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Billets libellés intelligence

Une fois pour toutes: L’épopée Sheen

mar06
2011
7 Commentaires Par Éric Samson

Ça fait une bonne dizaine de fois que je me fais demander ce qui se passe avec Charlie Sheen.

C’est un peu surprenant, en effet, pour quelqu’un qui n’est pas au courant, de voir que tout d’un coup Sheen a perdu sa job et fait des entrevues débiles à la télé où il parle de « Vatican Assassin Warlocks ».

Dans des cas comme ça, j’essaie de trouver un site où on recoupe toutes les infos et on les présente en format timeline ou autre. Mais voilà, dans ce cas-ci, rien. C’est vraiment surprenant, mais il n’y a aucun endroit où on retrouve toutes les informations sur le sujet.

La Swompe vole donc à la rescousse. Voici:

What The Fuck Happened to Charlie Sheen.

Pas (trop) de jugement, pas d’éditorial, pas de réflexion; juste l’historique, au mieux de mes recherches des 48 dernières heures, du breakdown le plus médiatisé depuis longtemps.

On va commencer le retour dans le temps en 2010, parce que sinon ça va vraiment prendre mille ans à tout raconter.

Février 2010: Charlie entre en désintox (cocaïne, crack, alcool). La série à succès Two and a half men est compromise. Charlie en est l’acteur principal, il gagne entre 1 et 1,5 millions par épisode (la série fait vingt-quelques épisodes par année, faites le calcul). Son entrée en cure de désintox est volontaire, mais pas innocente: il venait de se faire officiellement accuser de voies de faits sur sa femme, Brooke Mueller, incident qui se serait produit le jour de Noël 2009.

Mai 2010: Sorti de cure, Sheen signe un contrat pour les deux prochaines années de Men, faisant de lui l’acteur le mieux payé de l’histoire de la télévision avec un cachet de que différentes sources situent entre 1,25M$ et 1,8M$ par épisode.

Août 2010: Sheen plaide coupable. Il doit passer 30 jours en désintox. La saison 8 de Men peut se remettre en branle.

Octobre 2010: Sheen part en vacances à New York avec sa famille (sa femme et ses deux jumeaux). Étrangement, il passe une veillée avec des porn stars et se fait arrêter pour « avoir troublé la paix », après avoir causé pour $7000 de dommages dans sa chambre d’hôtel. Apparemment qu’il avait perdu une montre. En tous cas, une des pornstars a eu assez peur qu’elle s’est embarrée dans la salle de bains. Charlie se ramasse à l’hôpital, accompagné par son ex-femme, Denise Richards, qui se trouvait au même hôtel. Par hasard, paraît-il.

Novembre 2010: Une des madames qui était dans la chambre d’hôtel avec Sheen au Plaza Hotel le poursuit pour avoir tenté de l’étrangler. Charlie déclare que ce n’est qu’une tentative d’extortion. Il en profite pour demander le divorce.

Décembre 2010: Selon Radar-Online, Charlie a passé Noël à l’hôtel, à faire la fête avec cinq prostituées et beaucoup d’alcool et de drogues, plutôt que d’aller à la fête de famille organisée par son frère, Emilio Estévez. Gordon Bombay n’était pas content.

(Note: Oui, Emilio est vraiment le frère de Charlie, dont le nom de naissance est Carlos Irwin Estévez. Charlie a plutôt décidé de suivre les traces de son père, Martin Sheen, dont le nom de naissance était Ramón Gerardo Antonio Estévez.)

15 janvier 2011: Sheen passe à ça de manquer le début de sa journée de tournage (il dit « répétitions ») pour Men. Il a passé le weekend à Vegas (dans ce que TMZ qualifie de « brosse épique ») avec Bree Olson, Michelle « Bombshell » McGee et Lindsay Sinai. (À noter: on peut facilement voir la gradation du fame: une a sa page Wiki, l’autre juste a son site perso et un myspace, et la troisième n’a que son Twitter.) Finalement, il arrive à l’heure, mais les bosses de CBS sont quand même fâchés.

27 janvier 2011: Après avoir passé les deux derniers jours à fêter, Sheen est admis à l’hôpital d’urgence, vers 7h du matin, pour des douleurs abdominales sévères. Selon un ami, il riait trop fort de ce qui se passait à la télé. On présume qu’il ne regardait pas Two and a half men.

28 janvier 2011: Charlie décide de commencer une cure de désintox par lui-même, à la maison. C’est une excellente idée, évidemment. CBS annonce du même souffle que la production de Men est suspendue.

13 février 2011: Sheen essaie de retourner sur le plateau de Men mais personne ne le laisse entrer. Il est mécontent. Le 14 février, il appelle dans une émission de talk-radio pour s’expliquer et décrier le comportement du producteur-créateur de Men, Chuck Lorre. Il en profite pour donner ce conseil à tout le monde:

« Stay away from crack, unless you can manage it socially. »

Non mais, là on jase.

20 février 2011: L’ex-épouse de Charlie revient vivre avec lui, dans sa maison de LA. Notons que Sheen habite déjà avec Bree Olson, qui a laissé tomber l’industrie du porno et est donc revenue à son nom de naissance, Rachel Oberlin.

