Il y a près de deux mois, nous avons lancé un ultimatum à Radio-Canada, suite au pillage éhonté de notre travail photoshoppien par l’équipe du culturel du bulletin de nouvelles autrefois hautement crédible, le Téléjournal. (Cela dit, apparemment que ce ne serait pas la première fois.)
Mesdames et messieurs de la SRC, il vous reste deux semaines.
Nos informations de contact sont très simples: eric à laswompe point com, ainsi que poulin à laswompe point com.
Nous vous attendons. Nous sommes prêts à coopérer.
Ne nous forcez pas à envoyer une lettre à Stephen Harper.
Existent des signes qui ne mentent pas. Des preuves irréfutables de l’étalement effréné d’un empire. Des manifestations d’une mauvaise foi camouflant une admiration secrète pour le travail d’autrui. Pour notre travail.
La swompe grandit, embrassant de ses tentacules visqueuses des sphères que nous croyions, encore récemment, inaccessibles.
Mercredi soir dernier, à 18:48 pour être plus précis, la division culturelle du Téléjournal de Radio-Canada — télévision d’état et référence en matière d’information, devons-nous le rappeler — faisait suivre sa très suave entrevue avec Grégory Charles de quelques topos express, parmi lesquels quelques secondes relatant la décision de l’UNEQ de faire parvenir, à l’image de l’entreprise de Yann Martel, des livres à notre Très Honorable fédéral. À l’affût de toute initiative visant à culturer Stephen, je dressai l’oreille, la paupière, puis le sourcil. Car il n’y eut rapidement plus aucun doute: j’avais été sans trop m’en rendre compte à la fois le témoin et, ô paradoxe!, la victime d’un rapt.
Les habitués du marécage seront évidemment, tout comme je le fus, bien surpris de voir repris à la SRC un concept graphique ayant déjà fait ses preuves ici, à savoir rajouter dans la paume prima-ministérielle un ouvrage de littérature. La swompe, de par son format blogue, conservant dûement ses archives, la preuve de paternité intellectuelle est facile à faire, incriminant du coup les retoucheurs d’images de la société d’état d’espionnage (ou de dépendance à la swompe) et de vol intellectuel. De plagiat.
À Radio-Canada: vous ne respectez pas mes “droits”, je ne vois donc pas pourquoi je devrais me retenir de “youtuber” le topo problématique. Mais cette logique appliquée du “oeil pour oeil” n’apaise pas mon courroux, puisqu’elle ne me permet que de faire la démonstration de l’affront. Justice doit maintenant être faite.
J’exige donc, au nom de La Swompe Enr., qu’un topo du Téléjournal 18h soit, d’ici deux mois, consacré à notre empire web grandissant.
Un autre lundi, un autre livre, un autre tour à la librairie pour moi.
Yann Martel s’est finalement décidé à envoyer un roman canadien: By Grand Central Station I Sat Down And Wept, d’Elizabeth Smart. Il est, paraît-il, reconnu comme un classique du roman en prose poétique, et c’est un des romans préférés de Morrissey… On va voir ça.
Retour, donc, sur le troisième livre que Yann Martel a envoyé à notre PM adoré.
Le meurtre de Roger Ackroyd, d’Agatha Christie, est un autre excellent roman policier, comme Christie en a le secret. Poirot découvre le pot aux roses dès le début, et ne nous laisse rien deviner. Honnêtement, si vous aimez les romans policiers, ne serait-ce qu’un tout petit peu, lisez-le, ça en vaut la peine. Et le punch! Ouh, quel punch.
Par contre, il y a un gros problème, et je suis un peu fâché contre Yann: l’intérêt du livre, pour Harper, son petit message caché qu’il tente insidieusement de faire comprendre au PM, se cache justement dans le punch, dans le dernier chapitre.
Voici donc ce que je vais faire; pour ceux qui l’ont lu, ou n’ont pas l’intention de le lire, je vais mettre la suite de l’article ici, cachée par ce petit lien.
Le meurtrier est le narrateur, Dr. Sheppard. Au cours du roman, il “oublie” de décrire certains événements, pour préserver son apparente innocence jusqu’au tout dernier chapitre. Par contre, tout au long du livre, il ne ment strictement jamais. Il ne dit juste pas l’entière vérité.
