Luis au Couche-Tard assez vite.

C’est pareil pour les auteurs. Pourquoi pensez-vous que les auteurs font des conférences, des tables rondes, des colloques? Quand on entend Stanley Péan (qui a été président de l’UNEQ, l’Union des écrivaines et écrivains québécois de 2004 à 2010) à son émisison radio d’Espace Musique, est-ce qu’on doit penser qu’il ne serait pas là si ses livres se vendaient davantage? Peut-être est-ce le cas, peut-être pas. Je n’en sais rien. Mais je me doute bien qu’il ne serait probablement pas là s’il n’était pas un auteur avec un nom au moins un peu connu. (Si je me fie aux autres animateurs d’Espace Musique, on va souvent chercher des « personnalités »; cela dit, je ne doute pas qu’ils soient tout de même compétents dans leur créneau.)

Finalement, est-ce qu’écrire un roman, au Québec, c’est payant?

La réponse, c’est « ça dépend ce que tu fais avec, après ».

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature - Libellé cism, colère, crise économique, culture, financement, littérature, Livres, on veut ton bien

Steve Proulx se noie

juin02
2010
4 Commentaires Par Éric Samson

Steve Proulx, dans sa plus récente chronique dans le Voir, tente de faire un état des lieux de la scène culturelle québécoise (et canadienne). En ressort plutôt un désolant consommé de niaiseries.

Puisque certaines personnes sur Twitter propagent l’article en disant que « ce n’est pas faux », je me vois dans l’obligation d’y répondre ici, en plus de 140 caractères.

Parce que ce papier-là, il est vraiment con.

Pour commencer, il sort un chiffre (de nulle part) qui dit que chaque ménage canadien devrait acheter 50 romans pour faire vivre tous les écrivains canadiens. « Lire comme un rédacteur en chef de magazine littéraire », qu’il appelle ça. Je serais curieux de savoir combien de livres un rédacteur en chef de magazine littéraire peut passer par année, mais si c’est juste 50, ça donne pas un gros magazine. Passons.

« En matière d’affaires à lire, à voir, à écouter, à apprécier, juste ce que contient cette édition de Voir a de quoi occuper vos soirées jusqu’à la fin de l’année, sinon plus. Et la semaine prochaine, on en rajoutera par-dessus la pile. »

Ben oui, toi. Y’en a, des choses à faire, à Montréal, hein. Non mais y’en a tu.

C’est drôle, mais j’aime ça, moi, avoir le choix de faire une chose ou une autre – d’aller voir un show de danse, une pièce de théâtre ou un spectacle de cirque. T’aimes pas le choix, Steve? T’as le droit de rester chez vous, aussi.

« J’ai pris l’habitude d’inscrire les livres que j’aimerais lire et les films que j’aimerais voir sur une liste. En fin de compte, elle ressemble surtout à un répertoire de ce que j’ai raté. »

Ridicule. J’ai, moi aussi, fait une liste. C’était une liste de toutes les voitures que j’aimerais acheter. À date, j’en ai pas acheté une crisse. En fin de compte, elle ressemble surtout à une liste de chars que j’aurai jamais. (Conclusion: arrêtons de produire des chars jusqu’à ce que je me sois rattrapé.)

Se plaindre qu’il y a trop d’événements culturels à Montréal et qu’il y a trop de livres à lire, c’est carrément obscène.

Obscène vis-à-vis le gars à Natashquan qui voit passer un show aux trois ans. Osbscène vis-à-vis les petites salles de théâtre de Montréal qui desservent une clientèle réduite et avertie certes, mais passionnée.

À lire Steve, on devrait fermer le Mainline ou La Chapelle pour lui éviter d’avoir manqué des bonnes pièces de théâtre. J’en reviens pas.

(À noter: il ne dit pas qu’il aimerait « épurer » en augmentant la qualité moyenne des événements. Ce sont les livres qu’il aurait aimé lire et les shows qu’il aurait aimé voir, qu’il regrette.