21 février 2011: Sheen est de retour au travail. Il en profite pour montrer au monde qu’il a une nouvelle blonde, sans préciser son identité. On saura plus tard qu’il s’agit de Natalie Kenly.

Mesdames et messieurs, c’est ici que ça part définitivement en couille, pour vrai.

23 février 2011: Sheen part en avion avec ses deux madames (Rachel et Natalie) pour des « vacances d’adulte » sur une île privée dans les Caraïbes. Brooke ne suit pas, tout le monde se demande évidemment pourquoi.

24 février 2011: Charlie appelle à l’émission de Alex Jones, un genre de Gilles Proulx right-wing ascendant théories-du-complot. L’entrevue dure 50 minutes. Vu que c’est quasiment impossible de trouver l’intégrale de l’entrevue, on l’a mise ici.

Partie 1:

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Partie 2:

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Les citations abondent. Voici les plus notoires.

Il commence par déclarer qu’il est 100% clean.

Here’s your first pee test, next one goes in your mouth.

Jones lui demande ce qui se passe avec ses femmes.

The goddesses? I don’t believe the term is good enough, but if you’re bound by these terrestrial descriptions, you must use the best choice available. If you think about it, I’m 0 for 3 in marriage, not an excuse, but like in baseball, the scoreboard doesn’t lie. So what we all have is a marriage of the hearts.

Il dit ensuite qu’il ne voudrait pas salir, contaminer et compromettre cet amour avec un vulgaire contrat. Brooke ne l’a pas suivi. C’est alors qu’il lance pour la première fois ce qui deviendra le mot-clé de toute cette histoire:

Goodbye Brooke, good luck in your travels, you’re going to need it. Badly. She’s not there now, and, and, we are, and I don’t know… WINNING, anyone? Rhymes with winning, anyone, yeah that would be us. Sorry man, didn’t make the rules. Oops.

Ensuite, il déclare qu’il est « des baïonnettes testées en combat ».

I am so tired of pretending like my life isn’t perfect and bitchin’ and just WINNING every second, and I’m not perfect and bitchin’. Look what I’m dealing with, man, I’m dealing with fools and trolls. I’m strafing runs in my underwear before my first cup of coffee, because I don’t have time for these clowns. They lay down with their ugly wives in front of their ugly children and just look at their loser lives and then they look at me and they’re like « I can’t process it » well NO, and you never will, stop trying. Just sit back and enjoy the show.

Il parle ensuite de ses patrons, en les appelant des « merdes » et des « homoncules ».

There’s something this side of deplorable that a certain Chaim Levine – yeah, that’s Chuck’s [Lorre] real name – mistook this rock star for his own selfish exit strategy, bro. Check it, Alex: I embarrassed him in front of his children and the world by healing at a pace that his unevolved mind cannot process. Last I checked, Chaim, I spent close to the last decade effortlessly and magically converting your tin cans into pure gold.

Sur sa situation actuelle:

I got magic, I got poetry at my fingertips. Most of the time, and this includes naps, I’m an F-18, bro, I will destroy you in the air and I will deploy my ordnance to the ground.

There’s my life, deal with it. Oh wait, can’t handle it. Losers. WINNING. Buh-bye.

Ensuite, Sheen et Jones parlent un peu d’une de leurs inside-jokes où ils disent faire partie d’une confrérie de  »Vatican Assassins » au service du pape; Charlie dit qu’ils sont en fait des Vatican Assassin Warlocks, du plus haut niveau. Hum.

Ils passent ensuite une dizaine de minutes à parler de Apocalypse Now, apparemment le film préféré de Charlie Sheen. Aucune mention des daddy issues que représente le fait que monsieur le papa de Charlie tienne la vedette dans le film.

My motto now is: you either love or you hate, and you must do so violently. I don’t live in the middle anymore. That’s where you get slaughtered, that’s where you get embarassed in front of the prom queen. If you love with violence and you hate with violence, there’s nothing that can be questioned.

Sur la notion de « laisser aller sa colère ».

They say « let go of your resentments ». No. I’m going to hang on to them, and they’re gonna fuel my attack, and they’re gonna fuel the battle cry of my deadly and secret and silent soldiers, because they’re all around you. Thought you were just messing with one dude? Sorry. WINNING.

Ensuite, il parle de son rejet complet des AA.

I closed my eyes and in a nanosecond, I cured myself. The only thing I’m addicted to right now is WINNING. This bootleg cult arrogantly referred to as Alcoholics Anonymous sports a 5% success rate. My success rate is 100%. Do the math!

Alex lui dit qu’il sonne comme Thomas Jefferson. Tsé, l’auteur principal de la déclaration d’indépendance des É-U.

I’m not Thomas Jefferson: he was a pussy! I have a disease? Bullshit, I cured it with my brain, with my mind. I’m cured, I’m done.

Bref. Ça, c’est juste la première partie. Il continue à parler de combien ça lui fait du bien d’avoir quitté les AA après 22 ans un peu, mais c’est surtout n’importe quoi. Il mentionne quand même qu’il a du tiger blood. Ça reviendra plus tard.

25 février 2011: CBS annonce officiellement l’annulation du reste de la saison de Men. Sheen est donc sans emploi. À la surprise générale, évidemment.

