Radiohead, parce que faut bien que j’en parle

10 10 2007

Bon, maintenant l’album est sorti, le modèle fonctionne, les gens ont payé pour, tout va pour le mieux dans le monde de l’industrie musicale.

Mais, faut quand même savoir si le produit est bon.

Et, vous allez être surpris, mais à première écoute, j’le trouve vraiment pas pire.

Ça demeure du (post-)rock un peu (beaucoup) prétentieux. Thom Yorke a ressorti sa voix de fausset (qui m’agace), mais l’album comporte quand même des moments surprenants, par exemple l’excellente House of Cards, où il sonne comme s’il était possédé par l’esprit de Richard Ashcroft (le chanteur de The Verve, pour ceux qui ont déjà oublié Bittersweet Symphony), ou Jigsaw Falling Into Place, avec son petit beat très pop, qui nous flashe en gros néon jaune orange “SINGLE POUR LA RADIO”. (N’oublions pas la batterie sur Reckoner, où on croirait presque entendre un échantillonage de Live Forever d’Oasis.)

C’est rare que je trouve la fin d’un album meilleure que son commencement (sauf quand il est si mauvais que j’ai hâte qu’il finisse), mais ici les quatre dernières tounes sont clairement, à mon avis, les meilleures de l’opus, même si Rolling Stone les trouve trop calmes.

Radiohead - House of Cards (mp3)

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.


Live de chez nous, il est minuit et demie

10 09 2007

Dans mon empressement pour retourner voir Bloc Party, je me rends compte que je n’ai presque rien dit sur Interpol.

En une phrase: 55 minutes d’Interpol, c’est trop court mais ça torche.

En deux phrases: prenez la phrase précédente et rajoutez “Pour un groupe qui joue des chansons aussi sombres, Turn On the Bright Lights était un titre d’album très juste - j’ai rarement été aussi éclairé de ma vie.”

Je rajouterais peut-être aussi que le groupe est particulièrement habile à transmettre son énergie, malgré la susmentionnée sombritude (sombresse? sombrerie?) des pièces interprétées.

Et en plus, vu qu’ils n’ont joué que 55 minutes, ils ont rattrapé un peu du retard que l’enchaînement des shows sur les deux grandes scènes avait pris depuis que Madame Wainwright a joué une heure et quart, soit quinze minutes de plus que prescrit.

Pour ce qui est de Bloc Party, je dois admettre ma surprise: j’étais sous l’impression que les sonorités ultra-léchées des deux albums du groupe se traduiraient par une prestation aseptisée et peu envoûtante. Oh, que non. Kele Orekere a la foule dans sa poche. Banquet a même presque réussi à me faire bouger, c’est pour dire.

J’ai quitté quelques instants le grand espace venteux et de plus en plus frisquet pour aller faire un tour du côté de Plaster.

Meilleure. Idée. De. La. Journée.

J’suis arrivé juste à temps pour Would You?, qui, en langage Café Campus, est ma toune de Plaster. Joie. Une version endiablée, meilleure même que sur l’album. S’en est suivie deux autres pièces dont le nom m’échappe, qui ont réchauffé l’atmosphère au point où j’en suis même venu à me demander pourquoi, au fond, je voulais si fort une veste, tout à l’heure. Énergie, dynamisme, plaisir et exceptionnelle fortitude instrumentale de la part de chaque membre du trio. Pour la dernière pièce, un événement inattendu s’est produit. George Donoso III, mieux connu comme étant “la plus grosse paire de favoris ayant jamais été de chaque côté de la tête d’un drummer des Dears”, est littéralement sauté sur la scène et s’est mis à danser comme un fou, visiblement encouragé par Martin Pellant, mieux connu comme étant “le seul bassiste des Dears qui a aussi réalisé Le Compte Complet pour Malajube”.

J’ai beau chercher le prétexte, je ne le trouve pas. Il n’avait ab-so-lu-ment rien à faire là, sinon que d’être tout un spectacle à voir se trémousser pendant que les gars de Plaster se donnent pour leur dernière pièce, qui s’étire et dure et dure jusqu’au point où M. Donoso III* s’effondre sur scène, visiblement au bord de l’épuisement.

J’ai quitté à regret la (terrible) scène Sirius pour retourner à Bloc Party, qui étaient encore en feu. De ce que j’ai vu, une très solide prestation, donc. Je dirais même que c’est un groupe à voir en spectacle plutôt qu’à écouter sur disque - il y a une différence évidente, qui tient de l’essense même du rock. Là où les notes sont détachées, claires et précises sur disque, la version live prend un tournant un tant soit peu moins clean - je n’irais pas jusqu’à dire “plus sale”, mais bon, vous voyez le topo. Plus énergique, plus sentie. Voilà.

Triste retour en métro que ce fut. Quelle journée.

*: Il semble y tenir, au III - il est là partout, dans tous les livrets et sur tous les albums. Je m’en voudrais de le lui enlever.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.


????????

31 07 2007

malajube.jpg

Je ne sais pas si vous avez assisté à la résidence de Malajube au Club Soda. Nous on l’a fait. Les billets achetés dès février. Le concert “??????” nous faisant particulièrement mouiller nos corduroys. On spéculait et respéculait: des collaborations? juste des nouvelles pièces? un bar open? un festival de la moustache?

Même si l’hypothèse “moustache” s’est avérée la plus proche de la réalité, on ne pouvait que lever discrètement — histoire de ne pas froisser le public conquis d’avance — le sourcil lorsque l’on appris que la surprise était “le plus long show de Malajube à vie”. L’oeuvre complète du groupe sur scène, du premier démo obscur au Grand Gallion. Ouin…

Ayant assisté deux jours auparavant au concert “ROCK” (excellent, vraiment), ce concert spécialement anthologique impliquait, concrètement, une setlist presque identique au premier, à la différence près que les pièces furent jouées dans le même ordre que sur les disques (ce qui annule absolument tout effet de surprise) et qu’on eut droit, en plus de vieilles pièces pas très bonnes que personne ne connaît, à L’amour sous l’eau. Waou. Ça valait 6 mois d’attente et de hype.

Ainsi, je ne peux faire autrement que de m’imaginer que le concept qui avait initialement été planifié (et dont on ne connaîtra forcément jamais le contenu, mais qui aurait assurément été plus original) a planté à la dernière minute, obligeant le groupe à se tourner sur un dix cennes pour offrir un concert “spécial” avec les moyens du bord. C’était pas mauvais. C’était même très bon. Mais c’était juste pas spécial.

À moins que la véritable surprise, c’eut été d’avoir un mosh pit sur Pâte filo

Un autre billet de qualité signé Poulin.