L’autre fois au resto, mon amie a pris une assiette qui avait l’air tellement bonne, mais j’avais commandé autre chose. Si j’avais été Steve Proulx, j’aurais demandé qu’on raye cette assiette-là du menu, parce que je ne l’ai pas prise et que je ne pourrai pas retourner au resto avant un bout…

Ce n’est pas tabou de dire que « l’offre culturelle dépasse largement la demande réelle », c’est simplement une triple idiotie. On ne produit pas un roman pour répondre à une demande, tout comme on ne produit pas une peinture, une pièce de théâtre ou un show de danse pour répondre à une demande. L’artiste crée pour lui-même.

Un poète se demande-t-il si le monde a besoin d’un nouveau recueil de poésie? Fuck all. Il l’écrit, tout simplement. Un éditeur choisit (ou non) de l’éditer et le fait imprimer selon ce qu’il pense en vendre, certes – mais la *production* de l’oeuvre elle-même, elle, est carrément en dehors des lois économiques.

Voilà pourquoi la prémisse même du texte (celle selon laquelle on devrait « peut-être » réduire l’offre culturelle) est impensable.

Parce qu’on ne peut pas empêcher les gens de créer.

À savoir si on veut les aider financièrement à le faire dans l’aisance relative que procurerait un salaire « décent » qu’on offrirait à tous les artistes? Ce serait un choix de société comme un autre, pas nécessairement le bon (parce qu’on peut très bien créer tout en travaillant dans une job « alimentaire »), mais un choix.

Parce que riche ou pauvre, payé pour ou non, les artistes vont continuer à faire de l’art, et la culture va continuer à exister. N’en déplaise à Steve.

Update: Bon, c’est ça que ça donne quand je veux torcher un article pendant qu’il est encore frais dans ma tête, avant d’aller interviewer Krista Muir (pour l’émission de demain).

J’en saute des bouts. Et on me le reproche, ce qui est une excellente chose.

Merci d’ailleurs à Simon Jodoin qui y est allé de commentaires fort éclairants, ainsi qu’à la personne qui tweete pour Pixelia.

Les critiques vont en général dans le sens suivant: Proulx ne parle pas de la création des oeuvres, mais bien de leur production (et s’ensuit quelque chose comme « on a pas un assez gros marché pour faire vivre tout ce monde-là »).

J’ai rien contre.

Mais je maintiens que la gestion de l’offre est impossible, en art. Si Steve aime écrire, mais qu’il n’y a plus de média pour le publier (ce que je ne souhaite pas, tout de même), est-ce que Steve va carrément arrêter d’écrire? Quelque chose me dit que non. (On n’est pas artiste comme on est soudeur, Steve, ou machiniste pour Bombardier – si t’écris de 9 à 5 – et uniquement de 9 à 5 – je veux bien manger mon chapeau. Ben, j’veux dire, en acheter un, et le manger après.)

Je mettrais ma main au feu que, privé du Voir, Steve continuerait à écrire, peut-être sur un blogue, ou ailleurs. Il ne serait peut-être pas payé, mais il continuerait à avoir des idées de chroniques et à les sortir. Peut-être pas à chaque semaine. Peut-être à chaque jour; qui sait.

Je ne connais personne qui est sculpteur uniquement sur commande. Même chose pour un peintre, ou un écrivain (ou en ce cas, c’est un rédacteur). L’impulsion créatrice existe chez les artistes, que la rémunération suive ou pas.

Maintenant: ben oui, on a de la misère à faire vivre nos auteurs. Guillaume Vigneault qui était waiter à la Distillerie, me semble, et toutes ces  histoires-là. Comme quand mon pote Guillaume venait de partir sa maison d’édition avec deux collègues et qu’il travaillait encore au Couche-Tard.

Je ne comprends tout simplement pas comment Steve conçoit de « diminuer l’offre culturelle », autrement qu’en demandant aux gens de se taire. D’abandonner toute démarche artistique, parce qu’ils ne pourront pas en vivre. À moins qu’il ne proposait tout simplement que les pièces de théâtres qui jouent devant des salles aux trois-quarts vides, diminuent leur nombre de représentations de 75% pour ne jouer que devant des salles pleines?

Peut-être qu’il veut juste que le monde arrête de s’attendre à faire leur salaire avec leurs films, leurs livres, leurs shows. Peut-être qu’il est juste tanné d’entendre chialer. Si c’est ça, yapator.