26 février 2011: 5h30 du matin, l’équipe de 20/20 (sur ABC) rencontre Sheen, chez lui. L’entrevue sera diffusée mardi soir. L’équipe de tournage lui a proposé de passer un test de dépistage de drogues; il en a passé deux (urine et sang), et les deux se sont révélés négatifs. C’est là que tout le monde a vraiment été surpris. D’autres extraits de l’entrevue, sur Good Morning America. Si vous voulez les citations excellentes, c’est par là.

You’d borrow my brain for like five seconds, and you’d be like « Dude, can’t handle it, unplug this bastard » because it fires in a way that is not from this particular terrestrial realm.

What does [bi-polar] mean? I’m bi-WINNING, I win here and I win there!

Quand Andrea Canning lui demande la dernière fois où il a consommé de la drogue, il répond ne pas s’en souvenir, mais il y a environ un mois, un mois et demi.

The last time I took drugs, I probably took more than anybody could survive; I was banging 7-gram rocks, and finishing them, because that’s how I roll, I have one speed, I have one gear: GO!

Comment a-t-il survécu?

Because I’m me, I’m different, I’ve got a different brain, I got a different heart, I got tiger blood.

Avait-il peur de mourir?

Dying’s for fools.

Aussi:

 

Bref. Le reportage complet est par ici, mais l’extrait de GMA vous donner une idée.

28 février 2011: Sheen, en entrevue au Today Show à NBC, demande une augmentation de salaire de 50% à CBS, disant que tant qu’il sera sous la barre des 3 millions de dollars par épisode de Men, il se considérera sous-payé. Il se rétracte quelques jours plus tard. Il déclare aussi qu’il considère ses deux « déesses » comme d’excellentes mères-substitut pour ses deux jumeaux d’environ 2 ans qu’il a eus avec son ex-épouse, Brooke Mueller. Entre temps, le publiciste de Charlie démissionne.

1er mars 2011 15h43: Charlie Sheen débarque sur Twitter. Son premier tweet:

Winning..!Choose your Vice...#winning#chooseyourvicehttp://twitpic.com/455ly9
1 March, 2011 6:43 pm via TwittelatorReplyRetweetFavorite
@charliesheen
Charlie Sheen

 

1er mars 2011 19h: Mueller obtient un restraining order, empêchant Sheen d’entrer en contact avec elle et leurs jumeaux. La police vient donc chercher les enfants chez Sheen. Charlie semble plus triste que fâché.

1er mars 2011 22h. Diffusion du reportage de 20/20.

2 mars 2011: Charlie Sheen obtient 1 million de followers sur Twitter, 25h17 seulement après s’être inscrit. Record absolu. #WINNING et #tigerblood sont dans les trending topics mondiaux.

La folie s’accentue.

 

3 mars 2011: Sheen annonce via Twitter qu’il s’est entendu verbalement avec Brooke et qu’ils n’iront pas en cour.

4 mars 2011: P Diddy invente le drink Charlie Sheen.

I'm at the bar ordering a "Charlie Sheen"...Ciroc straight w/ a Coke chaser. RT to the world ppl! #WINNING! Lol.
5 March, 2011 3:54 am via ÜberSocialReplyRetweetFavorite
@iamdiddy
iamdiddy

 

En entrevue à la radio de Philadelphie, Sheen déclare, en parlant de ses perspectives d’emploi:

It feels like the hot springs of Middle Earth is finally ready to explode outward.

Apparemment, c’est bon signe.

5 mars 2011 0h20: Sheen annonce que Bree a quitté sa maison, rebaptisée Sober Valley Lodge, et qu’il accepte les nouvelles applications. Huit heures plus tard, elle est de retour.

Update: Sober Valley Lodge;Rachel has left the building..., We're sad.... Over it...Applications now being accepted!#winner
5 March, 2011 3:11 am via TwittelatorReplyRetweetFavorite
@charliesheen
Charlie Sheen

 

5 mars 2011 22h: Sheen lance une « émission » sur Ustream, Sheen’s Korner, dont le slogan est « You’re either in Sheen’s Korner, or you’re with the trolls. » En gros, c’est Charlie Sheen, son producteur, un dude qui met des bruits de pets et une de ses goddesses, qui parlent pendant à peu près une heure. 90 000 personnes étaient au rendez-vous, en direct. Sheen en a profité pour dévoiler son tatouage WINNING! sur le poignet gauche. Moins de trente minutes après la fin du show, Saturday Night Live ouvrait avec une parodie du stream en question. Ça, c’est rapide.

6 mars 2011 20h: #tigerblood est encore dans les 10 mots-clés les plus populaires sur Twitter, au monde.

7 mars 2011 17h: Warner Bros, les producteurs de Men, annoncent qu’ils mettent officiellement fin au contrat les liant avec Charlie Sheen. TMZ obtient cette citation du principal intéressé:

This is very good news. They continue to be in breach, like so many whales. It is a big day of gladness at the Sober Valley Lodge because now I can take all of the bazillions, never have to look at whatshiscock again and I never have to put on those silly shirts for as long as this warlock exists in the terrestrial dimension.

Les mises à jour continueront, tant qu’il y en aura.

