C’est ainsi qu’est dorénavant baptisée la table de merch de Misteur Valaire. Il faut dire que ça a pas mal changé, du temps où on pouvait à peine acheter autre chose que des g-strings et des copies de Friterday Night. Des vestes, des vinyles, à peu près vingt-huit t-shirts différents, des macarons, enweille.
(À noter que le jeu de mots avait déjà été fait par l’ineffable et visionnaire Joel Martel, dans le Voir Saguenay, en 2008. À noter aussi qu’il clôt son article avec la mention: « À voir si vous aimez Plaster, The Chemical Brothers et St Germain ». Les temps changent.)

MV à la Nuit Blanche 2008. Ça change, pareil, hein. On est peu de choses. (Photo moi-même)
C’est bien normal. Misteur Valaire ont grandi et grossi, et, en trois ans, sont devenus résolument overground.
Quand on parle de MV, on parle toujours de leur stratégie marketing. Donner sa musique, connecter avec les fans, donner des choses pour les attirer au concert, là où la vraie piasse est faite.
Mais ça, ça marche seulement parce que la qualité est au rendez-vous. Grand déploiement, grosse mise en scène, costumes, effets spéciaux, lasers, la totale. Comme on dit, une grosse, grosse machine.
Ce n’est pas la première fois que je voyais ce show-là, mais il y avait hier quelque chose, je sais trop comment dire, de plus live qu’avant; si je n’avais pas une conscience aiguë du temps qui passe, inexorablement (ça fait ça, vieillir), j’aurais pensé que le show était moins rodé. Imparfait. Quelques petits accrocs techniques, des notes un peu ratées ici et là… mais aussi quelques moments où l’énergie de la scène rendait les choses plus intenses, des instants où, pour utiliser le bon vieux cliché, la magie opérait. Comme si ladite grosse machine MV s’était arrêtée un peu, et qu’on avait davantage profité du moment pour se laisser aller et avoir du fun.
Ça faisait du bien.
Parce que des fois, quand la mise en scène prend le dessus, on peut avoir l’impression de voir des animatronics refaire pour la millième fois un setlist toujours identique.
J’ai un peu l’impression que Valaire s’est laissé déstabiliser, hier soir. Et je préfère de loin une trompette qui manque deux ou trois notes, à un concert sur le pilote automatique.
Mais mon vrai plaisir, je l’ai eu avant et après le concert. Beatmarket en ouverture ont été très forts, mais c’est à l’afteur-party officiel (quel excellent concept, d’ailleurs) que les choses ont vraiment bougé.

De gauche à droite, respectivement: PomPe, tes, et PiPes. J'imagine. (photo Igloofest)
Je n’avais jamais vu PomPe tes PiPes (c’est comme ça que ça s’écrit, avec des gros P). Bien que j’écoute pas mal d’électro, je ne suis jamais allé au Piknic (ni à l’Igloofest) et j’admets être complètement perdu devant la nomenclature et les sous-genres qui florissent sous la bannière « musique électronique ». Je ne peux donc pas vous dire si c’était du post-acid ou du jazzcore, hier, mais en tous cas, c’était bon en viarge.
N’étant que très peu versé dans la scène électro montréalaise, je n’ai reconnu que Funky Falz, parce que je l’ai déjà vu être DJ dans des partys (via mmdm) et qu’il fait des mixtapes pour 33mag. Sinon, les noms des autres membres du trio (Archibald Singleton et Tony the Tiger) ne m’étaient pas totalement inconnus, pour les avoir vu passer probablement 300 fois sur divers flyers, communiqués ou annonces de Piknic, soirées électro un peu partout, Salon Officiel etc.
Mais je ne les avais jamais vus, ni entendus. (J’ai découvert depuis quelques trucs d’eux flottant sur internet, entre autres grâce au merveilleux Soundcould du Piknic Elektronik.)
(PomPe tes PiPes à Bande à part, quelque part en 2010.)
Dorénavant, c’est clair que je vais porter plus attention, en tous cas. Parce que des bons DJ, il y en a quand même plusieurs, à Montréal. Mais des DJ qui sont capables, à trois ou quatre reprises pendant une soirée, de te faire dire « AH OUAIN BIEN JOUÉ » et « niiiiiiiiice shiiiiiiiiit » à toi-même, y’en a pas tant. J’ai même passé à ça de lever mon poing dans les airs. Tsé.
Moments forts, ceux dont je me souviens, du moins: Jolene à un moment complètement inattendu, le tease de Justice pendant 2 tounes, et un excellent remix de MV.
Prochaine date pour PomPe tes PiPes: la nuit blanche de Bande à part au Métropolis, le 26 février. Après Karma Atchyka, Fred Fortin, le retour de Groovy Aardvark (chuuut c’est un secret), We Are Wolves, Loco Locass et Holy Fuck. Ça, ça veut dire qu’ils vont jouer pas mal tard-tard-tard.
D’ici là, si quelqu’un se porte volontaire pour m’expliquer la différence entre du French Touch, du minimalist-elctrocrunk et du detroit-tech-house, ou si quelqu’un peut bien me dire de quel courant PTP s’inspire, histoire de m’aider dans ma quête de connaissances sur le merveilleux monde de l’électro, vous savez où me joindre.
Un autre billet de qualité signé Éric Samson.