(Mais si c’est ça, soit j’ai crissement mal lu, ou soit il l’a crissement mal dit.)

C’est plus clair?

Update 2: Steve Proulx déclare en commentaire sur le blogue de Renart L’éveillé que le chiffre de 50 romans par année est tiré de l’étude du Pr. Colbert, des HEC. J’ai donc rayé la mention comme quoi il sortait son chiffre « de nulle part ». Merci de la précision.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé éditorial

Déambulations mondaines: fuck you

mai15
2010
2 Commentaires Par Marie-Hélène

Ce sera un billet court, c’est un billet en dehors de mes journées de billetage, mais ce sera un billet CINGLANT et bourré de HAINE.

Vendredi soir, je déambulais (obviously) dans le centre-ville, l’estomac lourd de spare-ribs à l’ail sucré, résultat de ma late-night Beijing date et j’ai eu à confontrer beaucoup trop de situations frustrantes. Genre, WAY TOO MUCH.

J’ai  pensé partager ça ici, car c’est tout à fait approprié puis parce que insulter les gens dans la rue, c’est pas si productif. Ô combien jouissif mais oui, j’avoue, pas si productif. Autant improductif qu’un guichet automatique au coin René-Lévesque et St-Urbain, avec l’affiche pis les néons pis toute, CEPENDANT NON-ACCESSIBLE À UNE PAUVRE FILLE QUI VEUT PRENDRE UN TAXI. Et c’est pas comme s’il y avait pas la petite slot où tu peux passer ta carte pour ouvrir la porte, elle était là, bien en vue avec les petites instructions. Ça c’était là aussi, NON-OPÉRATIONNEL.
Si seulement c’était arrivé une fois.
MAIS NON.
QUATRE. 4. QUATRE GUICHETS AUTOMATIQUES FAUSSEMENT OUVERTS DANS LE MÊME PÉRIMÈTRE.
Quartier des spectacles yeah right.

Donc, après ce cuisant quadruple-échec, il a bien fallu que je bouge mon cul et mes bottes de cowboy vers l’Est, nourrissant l’espoir de trouver un 20 et poser rapidement mon cul et mes bottes de cowboy sur une banquette arrière de taxi. D’ici là, fallait marcher sur Ste-Catherine, en maudissant les choses.

J’oubliais un détail.
Ste-Catherine+Vendredi soir+Travaux = NIGHTMARE FROM HELL’S OWN NIGHTMARE

Ça court partout, ça gosse après les clôtures de sécurité. Ça m’accroche, ça marche tout croche dans ses talons hauts cheaps et c’est clairement underage. La crowd des foufounes en furie, pointe de pizza à la main me hurle son insipidité en pleine face. Les gars ont des fauxhawks (encore? vraiment?) et les filles sont grosses et laides, toute la gang, pognées dans du lycra. Ça frenche accoté sur les buildings, parce que y’a pas de hood de char disponible, la rue est barrée. Au moins ça peut pas faire VROOM VROOM fort fort avec sa hyundai accent de marde.

Je me sentais comme Kurt Russel dans Escape from L.A, qui désapprouve vraiment fort avec son seul oeil valide.

Et ça c’est juste entre St-Laurent et Hôtel-de-ville.
Après ça, y’a la gang qui sort à La Mouche qui s’en mêle.

…
La morale de cette histoire est aussi quadruple, comme mes échecs;
1. J’ai un don pour l’insulte.
2. Je remercie ma mère de m’avoir gardée reclue jusqu’à 18 ans.
3. Je préfère les hobos du Village.
4. Le taxi ça coûte cher, mais ça garde isolé des autres.

Merci bonsoir.

Un autre billet de qualité signé Marie-Helene Goulet.
Classé dans La Swompe - Libellé banques, cinéma, colère, déambulations mondaines, foufounes électriques, fuck you, Marie-Hélène, nightlife, soirée de fête

Laïcité: trop c’comme pas assez

avr02
2010
2 Commentaires Par Éric Samson

Je me suis rappelé l’existence de ce billet, écrit en 2007, où j’avais étudié l’offre télévisuelle biblique pour Pâques. J’ai donc décidé de refaire l’exercice pour cette année.