Ouf.

Évidemment, si de nouvelles choses se passent avec Charlie, je vous tiendrai au courant. En attendant, vous savez à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur la saga Charlie Sheen.

Ah. Et du Tiger Blood, ben, apparemment c’est juste pour sonner cool, mais au stade de baseball où Sheen va régulièrement, c’est le nom qu’ils donnent à la sauce Sritacha. Vous savez, la sauce forte, celle avec un coq dessus. Apparemment que c’est bon sur des hot dogs.

Bref, je viens de passer à peu près les 48 dernières heures à essayer de recoller les morceaux de toute cette folle histoire. Si j’en ai oublié des bouts, envoyez-moi un mail et je mettrai à jour.

Et n’oubliez pas: il faut #gagner.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans cinéma - Libellé Alcool, Arrestations, cabotinage, colère, décadence, dégénéré, foreign shit, fuck you, journalisme, lindsay lohan, manque de respect, médias, méta, potin, Twitter, violence, virilité

La fin de la littérature?

mar05
2011
18 Commentaires Par Éric Samson

J’avais prévu parler de la nouvelle émission littéraire de Radio-Canada qui a été pseudo-annoncée il y a quelques temps, lors du début du huitième Combat des livres.

Alphabet Miso

Est-ce que manger de la soupe aux lettres, c'est lire? (Crédit photo: revbean, Flickr)

 

Après tout, ce n’est pas tous les jours que l’on accorde une si grande importance aux livres, dans la sphère médiatique québécoise; on entend souvent les gens se plaindre qu’on ne parle pas assez de littérature, ici. (Bon, évidemment, si « on entend souvent » ça, c’est qu’on se tient avec des gens qui ont fait leur bac en lettres, comme moi. On est forcément biaisés, parce que si on a décidé de passer trois ans de notre vie à ne vivre que de livres, c’est qu’on trouve ça quand même important, et qu’on voudrait bien qu’on en parle davantage.)

Entre nous, on déplore que trop peu de gens lisent Spirale ou Lettres québécoises, on trouve ça plate que la seule émission littéraire à la télé soit au canal Vox, et quand on commence à déprimer un peu, on se dit que si les seuls livres qui se vendent sont des livres de recettes ou de sudokus, ben, c’est peut-être parce qu’au fond, la littérature, la « vraie », ça n’intéresse pratiquement personne.

Mais comme j’allais m’installer pour écrire un beau billet plein d’espoir sur le sujet parce qu’on va avoir une nouvelle émission littéraire à la radio, cet été, et que ça veut dire plein de belles choses, j’ai vu passer cette publicité du gouvernement du Québec, à la télé.

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À part le fait que c’est une mauvaise imitation d’une pub de ShamWow!, le monsieur dedans la vidéo dit quelque chose de futé: « tu peux aussi lire sur ton portable, lire des blogues, des paroles de chansons, des romans, … ». Eh oui. Pas besoin d’avoir le nez dans une Pléiade pour lire. Ça, c’est bien vrai. S’il faut désacraliser le livre pour promouvoir la lecture, j’ai rien contre; on prend peut-être un peu pour acquis que les gens qui lisent des blogues vont finir par vouloir lire des romans, mais bon. Même si ça n’arrive pas, on aura au moins encouragé les gens à lire, ce qui, paraît-il, est une bonne chose « dans l’absolu ».

(Ceci dit, ça me chicote un peu qu’on parle de lire « des boîtes de céréales, des menus au restaurant, ou les instructions sur des enveloppes de soupe » comme les conditions de base pour faire de quelqu’un un lecteur… c’est pas parce qu’on sait reconnaître les formes des nouilles dans notre soupe alphabet ou les numéros écrits sur les arrêts de bus qu’on est un lecteur. Il y a une marge entre l’analphabétisme et le statut de lecteur. Selon moi, on ne passe pas directement d’illettré à lettré.)

On n’a jamais autant lu, c’est vrai, que maintenant. On communique par le texte beaucoup plus que par la parole, et même en regardant les nouvelles à la télé on lit le texte qui défile au bas de l’écran au moins autant qu’on écoute ce que les gens nous disent.

On lit une quantité phénoménale de texte sur Twitter, sur Facebook, sur des blogues, on lit sur notre cellulaire, sur notre iPad, On lit partout.

Mais lire des livres? Notre bon ministère de l’Éducation met ça sur le même pied que les boîtes de céréales. D’ailleurs, Laurent K Blais pose chez Ton Petit Lait un constat important:

Le journal est traditionnellement le format lettré le plus démocratique d’une société. Et d’aucun est plus efficace que le Journal [de Montréal] dans la business de faire lire à des gens qui ne lisent pas autrement. Même les gens qui n’aiment pas lire ne peuvent résister à la mise en page racoleuse d’un front du Journal. Je n’ai pas d’étude pour me supporter, mais je suis convaincu que le Journal, avec peut-être comme exception les boîtes de céréales, est la seule littérature qui entre dans bien des foyers.

Blagues et stéréotypes à part, les journalistes du Journal de Montréal ont/avaient une utilité sociale d’éduquer aux mots et aux événements une partie de la population qui ne s’y intéressent que par leur plume.