Message au PM: Il ne faut pas faire confiance aux gens qui nous donnent des informations, même si on pense qu’ils travaillent pour nous et qu’il n’est aucune raison de douter de leur bonne foi. Le Dr. Sheppard est particulièrement ratoureux, mais il réussit presque à berner Poirot. Faites attention, Mister Harper, aux gens qui sont autour de vous.
Voilà. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, eh bien courez-y et revenez m’en parler après.
L’Opération Culturons Stephen vous reviendra lundi, lors de l’annonce du nouveau roman.
Yann Martel n’en démord pas. Le message d’humilité qu’il a passé au PM avec son premier roman était d’intérêt humain; le second livre, Animal Farm de George “1984″ Orwell, est pour sa part garant d’un sens politique évident.
Pour ceux qui ne connaissent pas le roman, il s’agit d’une jolie fable animalière où tous les animaux d’une ferme britannique s’insurgent contre les mauvais traitements de leur maître et le boutent hors de la ferme, pour en prendre contrôle et y créer une utopie où tous les animaux sont égaux. La belle vie est de courte durée, alors que les cochons (un dénommé Napoléon en tête) prennent les commandes et deviennent rapidement de véritables tyrans. La fable se termine sur une image-choc, où les cochons deviennent en tous points semblables aux humains qu’ils méprisaient tant, au début de la Révolution.
Vous n’êtes pas sans avoir saisi la référence à peine voilée à la révolution communiste. En fait, en lisant le roman, il est impossible de ne pas faire de multiples rapprochements historiques, notamment entre les animaux et leurs évidents modèles humains. Napoléon est un avatar de Staline, même Orwell l’a admis.
Le message de Martel, cette fois-ci, est clair: il veut mettre en garde contre les dangers de la tyrannie, de quelque forme qu’elle soit.
Quelques points intéressants: il est à noter que les deux tentatives armées de la part des humains pour reprendre la ferme aux animaux échouent lamentablement; peut-être Martel veut-il insinuer que la campagne militaire en Afghanistan est vouée à l’échec?
Aussi, les cochons (leaders) sont montrés, dans la scène finale, comme étant devenus tout aussi corrompus que les humains avec qui ils ont commencé à faire affaire et à signer des traités; serait-ce un avertissement contre le rapprochement entamé avec la Chine?
Sur ce, chers lecteurs, je vous laisse: Martel vient d’envoyer son troisième roman à Harper: Le meurtre de Roger Ackroyd, de la plantureuse Agatha Christie. A priori je n’y vois pas de message lourd et didactique; c’est à voir.
L’écrivain canadien Yann Martel (lauréat du Booker Prize pour Life of Pi) trouve que notre premier-ministre n’est pas assez lettré. Il a donc décidé de lui envoyer, à chaque quinze jours, un nouveau livre afin qu’il le lise et puisse, ainsi, développer sa culture.
Nous, à la Swompe, trouvons bien évidemment que de lire un livre par deux semaines, c’est bien peu. Par contre, ne reculant devant rien pour nos fidèles lecteurs, nous nous donnons le mandat, pendant toute la période que durera l’expérience de Mister Martel, de vous laisser savoir quel livre l’auteur aura envoyé au chef du plusse beau pays du monde, et de commenter ce choix.
Le livre inaugural choisi par Martel est La Mort d’Ivan Ilitch, de Лев Николаевич Толстой, mieux connu sous le nom de Léon Tolstoï.
Bon, c’est la fin de session, il me reste à peine 72 heures pour finir mon bacc, alors vous m’excuserez de ne pas avoir même le temps de me taper 60 pages de plus que le strict nécessaire, présentement. D’ici samedi, je vous offrirai une opinion plus soutenue, mais pour l’instant je dois me rabattre sur ce qu’en dit le site evene.fr, qui nous signale la phrase à retenir de cette oeuvre:
Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille.
La Swompe -- dans sa version virtuelle -- est un blogue d'actualités culturelles québécoises. On s'intéresse à l'indépendant, à l'original, au cabotin.
Mais on sent quand même le Muskol.
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