Déception totale.

Jésus et un clapboard

Aucun des grands réseaux francophones ne présente ne serait-ce qu’un seul film de Jésus, en ce weekend pascal.

Commençons par le réseau qui nous a donné Mario Dumont et Jean-Luc Mongrain: à V, demain, on a Willy Wonka (l’original) suivi de Million Dollar Baby. Les fans de péplum seront un peu servis par Alexander à 20h, avec « l’excellent » Colin Ferrel et le « délicieux » « Val Kilmer ». Dimanche de Pâques, on continue la thématique coma diabétique avec la présentation de Charlie et la chocolaterie, le remake timburtonien du grandement supérieur (au moins en quantité de nains) Willy Wonka que vous aurez pu voir la veille. Un autre péplum en soirée avec The Last Legion, qui se passe au Ve siècle, immédiatement suivie d’une comédie épaisse sur le golf, Four Some. On finit la journée avec un film de détective qui combat un démon. Voyons.

TVA astheure. Samedi, Nacho Libre en après-midi, et Gladiateur en soirée. À 21h30, un film de croisades par Ridley Scott, Kingdom of Heaven. Que du coté 4 dans le télé-horaire, genre. Minuit et demie, on se tape Rock’n nonne et on prie Jésus en chantant des tounes idiotes dans une école défavorisée. Dimanche, on a au moins la joie de voir l’original Ben Hur, à 8h du matin. À 15h45, c’est Back to the future 3, lui avec les chapeaux de coboyes. On n’est pas impressionnés.

Jésus magané

Jésus non plus n'est pas impressionné

Radio-Canada, notre diffuseur national, offrait l’Office du Vendredi Saint à 10h ce matin. Demain, Samedi de Pâques, on a droit à la sélection canadienne pan-pacifique de natation, dès 15h. À 20h, L’Âge des ténèbres nous fait regretter une crucifixion visuelle. Voilà tout ce qu’on offre aux francophones pan-canadiens pour souligner la veille de la résurrection de notre sauveur. Et la journée même de Pâques n’est guère reluisante: imaginez-vous donc qu’à part un Jour du seigneur tout à fait normal (ainsi qu’un Tout le monde en parle « spécial tourné en France »), notre Société d’État a décidé de ne rien mettre au programme pour Pâques, sauf un terrible blasphème. En effet: quelqu’un a pris l’excellente idée de clore la journée où un homme est revenu du royaume des morts pour notre salut éternel pour programmer La dernière tentation du Christ à 23h.

À croire (encore une fois) que personne n’est mort pour nos péchés.

J’en perds mon latin.

Si vous voulez voir un film de Jésus mais que vous savez pas lequel, Bible Films Blog a fait un top des meilleures apparitions de Jésus sur celluloïd of all time, ou (si vous êtes davantage dans un mood judéochrétien que purement jésusophile, une liste des 10 meilleurs films sur la Bible qui sont sortis depuis 2000.

J’en ai vu aucun.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans cinéma - Libellé cinéma, contrition, manque de respect, Radio-Canada, Samson

Lire pour oublier la faillite

mar16
2009
Laisser un commentaire Par Poulin

L'esti de Paulo Coelho

Bref complément à mon topo de jeudi dernier, lui-même très directement inspiré d’un article de Samuel Mercier: alors que le Figaro soupçonnait que les récentes coupures dans le monde de l’édition français étaient davantage dues à de la gestion de cabochon (i.e. donner 200 000 euros d’avance à Angot pour qu’elle écrive un flop) que la conséquence directe de la crise économique, les derniers chiffres tendent à confirmer l’hypothèse. Les ventes de livres en France ont effectivement augmenté de 5% en janvier, puis de 7% en février. 

Sur une note complémentaire, la « Lettre de la semaine » de La Presse pue le lieu commun complaisant et romantico-boboche du suiveux doté d’une stérile vision sacro-sainte de la littérature et qui se considère détenteur de la vérité parce qu’il a lu Les Bienveillantes (mais dont le livre de chevet, chérit entre tous les livres, est un Coelho dédicacé). « Mais alors, pourquoi autant de livres? Parce que lire rend heureux, tout simplement. Parce que s’évader sur du papier permet de tricher sur la mort et de vivre toutes les vies que l’on souhaite! »… va chier!