Si « être un lecteur », c’est être capable de déchiffrer la section Sports du Journal de Montréal et savoir qu’on achète des Cheerios Multi-grains plutôt que des Cheerios de base, si la majorité des gens ne consomment plus leurs fictions qu’à la télé et au cinéma et réservent à leurs lectures les seules fonctions d’informer et de communiquer, la question doit se poser:

Assiste-t-on à la fin du concept de « Littérature »?

Vivrons-nous bientôt dans une société post-alphabétisée?

En même temps, une catégorie qui marche gros ces temps-ci, c’est la littérature-jeunesse: les Aurélie Laflamme, Harry Potter, Amos d’Aragon et tous les autres dont je n’ai aucune idée parce qu’à trente ans, c’est wack de lire Artemis Fowl. Peut-être, donc, que les kids vont lire plus de livres que leurs parents.

Peut-être aussi que si Didier Lucien a l’air de parler aux ados de 14 ans, dans la petite pub ci-haut, c’est que quelque part entre le Club des Baby-Sitters et l’adolescence, la littérature perd de son charme. Je ne sais pas.

Je ne peux pas dire ce qui va arriver non plus, mais une chose est certaine: je peux encore revendiquer être un lecteur qui lit autre chose que des instructions pour faire de la soupe.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature - Libellé Actualités, éditorial, culture, littérature, Livres, médias

Vie et mort du Rock/Alternatif

fév23
2011
1 Commentaire Par Éric Samson

Les années ’90 ont marqué la naissance, l’explosion et l’implosion d’un genre musical qui n’existe plus aujourd’hui que sous la forme, de plus en plus désuète, de panneaux de plastique chez les disquaires: le Rock/Alternatif.

Rock/Alternative

N'est-ce pas? (Photo oerendhard1 sur Flickr)

Évidemment, il est facile de prédire un destin similaire à la nomenclature « indie-rock »: le terme est au moins aussi galvaudé que l’était « alternatif » dans les années ’90, et ne veut déjà plus dire grand chose. Il est aussi facile de tomber dans une nostalgie béate de l’ère où Bush avait un X et où Alanis Morissette n’avait pas encore joué Dieu dans un film de Kevin Smith.

Une telle nostalgie serait absurde, évidemment: dès qu’on frappe la trentaine, on est obligé, par la loi, de se rappeler les doux moments où on venait juste d’avoir seize ans, le monde s’ouvrait à nous comme une huître, et Champagne Supernova venait de sortir. (Ouais madame, le single de Champagne Supernova est sorti la journée même de mon seizième anniversaire.) Et de se dire que c’était l’bon temps, pareil. Hum. Newsflash: ce n’est pas parce que t’as fumé ton premier joint en écoutant Sublime et Blind Melon qu’ils sont aussi importants dans la grande histoire musicale de la civilisation occidentale.

Cela dit, la nostalgie de la trame sonore de notre adolescence et de notre entrée à l’âge adulte est tout à fait normale; on appelle ça l’effet CHOM. Mais elle est aussi absolument fausse.

Personnellement, mon groupe préféré des nineties est et restera toujours Oasis. Pourtant, j’ai été un late adopter de britpop, et de musique rock en général: mon éducation musicale a débuté pour vrai en 1994. Auparavant, mon environnement sonore était composé à 95% de musique classique (incluant toutes ses déclinaisons, genre « baroque » et tout le reste). J’ai évidemment eu quelques brefs moments où j’étais « de mon temps », comme quand j’ai reçu, pour ma fête, ma première cassette (Hysteria de Def Leppard), ou quand j’ai acheté Girl you know it’s true de Milli Vanilli, mais en gros, on peut dire que je n’écoutais rien qui datait d’après 1800-quelques.

Et c’est là que Pink Floyd sont venus en show à Montréal, et que je me suis ramassé, suite à une étrange insistance de ma part et à une non moins étrange inconscience de la part de Maman Samson, dans un troisième balcon au Stade Olympique, le 23 mai 1994.

Mind: blown, évidemment. Un kid de 14 ans (qui en paraît 12), qui n’a à peu près rien écouté de plus récent que Vivaldi, se ramasse devant Shine On You Crazy Diamond. Tsé.

On peut dire que c’est là que j’ai compris quelque chose.

J’ai alors commencé à me faire une genre de culture musicale, à retardement. Surtout par le biais de concerts, en fait. Les Stones en décembre de la même année, puis une pléthore d’autres. C’était la folie.

Mais je n’étais pas encore rendu au point où j’écoutais vraiment la musique « actuelle ». Je n’ai, encore à ce jour, jamais possédé Dookie, par exemple.

Arrivé au cégep, quelque part à l’automne 1996, une amie m’a prêté (What’s the Story) Morning Glory.

Illumination.

Oasis

Oasis, le 2e band le plus asshole au monde, après Limp Bizkit. (Photo Andrew Macpherson sur oasisinet.com)

J’ai couru au Sam the record man sur Ste-Catherine pour m’acheter Definitely Maybe, que j’ai usé à la corde, puis j’ai acheté tous les singles d’Oasis qu’ils avaient, et j’ai fait commander les autres. Je voulais tout avoir.

C’est via Oasis que j’ai découvert tout le reste. C’est versus Oasis que j’ai découvert Blur, c’est par une insulte de Noel que j’ai découvert (et détesté très rapidement) Radiohead, bref: c’est eux qui ont été le fil d’Ariane de mon late-blooming univers sonore.

C’est eux qui m’ont vraiment fait aimer la musique.

Pas étonnant, alors, que mon cerveau les place en trame sonore de mes meilleurs moments, dans mes souvenirs.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que vient tout juste de se conclure, sur l’essentiel A/V Club de The Onion, la passionnante série d’articles relatant la saga de la musique alternative, de 1990 à 1999: Whatever Happened to Alternative Nation? En dix billets (un par année) Steven Hyden raconte, d’un ton mémorable de justesse et d’observations subjectives et personnelles, l’histoire de l’alternatif, des débuts enthousiastes de Lollapalooza au monstrueux Woodstock ’99.

Et son anecdote d’Oasis à elle seule vaut le détour. C’est en 1997 que ça se passe, si vous y tenez.

Non seulement Hyden a écrit dix articles fascinants, mais il les a ponctués de vidéos qui vous replongeront dans vos souvenirs et qui vous rappelleront ce que vous écoutiez (ou pas) dans le temps, avant d’aller pawner vos vieux CD pour vous acheter un six-pack et d’oublier à tout jamais l’existence de Liz Phair.

Ou de Moist.

Allez lire ça. Vous m’en direz des nouvelles.

 

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé culture, internet, journalisme, musique, musique que t'aime, souvenirs

Les 5 snobismes de la critique musicale montréalaise

fév14
2011
1 Commentaire Par Éric Samson

Les Inrocks ont publié hier une liste des cinq snobismes de la critique littéraire en France.

C’est très, très bien.

Et ça m’a donné l’idée de transporter ça à la scène musicale montréalaise. Pas que la critique soit mal en point, là… mais on ne peut pas lire le Voir, les blogues du Bang Bang et tout le reste sans remarquer certaines constantes, certains clichés dont on ne se sort pas. C’est comme ça.

Voici donc les 5 snobismes capitaux de la critique musicale montréalaise.

http://www.flickr.com/photos/timlawrenz/2373954264/

1. Montrer un flair incomparable pour dénicher les concerts de groupes qui vont exploser d’ici quelques années.

Il faut toujours avoir toujours vu le premier show hors-garage du band qui gagne aux Francouvertes, quand ils se sont produits au Il Motore en première partie d’un band post-folk de l’Oregon pendant Pop Montréal il y a cinq ans.

Il faut aussi impérativement avoir été là quand Nirvana a fait un show au Foufs. Tous les critiques musicaux qui se respectent à Montréal étaient là, si bien qu’une grenade bien placée en 1991 aurait empêché la fondation même du journal Voir, garanti*.

2. Avoir une opinion contrariante mais ne pas s’en formaliser.

« Kanye West, baillement. » est une critique acceptable pour un album qui a été encensé par la majorité de la presse musicale internationale. Bien qu’il faille nécessairement se fier à Pitchfork pour savoir si on aime ou pas un artiste, on doit, une fois par deux ou trois mois, choisir un album qui a reçu plus de 6,8 sur PF et le descendre en flammes. C’est comme ça qu’on montre qu’on a une opinion personnelle.

3. Ne pas mentionner connaître un artiste personnellement. Jamais.

Bien que la scène locale à Montréal soit composée de moins de gens que la ligue de hockey-bottine de Lachine-Ouest, que tout le monde se tienne dans les mêmes 3 bars et que ce soit toujours les mêmes 75 personnes qui achètent les albums des autres et s’auto-subventionnent, il ne faut jamais dire quelque chose comme « l’autre fois quand j’ai croisé Adamus au Quai des Brumes ». L’illusion de la distance critique est primordiale, sinon les 75 lecteurs vont penser que le prochain article sur Canailles aux Francouvertes va être OMG COPINAGE.

4. N’être que minimalement enthousiasmé par un artiste qui a plus de 140 fans facebook.

C’est très important. Le rôle du critique musical n’est pas de parler de ce que les gens veulent entendre: laissons Arcade Fire (Grammy ou pas), Malajube et Misteur Valaire à La Presse. Ce qui est important, c’est un band qui peine à attirer plus de fans qu’il a de cousins à la Sala Rossa. Ceci dit, il est aussi important d’avoir ses chouchous, un groupe qui est devenu quasiment mainstream mais qu’on s’accorde quand même le droit d’apprécier. En ce cas, il faut mentionner qu’ils sont « toujours aussi bons » (et/ou « pertinents ») ou que ça nous « rappelle leurs débuts ». (Exemple safe: les Breastfeeders. Exemple non-safe: les Cowboys Fringants.)

5. Ne jamais, jamais parler de Malajube.

Même si on attend le nouvel album plus excité qu’une bande de fillettes qui attendent Justin Bieber devant MuchMusic. Au pire, on peut s’en servir comme headline pour attirer les lecteurs, mais « La nouvelle galette du groupe de Sorel est débarquée dans les bacs la semaine passée, mais parlons plutôt du 7 » du nouveau projet post-ambient du bassiste de Mumford And Sons » est le genre de phrase qu’on vise, ici.