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans éditorial, littérature, Poulin - Libellé crise économique, fuck you, l'esti de Paulo Coelho, littérature, Poulin

Tremblez, sociétés d’État!

août12
2007
3 Commentaires Par Éric Samson

Il y a près de deux mois, nous avons lancé un ultimatum à Radio-Canada, suite au pillage éhonté de notre travail photoshoppien par l’équipe du culturel du bulletin de nouvelles autrefois hautement crédible, le Téléjournal. (Cela dit, apparemment que ce ne serait pas la première fois.)

Radio-Can

Mesdames et messieurs de la SRC, il vous reste deux semaines.

Nos informations de contact sont très simples: eric à laswompe point com, ainsi que poulin à laswompe point com.

Nous vous attendons. Nous sommes prêts à coopérer.

Ne nous forcez pas à envoyer une lettre à Stephen Harper.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans Opération Culturons Stephen, rappel, Samson - Libellé manque de respect, mise à jour, Opération Culturons Stephen, Radio-Canada, rappel, Samson

Juste pour me donner tort

août04
2007
5 Commentaires Par Éric Samson

Bon. Hier, je poste un article comme quoi la musique rend plus intelligent.

Y’a des arguments en béton, y’a même une citation de la revue Neuron, là, de l’université Stanford. Prestigieux, scientifique, tout y était. J’étais de retour, je bringais le swompy back.

Mais non, fallait bien qu’on me donne tort d’une manière ou d’une autre.

Le Sir en question

V’la-ti-pas que Sir (SIR!) Elton John fasse une sortie publique, dans laquelle il propose, tenez-vous bien, qu’on devrait fermer l’internet pour cinq ans, pour aider la musique.

Pas juste « arrêter le téléchargement de mp3″ ou rien comme ça, là. Nonon. Rien de moins que fermer l’internet.

Apparemment qu’il trouve que les gens ne « communiquent » plus (ah? les email, MSN, Facebook et tout ça, non?), et donc (donc?) qu’il ne se crée plus de musique intéressante. Eh oui, c’est de la faute à internet si, selon lui, la musique (la musique au complet, là, partout, de tous genres) sucke.

Et la meilleure solution qu’il a à proposer, le sir, c’est de tirer la plogue, mur à mur, pendant cinq ans.

Wow. Moi aussi, j’en ai, des idées comme ça: pourquoi ne pas interdire complètement l’utilisation de pianos à queue pendant cinq ans? Est-ce qu’Elton John se mettrait à écrire des chansons qui ne sonnent pas comme si on était encore en 1978?

(Il déclare aussi, en passant, que selon lui, la meilleure musique était faite dans les années 70. B-â-t-a-r-d.)

Alors, ben, je crois que je vais envoyer une lettre à la revue Neuron: si écouter de la musique rend plus intelligent, faudrait peut-être faire des études sur les gens qui portent des grosses lunettes en jouant du piano… j’ai l’impression que ça, encore plus que MTV, ça rend vraiment con.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans musique, Samson - Libellé cave, dégénéré, internet, lunettes, mp3, musique

Justice intellectuelle sera faite!

juin25
2007
11 Commentaires Par Poulin

Existent des signes qui ne mentent pas. Des preuves irréfutables de l’étalement effréné d’un empire. Des manifestations d’une mauvaise foi camouflant une admiration secrète pour le travail d’autrui. Pour notre travail.

La swompe grandit, embrassant de ses tentacules visqueuses des sphères que nous croyions, encore récemment, inaccessibles.

Mercredi soir dernier, à 18:48 pour être plus précis, la division culturelle du Téléjournal de Radio-Canada — télévision d’état et référence en matière d’information, devons-nous le rappeler — faisait suivre sa très suave entrevue avec Grégory Charles de quelques topos express, parmi lesquels quelques secondes relatant la décision de l’UNEQ de faire parvenir, à l’image de l’entreprise de Yann Martel, des livres à notre Très Honorable fédéral. À l’affût de toute initiative visant à culturer Stephen, je dressai l’oreille, la paupière, puis le sourcil. Car il n’y eut rapidement plus aucun doute: j’avais été sans trop m’en rendre compte à la fois le témoin et, ô paradoxe!, la victime d’un rapt.