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Avant de recevoir des emails de bêtises: je ne cible personne. Ce sont des constats généraux; je suis moi-même coupable de la majorité de ceux-ci, et je suis probablement juste jaloux de pas avoir été aux Foufs pour voir Nirvana.

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* Je sais bien que Voir a été fondé en 1986. C’est une figure de style.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé cabotinage, manque de respect, médias, méta, on veut ton bien

La fois où mon coeur s’est ouvert à Jésus

juil13
2010
3 Commentaires Par Éric Samson

Ça commence par ce tweet de Normand L’amour.

Normand L'amour sur Twitter

Le vrai de vrai Normand L'amour, là, no joke.

C’est gratuit veux-tu L’ouverture du coeur divin. Demandes-le moi par message prive, je peut te l’ouvrir a distance par l’esprit saint ect.

Je suis intrigué. Le coeur divin, moi, j’aimerais ça que ce soit ouvert. Un peu comme tout le monde, non?

Je lui réponds, en message privé (comme toute la conversation qui suit, d’ailleurs).

É: Tu peux faire ça? Ouvrir le coeur divin?

N: Je peux le faire en le demandant par le pere et Jesus son fils et l’esprit Saint mais la personne doit etre consentante de le vouloir

Je ne comprends pas trop ce qui se passe, par contre.

É: Est-ce que c’est comme une bénédiction? Ou c’est plus que ça?

… et Normand est (légèrement) pas tout à fait clair.

N: Le monde nouveau s’en vient le monde nouveau sans l’ouverture de l’ame ce n’est pas le monde Nouveau Je suis un instrument du Seigneur

Je pèse mes options.

D’un côté, moi, l’église… mais d’un autre côté moi j’aime ben Feeling Nouveau pis je me dis qu’un Monde Nouveau au complet ça doit être pas mal awesome.

É: C’est mieux de pas prendre de chance et d’être prêt pour le monde nouveau, je pense. Ça a du bon sens?

Une chose est claire, y’a pas de pression, en tous cas.

N: En tout ca tu es libre de toi si tu veux te le faire ouvrir tu n’as qu’a me le demander Normand L’Amour

Je plonge, mais je me questionne sur la mécanique de la chose. Après tout, tsé, j’ai été baptisé et confirmé, j’ai fait ma communion, je comprends ces choses-là… mais me faire ouvrir le coeur divin, ça m’est jamais arrivé, à ce que je sache.

É: Oui Normand vas-y. Est-ce qu’il faut que je fasse quelque chose en attendant? Faut-tu que tu m’appelles?

Turns out que c’est pas mal clé-en-main comme truc. Après même pas 2 minutes, je reçois:

N: Ton coeur est ouvert a ton divin je demande a Jesus de Nazareth de t’envoyer de l’amour de coeur a coeur maintenant tu peux aimer l’univers

É: Merci Normand. Je te tiendrai au courant des développements. C’est un grand service que tu rends.

Et c’est comme ça que je peux maintenant aimer l’univers.

Je me sens déjà plus léger, ce matin.

Watch out.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans La Swompe - Libellé funny shit, génial, Jésus, on veut ton bien, optimisme démesuré, primeur, Samson, Twitter

Trilogie(s)

fév18
2009
Laisser un commentaire Par Éric Samson

 

Douglas Adams

Douglas Adams

Ça ne devrait plus être un secret pour personne: la trilogie la plus mal-nommée de l’histoire est celle du Hitch Hiker’s Guide to the Galaxy, de Douglas Adams. 

 

Elle est mal nommée tout simplement parce que c’est une trilogie de quatre livres, mais il y en a cinq. 

En fait, bientôt, six.

Ben oui: en fouinant les nouveautés sur le site de Penguin, je suis tombé sur l’annonce d’un sixième livre de la « trilogie ». Joie, me direz-vous, ces romans ont façonné ton humour et ta manière de voir les choses depuis plus de dix ans, Éric. Et vous aurez bien raison, waou, vous me connaissez tellement bien, c’est pour ça que je vous aime. Venez, j’vous paye une bière. 

Mais non, pas tant. Ça adonne que Douglas Adams est mort en 2001. 

« Mais, mais Éric, s’il est mort, comment fait-il pour continuer à écrire? », me demanderez-vous. 

Hé que j’vous aime, même si vous êtes naïfs un peu, des fois. 

C’est pourtant simple: la veuve de Doug a demandé à Eoin Colfer, l’auteur de la série des Artemis Fowl, de poursuivre la série avec un sixième roman, qui s’intitule And Another Thing… et qui devrait paraître en octobre 2009. 

Cette nouvelle me remplit donc, comme toute annonce de suite-pas-faite-par-le-créateur-original, d’un heureux mélange d’anticipation et de crainte. 

On verra bien ce que ça va donner. 

Pour les ceuzes qui n’ont aucune idée de ce dont je parle, c’est le moment rêvé de découvrir cette merveille d’humour/science-fiction/absurde qu’est la trilogie de H2G2. C’est disponible en français pour les unilingues et en une pléthore d’éditions et de coffrets pour ceux qui se débrouillent bien dans la langue de Colbert. 

(Et, de grâce, ne vous fiez pas au film pour vous faire une idée.)

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans littérature - Libellé littérature, optimisme démesuré, Samson

Radiohead à Capitol Records: « Fuck you. »

oct01
2007
6 Commentaires Par Éric Samson

Vous qui me connaissez, savez que je n’ai aucun intérêt pour Radiohead. Je les trouve prétentieux et surévalués.

Radiohead

En plus, le show que j’ai vu d’eux était médiocre. Donc, rien pour faire de moi un fan.

Mais j’ai aussi une dent contre l’industrie musicale, une industrie qui se tire dans le pied le plus régulièrement possible, prenant ses clients pour des criminels et se faisant un devoir d’être constamment à côté de la plaque en ce qui a trait au monde changeant de la musique.

L’arrivée de Napster, puis des autres systèmes de partage de fichiers, concuremment à la prolifération des lecteurs mp3 (iPod en tête, évidemment), fait en sorte que l’industrie de la musique doit s’adapter pour survivre. Tout comme de moins en moins de gens lisent les journaux (vu qu’ils peuvent avoir les mêmes nouvelles, gratuitement et mis à jour à chaque minute, sur internet), il est impératif, si elles veulent survivre, que les compagnies de musique se rendent compte qu’elles ne sont pas des compagnies de disques et que leurs revenus ne viennent pas de la vente de petits objets de plastique, mais bien de musique.

Alors faites des shows, vendez des t-shirts, arrangez-vous pour faire des deals avec des compagnies de téléphones, que sais-je. Mais bâtard, réalisez que vous ne pouvez pas compétitionner avec gratuit, sauf si vous offrez quelque chose en plus.

Fuck, même un joli livret ou un emballage fancy. Mais faites de quoi. Et, par pitié, n’essayez pas d’empêcher vos clients de copier vos CD sur leurs ordis, ça va juste les faire chier et ils vont aller downloader les tounes sur internet quand même.

Et voici que débarque Radiohead. Aujourd’hui.

Ils disent: OK. Notre nouvel album est prêt. Payez-nous ce que vous voulez et vous pourrez le télécharger dès le 10 octobre (dans 10 jours).

Je répète: Payez-nous ce que vous voulez.

Bon. Ça, c’est gagnant. Si vous pensez qu’un album de Radiohead ça vaut $10, ben payez $10. Si vous pensez (comme moi) que ça vaut peut-être la peine de l’écouter, mais que franchement j’aimerais bien mieux m’acheter un Coke, ben payez $1,25. Et si c’était $0? Why not. Ça ne les dérange pas.

Wow.

Et c’est pas tout.

On peut aussi acheter, directement d’eux, la version Discbox. Pour £40 (environ $80), un vrai fan pourra commander la version mp3, mais recevra aussi par la poste une version CD, deux vinyles, un deuxième CD avec des pièces bonus et du matériel inédit, en plus de jolies photos et d’un emballage que nos amis Français qualifieraient de collector.

Radiohead - Discbox

C’est le festival des bonnes idées. De un, on peut avoir l’album pour pratiquement rien, si on veut juste le télécharger. De deux, un vrai fan peut recevoir des items qui vont le faire baver, pour un prix relativement élevé mais en sachant tout de même qu’il aide à créer un nouveau mode de distribution de la musique, tout ça en passant tout à fait par-dessus la tête des maisons de disques.

Parce qu’en plus, Radiohead se la joue indépendant, pour ce projet-là. Pas de label, pas de backing, rien. D’accord, ils peuvent se le permettre, mais bon.

On ne peut pas être contre la vertu. Et, dans ce cas-ci, on ne peut pas être contre Radiohead. Même pas moi.

(via Pitchfork)

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans éditorial, mp3, musique, optimisme démesuré, Samson - Libellé fuck you, génial, idée, mp3, musique, optimisme démesuré, pitchfork, radiohead, Samson

MTV rend con, mais…

août03
2007
Laisser un commentaire Par Éric Samson

…la musique rend smatte.

C’est du moins la conclusion que porte les gens du département de médecine de Stanford, qui disent que la musique aide à développer l’acuité cérébrale. C’est pas nouveau: j’ai toujours dit que les deux albums de Ratatat étaient la musique idéale pour tout ce qui est étude, travail ou activité demandant de la concentration; j’ai aussi toujours dit que Lindsay Lohan allait un jour trouver le remède contre le cancer, les verrues plantaires et Judy Richards… voilà qui ne saurait tarder, si on se fie à l’image qui suit.

Lindsay en pleine recherche scientifique
Évidemment, nous sommes tous abonnés à la revue Neuron, alors nous pourrons tous lire l’article et le comprendre aisément – suffit d’avoir écouté assez de Pink Floyd et de Jefferson Airplane…

À moins que j’aie manqué quelque chose. Si les revues scientifiques du Stanford Medical School ne sont pas à votre portée, vous avez deux choix: faites comme Lindsay et pratiquez votre cerveau, ou lisez le compte-rendu de l’article. Via Idolator.

Un autre billet de qualité signé Éric Samson.
Classé dans cabotinage, Samson - Libellé cabotinage, idolator, lindsay lohan, musique

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