Les habitués du marécage seront évidemment, tout comme je le fus, bien surpris de voir repris à la SRC un concept graphique ayant déjà fait ses preuves ici, à savoir rajouter dans la paume prima-ministérielle un ouvrage de littérature. La swompe, de par son format blogue, conservant dûement ses archives, la preuve de paternité intellectuelle est facile à faire, incriminant du coup les retoucheurs d’images de la société d’état d’espionnage (ou de dépendance à la swompe) et de vol intellectuel. De plagiat.

À Radio-Canada: vous ne respectez pas mes « droits », je ne vois donc pas pourquoi je devrais me retenir de « youtuber » le topo problématique. Mais cette logique appliquée du « oeil pour oeil » n’apaise pas mon courroux, puisqu’elle ne me permet que de faire la démonstration de l’affront. Justice doit maintenant être faite.

J’exige donc, au nom de La Swompe Enr., qu’un topo du Téléjournal 18h soit, d’ici deux mois, consacré à notre empire web grandissant.

D’autres instructions suivront.

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans Opération Culturons Stephen, PFAF, Poulin, YouTube - Libellé La Swompe, Opération Culturons Stephen, PFAF, Poulin, Radio-Canada, YouTube

Yippie-ki yay mon snoro

juin20
2007
2 Commentaires Par Poulin

Die Hard 4 sort dans une semaine, alors je vous greille d’une petite vidéo relatant les exploits passés de John McClane sur une mélodie évoquant le lyrisme musical d’un Andrew W.K. Mais si le groupe derrière la chanson semble bien excité par rapport à la sortie imminente du quatrième volet de la série, plusieurs indices et critiques laissent présager une déception, si ce n’est que par l’absence de l’épique « Yippie-ki yay motherfucker »… car oui, le film sera classé PG-13 plutôt que R. On ne peut qu’être désarmés devant cette décision des studios: pas de sang ni de gros mots dans un Die Hard, c’est comme évacuer toute l’ambiguïté sexuelle entre Sam et Frodo dans Lord oh the Rings. C’est inconcevable.

Pour des critiques plus élaborées: voir Ain’t it Cool News

Un autre billet de qualité signé Poulin.
Classé dans cinéma, YouTube - Libellé cinéma, YouTube

Les morts sont ressucités, et ils vendent des bottes

mai23
2007
3 Commentaires Par Éric Samson

Il y a toujours bien des limites. Franchement.

Avertissement: ce billet ne concerne absolument pas la culture montréalaise, ni de près, ni de loin, mais c’est beaucoup trop terrible pour ne pas en parler.

Kurt Cobain au paradis

La nouvelle campagne de pub pour les bottes Dr. Marten’s met en scène, entre autres, Kurt Cobain (mais aussi Joe Strummer, Sid Vicious et Joey Ramone, que vous trouverez en images en cliquant « Lire la suite… »), au paradis, avec leurs Doc’s.

Je n’arrive même pas à compter le nombre de choses qui me dérangent dans une image pareille. Utiliser des gens morts pour vendre des choses, déjà c’est un peu mal. Utiliser des icônes de la contre-culture pour vendre des choses, c’est plutôt mal.

Mais, en plus, je suis pas mal certain qu’aucun de ces artistes n’étaient particulièrement catholiques, ni peut-être même chrétiens, et même s’ils le sont, ben selon la religion catholique, le suicide mène directement en enfer – et j’suis pas mal certain que, dans le cas de Sid Vicious, poignarder sa blonde, aussi…

Ce qui me déprime le plus, c’est le fait que ce genre de choses ne me surprenne plus, parce que Courtney Love a besoin d’argent alors elle continue ce qu’elle a toujours si bien fait, c’est-à-dire être une veuve professionnelle.  Ça et la piètre qualité des photoshops… j’ai vu Poulin faire mieux que ça.

Pis, en plus, Kurt, il portait pas des Converse? PLUS »

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans cabotinage, musique, pubs, Samson - Libellé cabotinage, musique, pubs, Samson

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